Retour sur la première mobilité Erasmus+ à Berlin

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18 Mai 2026
Retour sur la première mobilité Erasmus+ à Berlin

Alice Pederos-Cornillet, responsable de l’équipe mobile de lutte contre la tuberculose (EMLT) et du LHSS Saint-Michel, revient sur sa mobilité Erasmus+ à Berlin. Ce projet, porté par le Pôle Dispositifs de Soins (PDS), concerne spécifiquement l’EMLT et la Mission Migrants dans le but d’enrichir les pratiques de terrain auprès de ces publics.

C’est dans ce cadre qu’une première équipe du Samusocial de Paris a fait le déplacement à Berlin pour aller à la rencontre de l’association FixPunkt. Erasmus+ est un programme européen qui permet aux professionnels de partir à l’étranger pour élargir leurs horizons et tisser des liens avec des homologues européens.

Pourquoi Berlin ?

Le choix de Berlin n’est pas anodin. En Allemagne, la culture de la réduction des risques liés aux drogues est bien plus avancée qu’en France. Des salles de consommation à moindre risque existent depuis les années 2000, y compris sous forme de camions mobiles. Les personnes usagères de drogues ne sont pas invisibilisées ni repoussées en périphérie. Un modèle de société qui a tout de suite interpellé l’équipe.

Sur le terrain avec FixPunkt

L’équipe a rencontré l’association FixPunkt, qui gère plusieurs dispositifs de réduction des risques à Berlin : salles de consommation supervisée, accompagnement à la réinsertion et, fait particulièrement marquant, le travail avec des usagers pairs, c’est-à-dire des personnes ayant une expérience vécue de la consommation, impliquées comme intervenants dans les structures.

Deux jours intenses sur le terrain

L’équipe a fait le déplacement en train, conformément aux critères de mobilité douce de l’appel à projet. Deux jours pleins d’immersion ont suffi pour revenir la tête pleine. Visite de salles de consommation, maraude avec une équipe locale et rencontre avec des intervenants en réinsertion travaillant avec des usagers pairs.

« Ça m’a remis au centre de mes missions. Je suis repartie avec plein d’idées. Aller voir ailleurs comment ça se passe, ça vient aussi parfois appuyer le quotidien de notre travail. » – Alice

Des idées à transposer au Samusocial de Paris

Plusieurs pratiques ont particulièrement interpellé Alice et l’équipe :

  • Les outils de médiation avec le voisinage : À Berlin, un petit livre illustré explique aux enfants comment réagir s’ils croisent une personne usagère de drogue en difficulté ou une seringue. Une démarche de communication de proximité inspirante.
  • Le rôle d’accueil confié aux personnes accompagnées : Pourquoi ne pas confier à la personne la plus ancienne d’un dispositif le soin d’accueillir les nouveaux arrivants ? Présenter la structure, les règles de vie, indiquer les commerces… Autant de missions qui pourraient renforcer le lien social et le sentiment de responsabilité.

Perspectives pour le projet

Cette première mobilité a montré la voie. Actuellement, les équipes de l’EMLT et de la Mission Migrants vont poursuivre ces échanges avec leurs homologues européens sous l’impulsion de leurs responsables. Si cette dynamique porte ses fruits, le Samusocial de Paris pourra envisager d’étendre le montage de tels projets à d’autres équipes intéressées.

La construction du projet demande environ 3 mois de préparation (identification du partenaire, calendrier, administratif). Côté langue, s’il est nécessaire d’avoir un vocabulaire lié à sa mission, cela ne requiert pas un niveau C2 en anglais. Au retour, un livrable est à produire (un retour d’expérience), ça se fait facilement si on s’y met rapidement.

« Ça vient appuyer le sens qu’on a à ce qu’on fait. Ça remet du sens là où dans le quotidien on l’oublie parfois. » Alice