L'observation

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L'observation

Le pôle « observation sociale » de l’Observatoire est chargé d’analyser les données du 115 de Paris, source unique d’information sur les usagers de services d’hébergement d’urgence, et d’assurer l’observation sociale dans le cadre du SIAO Urgence de Paris.

Le pôle « observation sanitaire » est en cours de mise en place

Données du 115

Avec plus de 1.500 appels décrochés par jour, le 115 de Paris témoigne d’une activité d’hébergement, d’écoute et d’orientation essentielle dans le dispositif parisien de l’hébergement d’urgence. Les données qui sont collectées par les permanenciers, lors des appels, sont une source d’informations et de connaissance unique du public. Ainsi, depuis 1999, à chaque appel au 115, une série d’informations relatives à la demande et aux caractéristiques de la personne concernée par l’appel sont relevées et saisies dans une base de données informatisée.

Au début de chaque année, ces données, une fois anonymisées, sont transmises à l’Observatoire afin d’y subir un premier traitement statistique. Elles sont ensuite intégrées dans les bases qui contiennent l’ensemble des informations depuis 1999.

 

L’organisation des données dans la base du 115 de Paris

 

Lorsqu’une personne contacte le 115 de Paris, l’écoutant social va poser une série de questions à l’appelant. Ces questions ont pour but de vérifier que la demande et la situation de la personne correspondent bien aux missions du 115. Les caractéristiques du demandeur, ainsi que  les motifs de l’appel et la réponse apportée à la demande sont enregistrés dans la base de données du 115 de Paris. Cette base de données, nominative, a fait l’objet d’une autorisation de la CNIL (N°414253).

Les données concernant les caractéristiques des personnes sont saisies dans des « fiches personnes » qui contiennent des informations socio démographiques (nom, prénom, date de naissance, sexe, situation familiale, nationalité, suivi social, revenus…). Ces informations permettent de retrouver le dossier de la personne et d’assurer ainsi un meilleur suivi de sa situation sans avoir besoin de réaliser une nouvelle évaluation de sa situation à chaque appel.

Les informations relatives à l’objet de l’appel sont saisies dans des « fiches d’hébergement » qui contiennent des données sur la date de la demande, sur la catégorie de l’appelant (usager, professionnel, particulier, institution…), sur l’objet de la demande (hébergement, changement d’orientation, demande d’informations…) et sur la réponse apportée. Les fiches concernant l’hébergement des personnes prises en charge par les équipes mobiles d’aide (EMA) sont également consignées dans ce système d’information.

Les fiches personnes et les fiches d’hébergement sont stockées dans différentes tables de données. A chaque personne correspond un numéro d’identification unique qui sert de lien entre les différentes tables. Les usagers du 115 auront donc un enregistrement unique dans la table personne, qui sera relié à autant d’enregistrements que d’appels dans la table des hébergements. Ces informations, classées par date d’appel, permettent ainsi de suivre le parcours des usagers du 115.

La confidentialité des données est garantie d’une part par le système de protection informatique  et d’autre part, par la  seule diffusion de données agrégées.

 

 

Le traitement par l’Observatoire des données du 115 de Paris

 

L’Observatoire assure, en lien avec les statisticiens du 115, l’analyse et la valorisation des données du 115 de Paris à travers la coordination de l’observation sociale.

L’observation sociale comprend, outre l’analyse des niveaux et des tendances de la prise en charge depuis 1999,une description de l’évolution des profils des personnes usagers du 115 (isolées ou en famille), et l’analyse de l’activité des maraudes du Samusocial de Paris. L’adéquation entre l’offre et la demande d’hébergement peut également être mise en parallèle avec les politiques sociales et l’activité des lieux d’accueil. Enfin, l’ensemble des données disponibles permet de modéliser les prises en charge dans le long terme.

