Nos journées scientifiques

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Nos journées scientifiques

5 Journées scientifiques réunissant des spécialistes ont traité différents sujets d'intérêt.

SYMPOSIUM 2013

Matinée: L’hygiène : une affaire quotidienne ? Présentation et discussion de l’enquête. HYTPEAC – hygiène de la tête aux pieds : ectoparasitoses et affections cutanées.

Après-midi: Les familles, des SDF comme les autres ? Présentation et premiers résultats de la recherche ENFAMS – enfants et familles sans logement personnel.

 

Extrait du discours donné par Eric Molinié:

"Durant la matinée, l’enquête HYTPEAC – hygiène de la tête aux pieds : ectoparasitoses et affections cutanées, va vous être présentée. Je salue son envergure et sa démarche originale, puisque le souci des porteurs du projet a été d’aller au plus près des personnes, dans la rue, sans se contenter d’aller les interroger dans des Centre d’Hébergement d’Urgence, comme il est d’usage de faire dans les enquêtes classiques.

L’après midi sera consacrée à la présentation et aux premiers résultats de la recherche ENFAMS – enfants et familles sans logement personnel. Sans dévoiler le sujet, vous verrez combien les dimensions médicales, psychologiques et sociales sont étroitement imbriquées, ce qui valide une fois de plus le modèle transversal du Samusocial de Paris. Il devenait en outre urgent de consacrer de la recherche sur le sujet des familles, qui est une des problématiques montantes majeures de l’urgence sociale. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le Samusocial de Paris loge tous les soirs, grâce au soutien de l’Etat, plus de 20.000 personnes en famille à l’hôtel. Nous avons franchi ce cap au tout début de l’année 2013. Elles étaient 16.000 il y a un an et 11.000 il y a deux ans. Il est impératif d’inverser la tendance et cette étude doit contribuer à nous y aider. Et vous le verrez, les premiers résultats qui vont vous être présentés sont édifiants. Il est urgent d’agir."

 

Documents :

 

Le livret

SYMPOSIUM 2011-Colloque SAMENTA

Cette 4ème journée scientifique a été consacrée à l'enquête Samenta: Santé mentale et addictions chez les personnes sans logement

 

Le programme

 

Les resumés par session:

 

Session 1:

 

Présentation de l’enquête Samenta
Anne LAPORTE et Pierre CHAUVIN avec Caroline DOUAY, épidémiologiste, Conseil Général du 93 ; Marc-Antoine DETREZ, statisticien, Observatoire du Samusocial de Paris; Yann LE STRAT, statisticien, InVS ; Erwan LE MENER, sociologuen, Observatoire du Samusocial de Paris

 

Retour sur le dispositif d’enquête et comparaison des résultats du MINI aux évaluations cliniques,

Christine CHAN CHEE et Marie-Jeanne GUEDJ, psychiatre, CPOA, Hôpital Sainte-Anne

 

Session 2:

 

La vie quotidienne des personnes sans logement souffrant d’addictions
Marie JAUFFRET-ROUSTIDE, sociologue, InVS et CESAMES (CNRS-Inserm-Paris 5) et Marc-Antoine DETREZ, statisticien, Observatoire du Samusocial de Paris

 

Les personnes sans logement : quel recours aux soins psychiatriques ?
Valérie Le MASSON, épidémiologiste, DIM, Hôpital Sainte-Anne; Alain MERCUEl, SMES, Hôpital Sainte-Anne; Marie-Jeanne GUEDJ

 

Sans-abrisme et santé mentale : comment miser sur la citoyenneté. Un bref retour sur 15 années de recherches
Michael ROWE, sociologue, Département de psychiatrie, Yale University (EU)

 

Session 3:

 

Les femmes sans domicile vivant avec leurs enfants : des caractéristiques spécifiques ?
Nicolas OPPENCHAIM sociologue, Observatoire du Samusocial de Paris et Laboratoire Ville Transport Mobilités (Université Paris-Est Marne-La-Vallée); Stéphanie
VANDENTORREN, épidémiologiste, Observatoire du Samusocial de Paris

 

Présentation du projet ENFAMS (ENfants et FAMilles Sans logement)
Erwan LE MENER; Nicolas OPPENCHAIM ; Stéphanie VANDENTORREN

