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Réformer l'hébergement d'urgence des familles

Réformer l'hébergement d'urgence des familles

A la suite de l'étude ENFAMS menée par l'Observatoire du Samusocial de Paris, le Samusocial de Paris réclame une réforme de l'hébergement d'urgence des familles

Améliorer les conditions d'accueil

Plus de 80% de familles sous le seuil de pauvreté, près de 8 familles sur 10 et 2 enfants sur 3 en insécurité alimentaire, 29% de mères souffrant de dépression, une prévalence de l’obésité bien supérieure à la population générale… : les résultats de l’étude ENFAMS (Enfants et Familles sans logement en Ile-de-France) menée par l’Observatoire du Samusocial de Paris rappellent que l’hébergement à l’hôtel ne constitue pas une solution pour les familles. La dénonciation de l’hôtel comme solution inadaptée pour l’hébergement des familles n’est pas nouvelle. Les résultats de l’étude ENFAMS viennent cependant y adjoindre un constat scientifique.

 

AGIR MAINTENANT POUR AMELIORER LES CONDITIONS DE VIE A L’HOTEL

Le Samusocial de Paris a déjà engagé des réformes importantes pour accroître la qualité des hébergements en favorisant l’implantation dans les établissements d’un espace de vie collective, d’une buanderie et d’une cuisine, en veillant à ce que le nombre de lits soit adapté à la composition familiale, et en mettant en place une distribution de paniers petit-déjeuner. Un travail sur l’information des familles a également été engagé, et se poursuivra avec des actions facilitant l’accès aux ressources de proximité (entre autres pour se nourrir, se soigner, et assurer la scolarisation des enfants). De même, l’Etat a initié des actions d’accompagnement social avec la Croix-Rouge française, qui devront s’amplifier pour répondre à l’ensemble des besoins, notamment pour les familles plongées dans des situations administratives complexes.

Si l’hébergement en hôtel comme solution transitoire peut avoir un sens pour compenser la saturation des dispositifs d’accueil de migrants, et l’insuffisance de structures adaptées dans le dispositif d’urgence et de réinsertion, il est inadapté sur le long terme. Or les familles qui y sont orientées s’y installent souvent pour de longues années. Pour les familles hébergées à l’hôtel depuis plus de cinq ans, comme c’est le cas de 545 familles hébergées aujourd’hui par le Samusocial de Paris, il est urgent de trouver des solutions leur offrant des conditions de vie dignes et compatibles avec l’épanouissement de leurs enfants.

 

DEVELOPPER DE NOUVELLES SOLUTIONS

A lui seul, le Samusocial de Paris héberge ainsi chaque nuit 28 500 personnes en famille en Ile-de-France et continue d’accueillir 20 nouvelles familles par jour, alors que les disponibilités dans le parc hôtelier arrivent à épuisement et laisse aujourd’hui à la rue chaque soir plusieurs dizaines de familles. Or d solutions adaptées aux besoins des familles existent. Souvent moins coûteuses que l’hôtel, elles doivent être déployées au plus vite :

  • développement de l’hébergement en appartements partagés entre plusieurs familles,
  • développement de places en CADA ou des autres dispositifs spécifiques d’accueil pour les familles demandeuses d’asile
  • développement d’une offre de résidences d’accueil gérées par les bailleurs sociaux ou les acteurs associatifs.
  • Accélération des sorties de l’hébergement en hôtel par l’accès au Solibail, au Louez solidaire, aux résidences sociales, au parc social….)

 

REFLECHIR COLLECTIVEMENT

Créé pour aller vers ceux qui, éloignés de tous les dispositifs, ne demandaient plus rien, le Samusocial de Paris fait depuis plusieurs années face à une évolution des publics sans-abri : aux exclus du système économique, aux victimes de la crise en France et en Europe, aux femmes victimes de violences conjugales, s’ajoutent les personnes  qu’un conflit ou qu’une extrême pauvreté conduit à choisir l’exil et qui, arrivés sur le territoire français, trouvent le 115 et l’hébergement d’urgence comme unique ressource. A la fois saturés et inadaptés à l’accompagnement de publics aux besoins spécifiques, les dispositifs d’urgence éprouvent les limites de leurs capacités et, comme l’étude ENFAMS le montre, placent les familles en situation de souffrance. A l’heure où l’ensemble des acteurs du champ de l’urgence s’interroge, une conférence de consensus est nécessaire pour repenser l’articulation entre les politiques d’hébergement et d’accueil des migrants.