 

Préparer la base de données de l’Observatoire :

Au début de chaque année, les données anonymisées sont transmises par le 115 de Paris à l’Observatoire afin d’y subir un traitement statistique. La première tâche consiste en un apurement des données par le biais d’une recherche de doublons, suivi d’une recodification d’un certain nombre d’informations. Ce travail permet d’améliorer la qualité des informations transmises et d’éviter les doubles comptes (chaque année, environ 5% des fiches personnes sont ainsi repérées comme étant des doublons).

Les informations, une fois apurées, sont ensuite intégrées dans la base de données de l’Observatoire. Deux types de tables sont alors constituées :

- des tables transversales, qui correspondent à chacune des années. Ces tables sont organisées soit par usager (elles contiennent des informations agrégées sur le nombre et le type d’hébergement  - centre d’hébergement, lit halte soin santé ou hôtel - dont chaque usager aura bénéficié), soit par date (permettant d’observer l’évolution du nombre d’hébergement attribués chaque jour),

- des tables longitudinales, qui reprennent, pour chaque usager, l’ensemble de ses hébergements, agrégés par année civile, depuis le premier appel au 115.

 

Analyser les données :

La base de données contient des informations sur tous les appels et leurs débouchés depuis 1999. Ces données font l‘objet de différents traitements et analyses. Chaque année, l’Observatoire se charge de produire des analyses sur les données du 115 de Paris, qui seront notamment intégrées dans le rapport d’activité du Samusocial de Paris, et à destination de la MIPES pour son édition annuelle du « Recueil statistique relatif à la pauvreté et à la précarité en Ile-de-France ». Les données sont également analysées à l’occasion de la production du bilan de l’activité hivernale (période allant du 1er novembre au 31 mars) ou d’études spécifiques sur certains types de publics, demandées par des équipes du Samusocial, par des partenaires extérieurs ou par les tutelles.

Par ailleurs, ces données sont analysées dans le cadre d’études/recherches ponctuelles mises en œuvre par l’Observatoire (sur les signalements, sur le plan d’urgence hivernale, sur l’évolution des profils de personnes contactant le 115, sur les trajectoires d’hébergement, etc.).

 

Les chiffres du 115 de Paris

 

Les données du 115 de Paris font l’objet chaque année de deux analyses récurrentes : celle concernant la période hivernale (« Les bilans hivernaux ») et celle décrivant le profil des usagers et les hébergements (« Les usagers du 115 »), qui est intégrée dans le rapport d’activité annuel du Samusocial de Paris.

 

Les bilans hivernaux :   Les usagers du 115 :
 

 

SIAO urgence de Paris

 

Contexte de mise en place du SIAO Urgence de Paris

 

Dans le cadre du Chantier national prioritaire 2008-2012 pour l’hébergement et le logement, une stratégie nationale de prise en charge des personnes sans abri ou mal logées a été décidée, en privilégiant l’accès au logement. Pour parvenir à cet objectif, un parcours simplifié et fluidifié de l’usager est visé en réformant notamment le dispositif d’accueil et en créant par département un Service Intégré d’Accueil et d’Orientation (SIAO),  incluant les dimensions de l’urgence et de l’insertion.

 

Pour l’Ile-de-France, un rapport d’août 2010 de l’Inspection Générale des Affaires Sociales relatif à l’organisation de la veille sociale régionale préconise, au titre de la densité du maillage francilien (en nombre d’opérateurs) et des effectifs d’usagers considérés, l’installation de deux SIAO distincts par département : un SIAO Urgence et un SIAO insertion.

 

C’est dans ce contexte que le GIP Samusocial de Paris, en la personne de son Président-Fondateur, le Dr X. Emmanuelli, s’est vu confier par le Préfet de Région Ile-de-France, Préfet de Paris, M. D. Canepa, la préfiguration du SIAO Urgence de Paris, par une lettre de mission datée du 8 novembre 2010. Ce courrier resitue le contexte règlementaire de mise en place des SIAO, décline les missions opérationnelles de cet outil de service public de l’hébergement et du logement, définit son périmètre d’action dans le champ de l’urgence sociale parisienne et invite enfin le Samusocial de Paris à présenter des premières propositions d’organisation quant à la mise en œuvre de cette préfiguration.