 

Les femmes sans domicile utilisatrices des services d’aide aux personnes en grande difficulté

Maryse MARPSAT, statisticienne et sociologue, INSEE

 

Le cas des jeunes sans logement : l’exclusion sociale en marche ou une étape transitoire de leur vie ?
Jean-Marie FIRDION, sociologue, Centre Maurice Halbwachs (CNRS-EHESS-ENS)

 

 

SYMPOSIUM 2009

Matinée : Santé mentale et addictions chez les personnes franciliennes sans logement personnel

Après-midi: Catégoriser, Distribuer, Soigner : paradoxes de l’urgence sociale ?

 

Extrait du discours d'ouverture donné par le Dr Xavier Emmanuelli:

"La matinée, consacrée à la restitution de l’enquête SAMENTA, propose ainsi d’élargir notre regard sur les aspirations et les besoins de la population atteinte de troubles psychiatriques : ils ne diffèrent pas forcément de l’ordinaire, comme le montre d’ailleurs la présentation programme « Housing First ».  La folie n’est pas toujours dans la place ! Comment donc préserver les termes d’hospitalité pour ceux-là même à qui on tend à les dérober ? S’il convient d’adapter des structures et des dispositifs à des problèmes donnés, il importe alors, croyons-nous, de partir du commun plutôt que des différences afin de construire, pour chacun, les propriétés de la décence et de la dignité au sein de la cité. Il reste que nos instruments de catégorisation, de classement, de ciblage courent le risque d’emprunter d’abord le chemin des différences, plutôt que celui, plus sinueux, de la construction de publics, qui élargissent sans cesse le champ de notre concernement.

L’après-midi explore certaines tentatives de construire des publics. Une première intervention porte sur la dimension familiale de l’exclusion. Comme le dit son intitulé, « les SDF ont aussi une famille ! ». Et pourtant, il faut bien constater que la catégorie de « famille à la rue », qui définit l’accès à certaines prestations, ne recouvre pas l’ensemble des situations familiales à la rue. Que veut donc dire, aujourd’hui, avoir une famille lorsque l’on est sans logement personnel ? L’intervention suivante a pour objet le travail des permanenciers du 115 de Paris, qui est un dispositif de régulation de l’hébergement d’urgence, structurellement confronté à la pénurie, mais avant tout une plateforme d’orientation. Quelle orientation est possible, lorsque des personnes appellent pour des places qu’elles ne sont pas  sûres d’obtenir, en dépit de l’inconditionnalité de leur demande ? La dernière communication de la journée s’intéresse aux soins qui sont dispensés, une fois les barrières de l’accès aux prestations franchies. Elle a pour sujet les Lits Haltes Soins Santé, qui accueillent, sur un motif sanitaire, des personnes extrêmement vulnérables, à tous points de vue. Ce travail montre que les soins ne se limitent pas aux gestes accomplis en salle de soins, qu’il s’agit de l’affaire de tous. Mais il souligne également que la prise en charge s’inscrit dans une temporalité indéterminée."

 

Documents :

 

Le livret (avec les résumés)

 

 

SYMPOSIUM 2007

Matinée: Conditions de vie dans la rue : santé, intimité, hébergement

Après-midi: Le dispositif d’aide : du particulier au politique

 

Extrait du discours d'ouverture donné par le Dr Xavier Emmanuelli:

La matinée sera consacrée aux conditions de vie dans la rue. Les intervenants confirmeront sans doute les risques de santé encourus par la vie sans domicile, la surexposition des sans abri à toutes sortes de maux et de pathologies. L’étude sur la prévalence du diabète va en tout cas dans ce sens.

Mais les intervenants mentionneront également les difficultés et complications ordinaires de l’existence sans-domicile, tout ce qu’il peut y avoir, comme l’écrit Georg Orwell, de « sordide et fastidieux » pour satisfaire des aspirations communes en matière de sexualité ou encore d’hébergement.

