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Se structurer, une nécessité pour toute forme d'initiative

Se structurer, une nécessité pour toute forme d'initiative

Entretien croisé entre robins des rues, qui a fait le choix du 100% bénévole, et l'équipe de rue Charonne, qui mixe bénévolat et salariat.

"Une domiciliation est presque impossible à obtenir seul"

Le désir de s’impliquer auprès des personnes sans abri se doit de se donner un cadre pour élaborer une action réfléchie et cohérente. Préparation, examen et concertation sont indispensables pour que la volonté de bien faire prenne le moins de risques possible de porter préjudice aux personnes auxquelles elle s’adresse, que ce soit en créant des liens personnels trop exclusifs qui pourraient perturber des équilibres affectifs fragiles, en s’engageant sur des promesses difficiles à tenir et donc susceptibles d’ébranler encore un peu plus le sentiment de confiance qu’elles cherchent à établir, en suscitant des espoirs voués à la déception, ou en impulsant des actions qui pâtiraient du manque de coordination avec l’ensemble des acteurs de terrain. A défaut d’être sûr de bien faire et d’être utile, le mieux est sans doute de réfléchir ensemble pour agir au mieux de manière cohérente.

 

Pourquoi passer d’un fonctionnement bénévole à un mixte entre salariat et bénévolat ?

 

Alfredo, salarié de Charonne – Ancienne équipe de la Croix Rouge

Notre équipe a ressenti le besoin de postes salariés pour soulager l’engagement de certains bénévoles impliqués à plein régime, et permettre le développement d’accompagnements en journée qui sont difficilement réalisables pour des bénévoles. La Croix Rouge n’étant pas prête à soutenir cette demande de poste, l’équipe a rejoint l’association Charonne qui a porté le projet. L’arrivée d’un mi-temps en 2013 a également permis d’avancer sur l’accès à l’emploi.

 

Antoine, bénévole à Charonne

Les bénévoles sont le cœur de l’équipe. Les plus anciens, qui ont connu l’équipe 100% bénévole, en ont bien conscience ; pour les nouveaux c’est moins évident. L’accueil et la formation des nouveaux bénévoles se fait systématiquement par des bénévoles, et ce sont des bénévoles qui les rappellent après leurs maraudes pour savoir comment ça s’est passé. Qui de plus légitime qu’un bénévole pour motiver d’autres bénévoles à s’engager ? Pourtant bizarrement, quand les nouveaux ont un problème, ils ont tendance à s’appuyer sur les salariés comme s’ils étaient responsables de l’action. Il n’est pas évident de leur faire comprendre cette dynamique collective bénévole.

 

Benjamin, Robins des rues

Nous avons également réfléchi à la question de postes salariés, qui revient régulièrement. Un salarié permettrait d’assurer la cohérence de l’action et de formaliser les liens auprès des partenaires, mais nous avons décidé de rester 100% bénévoles.

 

Pourquoi avoir développé les accompagnements sociaux ? 

 

Pierre, Robins des rues

En faisant des accompagnements dans les PSA, on s’aperçoit vite qu’elles sont très difficiles d’accès. Il est souvent précieux de prendre le temps de patienter avec les personnes et de les encourager.

 

Alfredo, Charonne

La plupart des orientations sont difficiles d’accès, notamment pour les personnes très ancrées sur un petit territoire. L’accès aux soins est aussi compliqué : dans les PASS, il faut être là le bon jour à la bonne heure. Une domiciliation est presque impossible à obtenir seul, et toutes les bagageries a chent complet. De nombreuses personnes ne fréquentent ni les hôpitaux, ni les assistantes sociales ; on leur donne un coup de main pour se déplacer, mais l’intérêt, c’est d’être là sur le long terme.