Une enquête auprès des centres d'hébergement d'urgence migrants en Île-de-France, au printemps 2017

Dans le contexte européen d’un afflux considérable et croissant d’exilés, l’Etat a mis en place un plan national d’accueil en juin 2015, reposant notamment sur l’augmentation des capacités d’hébergement des demandeurs d’asile. En un peu plus de deux ans, en se limitant à l’Île-de-France, plus de 47 000 personnes auraient ainsi été mises à l’abri, à la suite d’évacuations de campements dans l’espace public, ou d’un passage par l’un des centres d’orientation, dits de « premier accueil ». Les gestionnaires de ces structures d’hébergement – des centres ouverts à la hâte et des chambres d’hôtels sociaux principalement – ont pour mission de subvenir aux besoins primaires de ceux qu’ils hébergent mais aussi d’accompagner leurs démarches juridiques et plus généralement administratives. Ils doivent ainsi favoriser l’accès aux droits des « migrants », notamment en matière de santé.

Au printemps 2017, 75 des 81 « centres d’hébergement d’urgence migrants » alors ouverts dans la région ont répondu à un questionnaire téléphonique portant sur l’accès aux soins des migrants, administré par l’Observatoire, pour le compte de l’Agence Régionale de Santé d’Île-de-France. Ces questionnaires, d’une durée moyenne de 50 minutes, ont pris la forme d’entretiens examinant les relations entre ces centres d’hébergement, les caisses primaires d’assurances maladie, les permanences d’accès aux soins de santé et d’autres services permettant l’ouverture des droits ou plus directement de soigner les résidents. Ce rapport décrit, département par département, les relations qu’entretiennent les centres d’hébergement avec ces différents services.

Sans aucun doute, la capitale se distingue des autres départements par une offre et une accessibilité bien meilleure aux services de santé, bien que la gestion des problèmes de santé mentale y reste difficile. L’attractivité des services de santé parisiens à destination des populations exilées (permanence d’accès aux soins, associations de santé mentale spécialisées…) s’exerce dans toute la région. Les centres basés hors de Paris compensent intra-muros l'insuffisance ou les dysfonctionnements de certains services constatés dans leur département.

Les centres de petite couronne sont, pour la plupart, en relation avec plusieurs services de santé parisiens. En Seine-Saint-Denis notamment, les réseaux de santé s'inscrivent dans une continuité géographique avec l'est de la capitale. Les centres qui se retrouvent à l’écart des voies de transports conduisant aisément vers les grandes villes locales ou vers Paris sollicitent moins de services de santé tout en prospectant dans de nombreuses directions pour répondre à leurs besoins.

Cette même situation est observée dans les départements de grande couronne où l’on constate des disparités plus marquées en termes d’implantation et d’accessibilité des centres d’hébergement par rapport aux services de santé du département ou de la capitale. Dans ces départements, l'accès aux services de santé s'avère donc logiquement bien plus difficile. Les centres s'appuient davantage sur les services de proximité, dont le choix est plus réduit. Ils font alors sans doute plus appel à des soignants, le plus souvent bénévoles, pour organiser des permanences régulières. La couverture par des services mobiles, là où ils existent, s’avère particulièrement précieuse dans ces départements.

 

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