En savoir plus sur le contexte et les modalités de mise en place (janvier 2011)

 

 

L'observation sociale pour le SIAO Urgence de Paris

 

L’objectif premier du SIAO consiste à améliorer le service rendu en fluidifiant le parcours des usagers. Pour cela le principe de la régulation de l’ensemble des places d’hébergement, par un seul organisme, est nécessaire. Cette régulation permettra la traçabilité des parcours et la connaissance des besoins.

 

Jusqu’ici, l’observation des parcours n’était possible qu’au sein même des différents dispositifs et l’observation était donc partielle (à titre d’exemple, le 115 de Paris régule environ 40% des places et une absence d’hébergement par le 115 ne signifie pas forcément que la personne est restée à la rue). L’observation de l’ensemble du parc d’hébergement, à travers les données du SIAO, limitera ainsi les biais liés à une observation tronquée.

 

A terme, cette observation pourra se faire en lien avec le SIAO Insertion, pour la continuité du parcours, mais également de manière interdépartementale.

 

Dans le cadre du SIAO, l’observation sociale permettra d’ajuster le dispositif aux besoins du public y recourant. L’Observatoire du Samusocial contribuera à organiser les conditions institutionnelles et techniques d’une veille sociale parisienne (en centralisant grâce au SIAO Urgence de Paris les données d’activité des opérateurs de l’urgence de la capitale -115 de Paris, maraudes et accueils de jour-, en analysant les parcours des usagers faisant appel aux dispositifs d’urgence sociale et en étudiant les profils sociodémographiques des personnes à la rue).

 

 

  • L’observation à travers la visibilité des places d’urgence :

 

En attendant la régulation en direct des places d’hébergement d’urgence, l’observation s’est mise en place par le biais des listes d’inscrits dès la nuit du 31 décembre 2010 au 1er janvier 2011, avec quelques structures volontaires. Cette expérimentation ayant été concluante, elle a été entendue progressivement à l’ensemble des structures. Le principe consistait, pour les structures d’hébergement, à envoyer chaque jour au SIAO, par fax ou par mail, la liste des usagers hébergés la veille. Ces données, nominatives, ont ainsi permis d’une part de reconstruire le parcours des usagers d’une nuit à l’autre et, d’autre part, d’observer l’activité des structures en terme de public accueilli.

 

En terme de parcours, les données collectées permettent par exemple de mesurer le nombre moyen de nuitées (dont les nuitées consécutives) par personne (en fonction des différents types d’usagers), la part des usages connus du 115 de Paris (le 115, sans avoir la visibilité sur 100% des places, a-t-il la visibilité sur 100% des usagers ? y a-t-il des publics spécifiques non connus du 115 ?), la probabilité d’être hébergé une nuit de plus et la probabilité d’être hébergé chaque nuit (dans un même centre et quel que soit le centre, via le même orienteur et quel que soit l’orienteur). A titre d’exemple si l’on observe que la probabilité d’être orienté chaque nuit est plus élevée pour les hommes de moins de 45 ans que pour les femmes de plus de 65 ans, faut-il ajuster les places en fermant des places hommes au profit de places femmes ?

 

En terme d’activité, les données collectées permettent de mesurer des taux d’occupation par centre, le nombre de nuitées par centre en fonction des différents types de public (nombre d’hommes et de femmes ; nombre de personnes de tel ou tel âge…), l’activité des orienteurs (dont 115 de Paris), par centre et au total.

 

L’observation des personnes rencontrées dans la rue (par la transmission des données des maraudes) viendra en complément des données d’hébergement et favorisera ainsi la (re)constitution des parcours des usagers d’une nuit à l’autre. En terme d’activité ces données permettront d’observer la couverture géographique des équipes de maraude et favorisera si besoin une meilleure coordination (notamment si l’on observe que certaines zones géographiques sont couvertes par différentes équipes tandis que certaines zones restent non couvertes).

