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Séjour à Portbail

Séjour à Portbail

5 jours au bord de la mer pour 16 personnes qui ont l'habitude de fréquenter l'accueil de jour du Samusocial de Paris, l'ESI.

Portbail, direction les plages. La route passe un petit port, s’enfonce entre deux bras de mer vers le large et la maison est tout au bout, là où le bitume disparaît sous le sable. L’eau est à nos pieds.

Les pieds dans l'eau

Retrouvez le blog du séjour à Portbail : http://sejouraportbail.wordpress.com/

 

Arriver à Portbail et mettre les pieds dans l’eau
le 8 septembre 2014

16h30, la brume se lève au fur et à mesure que nous avançons vers la mer, nous arrivons à Portbail dans une lumière éblouissante.

Après Portbail direction les plages. La route passe un petit port, s’enfonce entre deux bras de mer vers le large et la maison est tout au bout, là où le bitume disparaît sous le sable. L’eau est à nos pieds.

Chacun prend ses quartiers, dépose ses affaires dans sa chambre avant de se laisser rapidement aimanter par la mer et le soleil. Petits groupes par petits groupes nous remontons nos pantalons pour aller mettre les pieds dans l’eau, faire rouler le sable entre nos doigts. Lâcher prise. Même s’il reste sur le perron à distance des flots, Abderazak profite de regarder la mer qu’il n’a pas vue depuis qu’il a quitté son bled. C’était il y a plus de 30 ans.

 

La pêche à pied
le 10 septembre 2014

Avec Simon notre guide des mers, nous partons avec seaux et épuisettes pour la pêche à pied à travers les rochers. Avec l’attraction de la pleine lune, la marée basse nous laisse jusqu’à 6 mètres de fond marin à ciel ouvert à arpenter. Au moment des équinoxes de février et mars, il paraît que les coefficients sont encore plus impressionnants.
Épuisette sur l’épaule, bob à la mode Napoléon sur la tête pour amuser la galerie, on commence à fanfaronner. Bruno promet d’attraper papillons, mouettes et jolies filles, mais Simon plonge nos regards vers le sol et ses recoins. Il nous invite à distinguer les coquillages, les différents crabes, à repérer les bouquets tapis sous les algues, les poches d’où sont sortis les œufs de vers de sable, à soulever les pierres pour repérer les animaux qui se mettent à l’abri du soleil, et reposer les pierres à leur emplacement.

 

Cité de la Mer
le 11 septembre 2014

Plongeon dans les profondeurs abyssales des océans cet après-midi, la Cité de la Mer de Cherbourg nous accueille dans son antre aquatique. Nous découvrons squelettes de raies, mâchoires de requins béantes, coquillages fossilisés, puis sur trois étages un immense aquarium où s’ébattent poissons-écureuils, poissons nettoyeurs, poissons-clowns, anges de mer, poissons chirurgiens, crocos drapeau et chirurgiens bagnards.
En sortant de l’aquarium nous prenons un goûter de pain d’épices sur les marches battues par le vent et le soleil. Chacun grignote sa part en silence. Adelrazak seul repart avec son pain d’épices intact dans les mains. Il a gardé sa ration pour les plates-bandes du parking, et jette le gâteau aux créatures les plus faibles. Elles sont sans doute moins bien nourries que nous le sommes ces jours-ci. Petits oisillons et insectes devront leur festin du jour à la sollicitude et l’esprit de partage infinis d’Adelrazak.
Nous rentrons tout juste à l’heure pour glisser les pieds sous la table. Plateaux de fruits de mer au menu du soir, puis la soirée s’étire au rythme des fléchettes, ramollie par la digestion. Ahyan réclame une soirée discothèque pour demain, après avoir cérémonieusement remercié Brigitte pour ce festin.
Part un bateau dans la nuit noire, charrié par un tracteur bruyant à travers le sable et les rochers mouillés. Une fois le bateau largué dans la mer qui s’est retirée au loin, quelques couche-tard profitent encore de la nuit étoilée et du murmure du ressac. Ils seront là bien avant l’aube.

 

Opération disco
le 12 septembre 2014

Détour par Sainte Mère l’Eglise avant de mettre le cap sur les plages du débarquement. Le parachutiste semble toujours bien accroché au clocher de l’église, la ville est calme, nous profitons de la présence du marché pour faire un tour. Nous arpentons les étals avant de nous diriger vers la batterie d’Azeville, ses casemates de béton et d’acier encastrées dans la terre. Attablés sur une grande pelouse, cerclés par ces inquiétantes forteresses allemandes, nous ouvrons nos sandwichs avant d’arpenter les recoins sombres et tranchants des abris militaires, et de nous défouler sur ballons et frisbees.
A Utah Beach, les bunkers nous rappellent que les flots bleus qui nous lèchent agréablement les pieds furent bien rouges. Très marqué par son année passée à l’armée, toujours en tenue de treillis de pied en cap, Jean est tout à l’émotion de penser à la souffrance et à la violence infligée aux gars morts sur le champ de bataille. Derrière les lunettes noires de l’ancien soldat brille un regard humaniste, loin de toute exaltation glorieuse du militarisme.
Après notre dernier dîner face à la mer, les remerciements émouvants des uns et des autres qui se lancent avec courage pour prendre la parole face à la grande table, rendre hommage à la belle famille que nous avons formée pour quelques jours, à la générosité du séjour et des équipes, Ahyan propose une soirée disco, et Bruno se met aux platines. Intense plaisir de se défouler au son des tubes des années 80, de laisser les corps lâcher prise sur la piste.
Oreilles bourdonnantes et jambes flageolantes d’avoir trop dansé, nous apprécions le calme de la nuit silencieuse avant d’aller nous coucher. Adelrazak n’a pas dansé mais il est sur le perron lui aussi. Il savoure les étoiles, le chant du ressac, l’horizon infini, cette sensation apaisante que « la nuit, l’agressivité du jour se calme ».

 

Retrouvez l'ensemble des textes et des photos sur le blog du séjour à Portbail : http://sejouraportbail.wordpress.com/

Voir aussi: 
f0950c
ESI ST Michel

Organisés sur le principe d’un accueil immédiat inconditionnel et anonyme, les Espaces Solidarité Insertion offrent aide et soutien aux personnes majeures en grande précarité.