Les sans-abri, pourtant, parviennent à exercer une sexualité, à se préserver une intimité, à s’abriter, à se protéger. Le scandale que nous, acteurs de la lutte contre l’exclusion, devons porter et traiter, n’est donc pas tant celui de l’incapacité des personnes à vivre dans des conditions extrêmes que le fait même qu’elles y parviennent. Le fait que des dizaines milliers de personnes,  vivent sans-domicile, jusqu’aux lisières de la folie, trouvent les forces et les ressources de la survie doit nous interpeller, bien davantage que les images d’Epinal d’une misère lointaine et étrangère. La survie, pour le dire autrement, est un effort pour rester acteur d’une commune humanité, pour justifier, coûte que coûte, son appartenance à la Communauté.

 

L’après-midi, dédiée à des dispositifs publics d’aide aux sans-abri, se devra d’interroger cette appartenance des exclus au monde commun. Des dispositifs, comme le 115, donnent ainsi appui, non seulement aux sans-abri, mais aussi aux particuliers, aux citoyens lambda, pour signaler des situations urgentes, qui méritent d’être prises en charge par la collectivité. Certes, nous ne pouvons pas satisfaire toutes les demandes. Nous sommes même dans une configuration de choix tragique : nous avons, au 115, bien moins de places d’hébergement à offrir que de demandes, aussi légitimes les unes que les autres, à satisfaire. Nous devons gérer la pénurie, et pour cette raison, nous donnons une place primordiale au travail de lien. Nous nous efforçons, concrètement, d’écourter le temps d’attente et de professionnaliser l’écoute. La prise d’appel s’est sensiblement améliorée, plus de 300 000 appels sont pris sur l’année par les permanenciers du 115, tous formés à la prise d’appel, à l’écoute et à l’orientation.

Ce souci du lien, dans un contexte de pénurie d’hébergement, se retrouve au cœur du travail des équipes mobiles d’aide, maraude du Samusocial. Leur intervention, chaque soir, dans les rues de Paris, ne vise pas seulement à orienter et mettre à l’abri les personnes rencontrées, mais aussi à mettre en confiance, à « apprivoiser » des personnes dont certaines ont perdu des repères fondamentaux, au temps, à l’espace et au corps. Cette mise en confiance passe à la fois par la prise en compte des besoins de sans-abri (et appelle donc une approche pluridisciplinaire),  et par la prise en compte des capacités de ces personnes, capacités souvent affectées, trébuchantes, branlantes.

 

Documents :

 

Le livret (avec les résumés)

SYMPOSIUM 2005

Matinée: Santé publique : des données pour l’action

Après-midi: Le 115 de Paris : un dispositif d’observation de la grande précarité

 

Extrait du discours d'ouverture donné par le Dr Xavier Emmanuelli: 

"Et cet objectif d’amélioration de la prise en charge n’a pas pour seul terrain d’application le samusocial de Paris, il vise l’ensemble des structures qui sont à l’interface avec des personnes sans domicile, des centres d’hébergement aux hôpitaux. Je pense à ce qui va vous être présenté sur l’épilepsie, où à partir d’une étude de prévalence menée auprès des consultations médicales du samusocial, nous avons pu réaliser, en collaboration avec une société savante, la Ligue Française contre l’Épilepsie, une réunion de consensus avec des experts nationaux dont le résultat est un texte de recommandation pour la prise en charge des épileptiques en situation de précarité. Ce texte est destiné à différents types de professionnels quels que soient leur lieu géographique d’exercice. 

 

Ces études visent aussi à aider les pouvoirs publics à adapter des politiques ou des recommandations nationales. Je pense à l’expérience que nous avons sur la prise en charge des tuberculeux sans domicile où nous avons pu, de part cette expertise, influer sur les recommandations nationales de lutte contre la tuberculose et ainsi faire que cette population spécifique y soit mentionnée, en particulier le traitement par la DOT. Ces études peuvent aussi permettre la construction d’indicateur de suivi utilisé par les pouvoirs publics, je citerai les cas d’hypothermie décelés la nuit par les infirmiers des équipes mobiles qui sont donnés chaque jour à la zone de défense du département de Paris dans le cadre du plan grand froid.

Ainsi, un certain nombre de travaux se sont donc traduits par une action ou une aide à l’action, et j’espère que les présentations et discussions que nous aurons aujourd’hui irons aussi dans ce sens, je pense à tout ce qui concerne l’hébergement d’urgence et les problématiques particulières des femmes enceintes et des jeunes."

 

Documents :

 

Le livret (avec les résumés)