 Enfin, la régulation des places permettra quant à elle de mettre en relation les disponibilités et les demandes en observant le nombre de places visibles, le nombre de places régulées, le nombre de places attribuées, régulées par le SIAOUP et par les opérateurs (quotas), le nombre de demandes satisfaites, le nombre de demandes non satisfaites, etc.

 

 

    • Données chiffrées :

 

Quatre analyses ont jusqu’ici été réalisées à partir des listes d’inscrits transmises par les structures d’hébergement. La première au bout d’une semaine d’expérimentation, la deuxième 5 semaines après les premières transmissions de listes, la troisième après 2 mois et demi d’observation et enfin la quatrième faisant le bilan des 6 premiers mois d’observation. Ces observations, sans être encore exhaustives car l’ensemble des centres n’ont pas tous transmis leurs données en même temps, permettent toutefois d’observer des premières tendances.

 

Entre le 1er janvier et le 30 juin, le nombre d’inscriptions dans les dispositifs d’hébergement est particulièrement élevé (seules 2% des places sont restées disponibles à l’inscription) mais toutes les places n’ont pas été occupées, certaines personnes ne s’étant pas présentées (3% des places sont finalement restées vacantes). La régulation, par un dispositif central, de l’ensemble de ces places permettra une meilleure répartition des usagers et empêchera notamment les inscriptions multiples qui ont pu être observées dans quelques cas (0,5% des nuitées).

 

L’âge moyen des usagers hébergés s’élève à 41 ans pour les hommes et à 37 ans pour les femmes. Celles-ci représentant 21% des personnes prises en charge sur la période. Cet âge moyen varie fortement selon le dispositif, passant d’à peine 20 à plus de 60 ans. La durée d’hébergement varie également fortement, même si elle est liée à la durée d’observation possible (la date à laquelle les structures ayant commencé à transmettre leurs données sont variables). Cependant les analyses montrent que cette durée d’hébergement n’est pas systématiquement liée à la durée d’observation possible mais plus à la structure d’accueil.

 

Enfin, le suivi des parcours d’une nuit à l’autre, possible grâce aux données nominatives, montre que les personnes les plus âgées (plus de 45 ans vs moins de 45 ans) changent de centre d’accueil plus fréquemment que les plus jeunes mais également que la probabilité d’hébergement est plus faible chez ces derniers. La prise en charge prioritaire du public plus âgé leur offre ainsi des opportunités d’hébergement plus nombreuses. Les dernières analyses ont quant à elle tendance à montrer, mais cela reste à confirmer, qu’au-delà d’une certaine durée, le maintien dans l’hébergement est plus faible chez les femmes que chez les hommes.

 

Une analyse a par ailleurs été réalisée à partir des données des équipes de maraude du Samusocial de Paris qui, depuis le mois de mai 2011, transmettent des informations sur chacune des rencontres qu’ils font la nuit. L’analyse présentée porte sur le mois de mai 2011 et traite à la fois de l’activité des équipes, mais également du profil des personnes rencontrées, ainsi que du lien existant entre ces rencontres par les EMA (équipes mobiles d’aide) et l’hébergement rendu visible par le SIAO.

Enfin, une première analyse a également été effectuée à partir de l’expérimentation de la régulation des places, réalisée par le SIAO urgence en juin 2011

Données transmises entre le 1er et le 7 janvier 2011:

Synthèse des données transmises entre le 01/01/2011 et le 07/01/2011

 

 

Données transmises entre le 1er janvier et le 8 février 2011:

Synthèse des données transmises entre le 01/01/2011 et le 08/02/2011

 

Données transmises entre le 1er janvier et le 15 mars 2011:

 

Données transmises entre le 1er janvier et le 30 juin 2011:

Visibilité de l’hébergement d’urgence à Paris, données du SIAO-UP, janvier à juin 2011

 

Données transmises par les maraudes du Samusocial en mai 2011:

Activité des Maraudes du Samusocial de Paris en mai 2011

 

Bilan de l’expérimentation des places: Bilan de l’expérimentation des places, juin 2011

 

Voir aussi: 

Résultats du baromètre 115, entre juillet et août