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UN REFUGE POUR LA NUIT

Chaque jour, 3 femmes seules sur 4 qui appellent le 115 de Paris ne trouvent pas de place d’hébergement.
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Accueil de jour

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ESI ST Michel
Accueil de jour

Organisés sur le principe d’un accueil immédiat inconditionnel et anonyme, les Espaces Solidarité Insertion offrent aide et soutien aux personnes majeures en grande précarité. Ils sont un lieu d’accueil et de dialogue, qui permet aux personnes d’accéder durant la journée à des services de première nécessité : douche, buanderie, consigne, vestiaire…, et de participer à des activités. Ils proposent à toute personne accueillie de cheminer, à son rythme, vers une resocialisation progressive. La ville de Paris compte 15 espaces de ce type.

La maison dans le jardin

La Maison dans le jardin est le nom porté par l’Espace Solidarité Insertion du Samusocial de Paris.

 

Créée en 1997, « La Maison dans le jardin » a pour particularité d’offrir un accompagnement à la fois social et médical grâce à la présence quotidienne d’un médecin, d’un infirmier et de travailleurs sociaux. Des consultations dentaires ont lieu deux fois par semaine grâce aux dentistes bénévoles du bus dentaire ; une fois par semaine est proposée une consultation gynécologique grâce à l’association ADSF. La présence d’une personne de la CPAM permet une fois par semaine également  l’ouverture de droits (AME, CMU). Un psychiatre du Réseau Souffrance et précarité assure une permanence hebdomadaire, et un bénévole vétérinaire est présent également chaque semaine pour les animaux des personnes accueillies.  L’ESI travaille ainsi en réseau avec de nombreux partenaires, parmi lesquels la RATP et l’Unité d’Assistance aux Sans Abri de la DPP afin de créer un lien avec les usagers les moins mobiles directement sur leurs lieux de vie.

Chaque jour, entre 100 et 150 personnes se rendent à La Maison dans le Jardin, située à l’hospice Saint-Michel (Paris XII). Les personnes sont accueillies par une équipe de 6 animateurs, 2 conseillères sociales, une infirmière, deux aides-soignantes, une infirmière psy à mi-temps, et un psychologue à mi-temps, qui intervient deux jours par semaine pour travailler avec les personnes accueillies sur leurs addictions. Pour beaucoup, l’ESI constitue un lieu ressources où se poser en toute sécurité. Chacun peut y dialoguer avec les équipes, et participer à de nombreuses activités : jeux de société, pétanque, cinéma, sortie à la piscine. Des ateliers (cuisine, jardinage, ou écriture) sont également proposés aux personnes engagées dans un travail de reconstruction.

Reportage : Un après-midi à la Maison

13 heures. Devant l’entrée de l’ESI, une trentaine de personnes s’est agglutinée en attendant l’ouverture. Une travailleuse sociale se tient à l’entrée pour recenser les personnes qui se présentent et les orienter en fonction de leurs besoins.

 

Elle salue chacun par son prénom. La plupart sont des habitués. Dimotrev demande s’il peut aller prendre une douche, Piotr a rendez-vous avec le dentiste et Maurice, simplement envie de se faire un café. Sylviane, l’unique femme, n’a pas de demande particulière. Elle vient plusieurs fois par semaine pour se poser durant la journée, discuter avec les animateurs, et parfois jouer aux cartes. Brigitte, la responsable de l’ESI, a repéré une personne à l’extérieur, restée assise sur un banc. Partie à sa rencontre, elle revient prévenir une des infirmières : la personne souffre de graves affections cutanées, et doit être déparasitée. Deux maux fréquents chez les grands exclus. Afin qu’elle ne soit pas stigmatisée par les autres, l’infirmière va discrètement chercher la personne pour la conduire à l’infirmerie. Elle passera ensuite au vestiaire, où l’ESI dispose de quelques vêtements donnés par l’armée ou certains commerçants. Les dons (liens nos partenaires/pourquoi nous aider) de vêtements sont toutefois insuffisants, note Brigitte. Il ne s’agit pas de donner n’importe quoi à porter. Retrouver la notion de l’habillement fait partie du travail de resocialisation. Certains arrivent avec des doudounes en plein été ou inversement en t-shirt en hiver. Et réapprendre  à se vêtir passe par des vêtements ajustés à sa taille. L’ESI veille à ce que les vêtements donnés soient de bonne qualité, ce qui suppose un travail de tri parfois lourd, auquel certains bénévoles (lien nous soutenir/devenir bénévole) participent.

