CHU Villiers : construire un projet de vie pour les femmes les plus isolées

Le 24 novembre dernier, la Maison régionale solidaire des femmes - CHU Villiers, gérée par l’association Aurore, était inaugurée dans le quartier des Batignolles, à Paris (17ème). Sa particularité ? Elle est entièrement dédiée aux femmes sans-abri, notamment les plus isolées. Son objectif : faciliter leur réinsertion, en les accompagnant et en co-construisant, avec elles, un réel projet de vie. Entretien avec Sihem Habchi, Directrice d’activités de ce CHU.

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CHU pour femmes de Villiers : des draps neufs et un kit d'accueil, comprenant des produits de beauté et d'hygiène intime, sont distribués à chaque nouvelle arrivante.

Régulée par le SIAO Paris, via le 115 et le Pôle Habitat, et gérée par l’association Aurore, cette structure d’hébergement est financée par la Région et la DRIHL (Direction Régionale et Interdépartementale de l’Hébergement et du Logement). Elle peut accueillir jusqu’à 95 personnes, dans des chambres collectives ou individuelles, et est à l’origine un hôtel, mis à disposition par le groupe Machefert. « Pour nous, acteurs de l’hébergement d’urgence, les femmes isolées représentent une priorité », souligne Sihem Habchi. « Elles sont confrontées, au quotidien, à la violence et aux risques d’agressions sexuelles. Elles se rendent donc invisibles, se cachent, et ont tendance à ne pas accepter l’aide proposée. »

Héberger les femmes pour les sécuriser...

Représentant aujourd’hui 12 % du public sans-abri à Paris, amener ces femmes jusqu’à un lieu d’hébergement, dans le but de les sécuriser, est un enjeu majeur. Sihem Habchi explique : « Pour ce type de structure, nous prenons plus de temps pour le peuplement. Les équipes de maraudes doivent avoir toute la latitude pour identifier, repérer, et prendre le temps de convaincre la personne d’accepter l’aide proposée. »

Covid-19 : vers l'apparition d'un nouveau public

Un travail de longue haleine qui risque de s’intensifier dès l’année prochaine. Sihem Habchi ne se fait guère d’illusions : « Si aujourd’hui, et pour ce profil particulier, nous n’avons pas encore vraiment de visibilité sur l’impact de la crise sanitaire, nous nous attendons à l’arrivée de nombreuses nouvelles personnes dans notre structure à l’orée de 2021. Nous allons certainement voir arriver les femmes qui étaient précaires avant cette crise, et qui se sont encore davantage précarisées pendant. »

Face à l’arrivée massive de personnes qui n’ont jamais connu la rue, il faudra se tenir prêt. « Nous communiquerons davantage avec les maraudes pour identifier ces nouvelles femmes, et avec les mairies des villes où elles résident, pour nouer des liens avec les assistants sociaux et assurer la prise en charge la plus efficace possible », conclue Sihem Habchi.

Baromètre : focus demandes non pourvues sur le 115 en novembre 2020

Pour la première édition du baromètre SIAO Paris, nous avons choisi de réaliser un focus sur les demandes non pourvues le mois dernier. Des chiffres mis en relation avec ceux du mois précédent (octobre 2020) et ceux recensés il y a un an (novembre 2019). Ce baromètre sera amené à être enrichi dans les mois à venir.

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Pour information complémentaire, au 15 décembre, 1826 places étaient ouvertes sur l’hiver 2020-2021, dont 474 pour les familles.

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