ÉtuCris : qui sont ces étudiant·es qui grossissent les rangs de l’aide alimentaire ?

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20 Octobre 2022
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ÉtuCris : qui sont ces étudiant·es qui grossissent les rangs de l’aide alimentaire ?

Des étudiant·es en état de faim modéré à sévère pour 26% d’entre eux et, à 36%, en état dépressif majeur : voilà, parmi les exemples les plus extrêmes, ce qui ressort d’une enquête que l’Observatoire du Samusocial de Paris a mené de décembre 2021 à avril 2022 et dont le rapport vient de paraître.

Étude de grande envergure, ÉtuCris – comme Étudiantes et étudiants en crise, à l’aide alimentaire – s’est penchée avec attention sur ces jeunes adultes, inscrits dans l’enseignement supérieur pour espérer un avenir meilleur et qui viennent chercher, parfois d’assez loin, l’aide alimentaire francilienne.

 

Des étudiant·es particulièrement vulnérables

En plus d’en dessiner un portrait sociodémographique très précis, ÉtuCris alerte sur les conditions de vie difficiles de ces étudiant·es qui ont recours à cette forme d’aide sociale, en moyenne une fois par semaine. Leur présence accrue sur les lieux de distribution s’explique en grande partie par le fait que, hormis des étudiant·es français·es et boursier·es à faible taux, ils·elles sont majoritairement d’origine étrangère (voir encadré). Ils·elles sont confronté·es à de nombreux obstacles administratifs bloquant leur accès aux soins, au logement et à l’emploi les rendant ainsi particulièrement vulnérables.

Des étudiant·es qui cherchent à s’en sortir

Le volet qualitatif de cette enquête montre, en effet, que sur les 38 étudiant·es reçu·es en entretien approfondi, 6 ont révélé avoir vécu une expérience de sans-abrisme. Lorraine Guénée, sociologue et coordinatrice de l’enquête, conclut : « Loin d’être suffisant, le recours à l’aide alimentaire permet tout de même à ces étudiants de faire quelques économies, notamment pour obtenir un logement. Il est également un moyen pour elles·eux de prendre connaissance des dispositifs qui existent pour les aider à s’en sortir ».

Quelques chiffres à retenir

  • 40 enquêteurs et enquêtrices bénévoles sur le terrain et par téléphone
  • 477 questionnaires anonymes analysés
  • 285 femmes face à 192 hommes
  • 81% des personnes interrogées sont nées à l’étranger
  • 56% d’entre elles sont arrivées récemment en France
  • 42% sont en situation de blocage administratif (documents de séjour, carte Vitale, aides au logement…)
  • 69% des étudiant·es interrogé·es ont du mal à finir le mois avec leur budget
  • 24,5 ans de moyenne d’âge