En 2018, à l’initiative de la Maison de la Poésie de Paris, un atelier d’écriturevoit le jour au sein d’un centre d’hébergement d’urgence du Samusocial deParis. Chaque mercredi, des personnes aux histoires singulières se retrouventpour écrire, lire, se raconter. Au fil du temps, un lien de confiance se construitet un cercle poétique, ouvert à toutes et tous, se forme. Ils s’appellent désormais les Alphabètes.
Dans le cadre des Nuits de la Lecture 2026, le Centre des monuments nationaux a invité le collectif à imaginer une exposition autour de Notre-Dame de Paris et de Victor Hugo. Pendant plusieurs mois, les Alphabètes se sont plongés dans l’écriture, convoquant leurs souvenirs, leurs émotions, ou encore l’image encore vive de l’incendie de 2019.
Les textes qui en sont nés sont traversés par des images fortes : les gargouilles, ces créatures à la fois repoussantes et utiles, qui veillent sur l’édifice depuis l’extérieur, sans jamais pouvoir y entrer. Mais ils parlent aussi de la forêt de chênes cachée dans la charpente, des étoiles que l’on cherche les yeux levés devant un monument qui nous dépasse. Ils parlent aussi, en filigrane, de ceux qui se sentent trop petits pour de si grands lieux et qui y trouvent pourtant leur place.
Ainsi est née Dans le pouls silencieux des pierres, une exposition qui a été présentée dans la Tour de Notre-Dame de Paris du 20 janvier au 1er février.
Avant cela, les Alphabètes ont eu l’occasion de restituer leurs écrits à la Conciergerie. Une soirée où les voix des membres du collectif ont résonné entre ses murs. Parmi elles, celle d’une femme qui participe aux ateliers depuis leur création et qui a mis des années à oser franchir le pas de l’écriture.
« Quand il y a quelque chose de fermé, après tu enlèves le toit et maintenant je peux respirer », dit-elle pour parler de l’écriture.
Le collectif les Alphabètes, au cœur de la Tour de Notre-Dame Paris.
Nous avons eu la chance de les accompagner lors de la visite de la tour, pour qu’ils découvrent leurs propres poèmes accrochés dans l’édifice. Un moment chargé d’émotion : certains n’en revenaient pas de voir leurs mots ainsi exposés, d’autres arboraient une fierté tranquille et lumineuse. Tous ont pu monter au sommet de la tour et contempler l’une des plus belles vues de Paris, un panorama qui faisait étrangement écho aux mots qu’ils avaient eux-mêmes écrits, comme si la ville venait confirmer, du haut de ses toits, ce qu’ils avaient pressenti en écrivant.
Si vous n’avez pas pu y assister, vous pouvez découvrir certains de leurs textes sur le compte Instagram des Alphabètes :
@les_alphabetes.