Les 1 000 premiers jours, de la conception aux deux ans révolus de l’enfant, constituent une période déterminante pour son développement, sa santé et celle de l’adulte qu’il deviendra. Cette fenêtre critique représente un levier majeur des politiques publiques de prévention et de réduction des inégalités sociales de santé. Elle appelle la mise en œuvre d’interventions précoces, coordonnées et ciblées en santé maternelle et infantile, afin de promouvoir des environnements favorables au développement harmonieux de l’enfant dès les premières étapes de son parcours de vie.
1 000 premiers jours, reconnaissant l’importance déterminante de cette période pour la santé future des enfants et la prévention des inégalités. Si cette orientation marque une évolution en faveur de la prévention précoce, sa mise en oeuvre demeure « trop partielle, avec une insuffisante prise en compte de la qualité et de la sécurité des soins périnatals, qui participe des faibles performances de notre pays en la matière » comme le souligne la Cour des comptes.
Les indicateurs de santé périnatale se dégradent depuis les années 2010. Cette évolution se traduit notamment par la hausse de la mortalité infantile, qui atteint désormais 4,1 décès pour 1 000 naissances. Avec ce niveau, la France se situe au 23e rang sur 27 États membres de l’Union européenne, soulignant l’urgence de renforcer la politique de périnatalité par des actions de prévention et d’accompagnement.
En outre, la stratégie des 1 000 premiers jours demeure insuffisamment adaptée aux situations de grande pauvreté, et à la considération des déterminants sociaux de la santé, alors même que la précarité constitue un déterminant majeur de la dégradation de la santé périnatale.
La situation des femmes enceintes, des mères et des nouveau-nés sans domicile
est particulièrement alarmante. La littérature scientifique internationale documente clairement l’ampleur des risques auxquels ces publics sont exposés : continuum de violences, santé mentale dégradée, vulnérabilités sanitaires multiples et obstacles cumulés dans l’accès aux soins. Pour autant, leur situation demeure largement sous-documentée en France, tant dans la recherche scientifique que dans l’élaboration des politiques publiques.
Cette invisibilisation est d’autant plus préoccupante que le nombre de famillescsans domicile avec de jeunes enfants ne cesse de croître.
En 2025, environ 3 500 nouveau-nés ont commencé leur vie sans domicile en Île-de-France. (Ramblière, L., & Iasagkasvili, M. (2026, mars). REPRES – Rapport n°1 : Comprendre la situation sociale ainsi que l’état de santé physique et psychique des femmes sans domicile en période périnatale. Samusocial de Paris & Réseau Solipam).