 

De 13h à 17h, l’ESI  accueillera entre 50 et 150 personnes selon les jours. Son premier objectif, créer du lien, est atteint. Le nombre de visiteurs réguliers en témoigne. Hormis le week-end, chacun sait qu’il peut trouver ici de quoi satisfaire quelques besoins élémentaires. L’hygiène, tout d’abord. "L’ESI n’a pas vocation à remplacer les douches municipales, observe Brigitte, Mais offrir à des personnes en grande exclusion un lieu pour se laver participe au travail sur l’estime de soi". A l’espace douche, Luca remet à chacun un caisson avec du gel douche, du shampooing, un rasoir jetable, de la mousse à raser, une serviette et un peignoir. Pendant qu’elles se douchent dans l’une des deux cabines, les personnes peuvent aussi faire laver leurs vêtements. Certains habitués ont même un casier, qui leur permet d’avoir à disposition quelques affaires propres. José, fraîchement sorti d’une cabine, demande s’il peut prendre un des préservatifs mis à disposition. « Faut sortir couvert », dit-il d’un air faussement libéré. Luca lui répond qu’il peut se servir sans demander. Cette demande n’est pas anodine : "la prévention fait partie des signes de reconstruction", rappelle Brigitte. Pour beaucoup, pouvoir créer des liens, faire à nouveau attention à soi, retrouver des repères spatio-temporels prendra plusieurs années.

 

A l’ESI « La maison dans le jardin », chacun a à sa disposition une kitchenette avec cafetière, et micro-ondes en libre-service. On peut s’y asseoir, et partager un repas autour d’une table, conditions qui font défaut lorsqu’on se retrouve à la rue. Un service de domiciliation est proposé qui permet incite à venir régulièrement, au-delà de l’utilité administrative de la chose. Particularité de cet ESI à Paris : la présence quotidienne d’un médecin, d’une infirmière et d’une aide-soignante qui réalisent des soins, aident au suivi des traitements et peuvent diriger vers un réseau de professionnels de santé de proximité  (laboratoire d’analyses, pharmacie, ophtalmologue, et permanence d’accès aux soins (PASS de l’hôpital Saint-Antoine). Un bus de consultation dentaire est en outre présent les mardi et mercredi, ainsi qu’une permanence de la CPAM pour les ouvertures de droits. Pour les personnes n’ayant pas de droits ouverts, des traitements peuvent être délivrés par la pharmacie du Samusocial. Une consultation psychiatrique est également ouverte une fois par semaine grâce à un partenariat avec le réseau souffrance et précarité, qui permet entre autres un accompagnement au sevrage alcoolique.

 

L’hiver, une salle d’activités permet de s’adonner à différentes pratiques artistiques, à des jeux de société, ou simplement de discuter à l’abri. Les animateurs créent le contact, établissent une relation, de même que les travailleuses sociales qui, en dehors de leurs consultations, viennent discuter avec les personnes accueillies. L’été, ces contacts ont lieu de préférence à l’extérieur. L’ESI a l’avantage de bénéficier d’un vaste jardin dans lequel on joue aux cartes, à la pétanque, ou encore au ping-pong. Un espace jardinage permet à certains assidus de cultiver tomates et salades qui serviront à l’atelier cuisine. D’autres viennent simplement s’y asseoir, et observer le travail qui s’accomplit. Peu importe. Chaque petit pas compte. Et l’on s’adapte ici au rythme des uns et des autres. C’est parce qu’elles se sentent respectées, en sécurité, et savent qu’elles disposeront toujours ici du soutien nécessaire que les personnes reviennent, et qu’un lien avec les équipes se crée peu à peu.

Rendez-vous à l'ESI, avec Lambert Wilson

Le 2 mai 2014, invité par l'émission Thé ou Café, Lambert Wilson émet le souhait de venir à la rencontre des équipes du Samusocial de Paris et des personnes qu'elles accueillent. Il passe l'après-midi à l'accueil de jour.

 

Voir aussi: 
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maraude jour

La maraude de jour intervient en relais des situations identifiées par les équipes mobile d’aide (lien) et de sa propre initiative.

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"Errer. Faire la manche. Faire les poubelles et manger ce que j'y trouvais. J'ai survécu un bon moment comme ça. Par instinct. Je me suis débrouillé comme je pouvais. Je me suis installé dans un renfoncement.

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CHU sans-abri

Il consiste à offrir à toute personne sans domicile un accueil, un lit, un repas, la possibilité de se laver, et de rencontrer un médecin et un travailleur social pour une orientation vers des structures adaptées.