L’Oasis, bilan d’un accueil pour femmes sans abri | Samusocial de Paris
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L’Oasis, bilan d’un accueil pour femmes sans abri

19 Sep 2022 • Actualité

Centre d’hygiène, d’accueil et de soin entièrement dédié aux femmes sans abri, l’Oasis est un projet phare du  Samusocial de Paris1. Retour sur trois années d’activités qui ne demandent qu’à continuer.

Femme Oasis

 

Pour s’offrir une pause dans leur quotidien éminemment compliqué, stressant et cause d’isolement, les femmes en situation de très grande précarité ont pu, à partir du 21 mars 2019, pousser la porte de l’Oasis. « C’est une structure absolument unique en son genre », résume d’entrée Nadège Letellier, qui en a été la responsable, dès janvier 2020. Son équipe, composée d’une infirmière, d’une travailleuse sociale, d’une animatrice et d’une maîtresse de maison, s’est appuyée sur une myriade de partenaires, professionnel·les et bénévoles. Objectif : proposer aux femmes un accompagnement complet, dans un lieu d’écoute attentive où tisser un lien social redevient possible, pour avancer ensemble.

Un lieu intimiste, calme et sans hommes

La vocation première de l’Oasis est évoqué dans son nom : offrir, inconditionnellement et immédiatement, un havre de paix ; un lieu intimiste, calme et sans hommes, pour se reconstruire à son rythme. Tout l’inverse de ce que la vie, ou plutôt la survie, dans la rue impose quotidiennement à ces femmes. Nadège Letellier et son équipe l’ont constaté à maintes reprises : la perspective de prendre une douche et/ou de profiter d’une collation est le plus souvent un prétexte à engager la conversation, entre elles ou avec le personnel présent, de manière anonyme et respectueuse. Seule obligation pour l’usagère : donner un ou son prénom. La suite se fait selon ses besoins, qu’ils soient d’ordre médical, paramédical ou social.

Tout un écosystème de services réunis en un même lieu

L’Oasis, 188 rue de Charenton (dans les locaux du Bain-douche parisien), est entièrement financé par la générosité de mécènes et soutenu, depuis le premier jour, par la Mairie de Paris et la Mairie du 12e arrondissement. Il réunit tout un écosystème de services autour du prendre soin de soi : hygiène (douche, laverie, vêtements d’urgence), soin (psychologue, podologue, gynécologue…), détente mais aussi accompagnement social (accès aux droits, conseils d’avocat, etc.) et vers l’emploi. Grâce au soutien et à la disponibilité de nombreuses associations, les usagères participent également à des animations créatives, des séances de jardinage, des sorties culturelles et même des fêtes organisées à l’Oasis. À tel point qu’environ quatre-vingt femmes sont devenues des habituées du lieu.

De l’urgence de faire renaître l’Oasis

L’Oasis a été victime de son succès et les locaux qui ont permis de lancer le projet se sont révélés inadaptés dans la durée : devenus trop étroits face à une fréquentation en constante augmentation, ils imposaient le montage et le démontage quotidien du matériel, tandis que manquaient salles de repos et d’activités, et espace de stockage … Cette inadaptation a contraint le Samusocial de Paris à fermer l’Oasis. Depuis le 29 mars dernier, tous les acteurs concernés sont donc en quête d’un nouveau lieu pour le faire renaître, en urgence. Et Nadège Letellier de conclure, avec force et conviction : « L’idéal serait de trouver un lieu d’environ 400 m² prolongé par une cour, dans Paris intramuros. Et, si sa configuration le permet, d’y installer six ou sept lits pour offrir les services d’une halte de nuit ».
Avis aux intéressés.


Un bilan plus que positif

En 3 ans, l’Oasis représente :

  • 9 931 passages pour un total de 999 femmes sans-abris
  • 4 447 douches prises (45% des passages)
  • 2 709 kits d’hygiène remis gratuitement
  • 538 lessives réalisées
  • 186 consultations infirmières
  • 174 consultations de podologie
  • 158 consultations de psychologie
  • 23 opérations de distribution de vêtements, chaussures, sous-vêtements, cosmétiques, etc
  • Et d’innombrables belles histoires de « réappropriation de soi ».

1La création de l’Oasis est né des résultats de l’enquête de la 1ère « Nuit de la solidarité », en 2018, et de celle de l’Observatoire du Samusocial de Paris, en collaboration avec « La Halte femmes ». Ces enquêtes montraient que 14% des sans abri étaient des femmes, et que  les services disponibles ne répondaient pas à tous leurs besoins.
 


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