Comité du 18e arrondissement

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27 Août 2026
comités de personnes hébergées à l’hôtel à Paris

Comité du 18ème Arrondissement

À l’origine du dispositif des comités de personnes hébergées à l’hôtel, il y a celui du 18e arrondissement de Paris. Le tout premier créé, l’ancêtre de tous les autres qui ont essaimé depuis dans la capitale. Rencontre avec Zéliaformatrice au Samusocial de Paris, qui en coanime aujourd’hui l’organisation.

Un comité né d’une mobilisation collective

Le comité du 18e voit le jour à l’initiative de la Maison des Solidarités. Il est coanimé par deux personnes de la Maison des Solidarités et côté Samusocial de Paris, par Zélia avec l’appui de Dolorès, intervenante socioculturelle. Mais il doit aussi beaucoup aux personnes hébergées elles-mêmes, mobilisées depuis le tout début et pour certaines fidèles au poste depuis la création du groupe. 

À ses débuts, le comité était presque entièrement tourné vers le quotidien à l’hôtel : « Trois quarts des échanges étaient tournés sur ça, sur les difficultés aussi à s’alimenter, les difficultés autour de l’accès aux associations », dit Zélia. Ce constat a donné naissance à des outils concrets grâce à la collaboration des personnes du comité, du Samusocial de Paris et de la Ville de Paris avec un livret par quartier recensant les ressources associatives locales (domiciliation, aide alimentaire, épiceries solidaires) et un forum annuel dédié aux dispositifs accessibles aux personnes hébergées à l’hôtel dans le 18e. 

Ces projets perdurent, mais le comité a élargi son champ. Les problématiques liées à l’hôtel sont désormais abordées en fin de réunion plutôt qu’au cœur des échanges, laissant place à d’autres sujets comme les stages ou les mesures éducatives en protection de l’enfance.  

Un espace différent à chaque rencontre

Autre spécificité, à chaque séance le groupe se retrouve dans un lieu culturel ou associatif différent du 18e arrondissement de Paris. Un partenaire présente son lieu, avant que la discussion ne se poursuive autour de thématiques portées par les participant·es. La séance précédente avait eu lieu au Ci’Ney, un cinéma-restaurant solidaire tout nouveau, qui héberge aussi la mission locale et une épicerie sociale. Cette fois, direction le Jardin des Traverses, un espace gratuit aménagé sur les rails réhabilités de la Petite Ceinture, dont les ateliers gratuits autour du jardinage qui a beaucoup plus aux personnes du comité présentes. 

Le comité rencontre aujourd’hui un succès grandissant, au point de nécessiter une nouvelle animation. Ce jour-là une vingtaine de personnes avaient confirmé leur venue, accompagnées de leurs enfants, portant les prévisions à 35 participant·es. « Ça devient un groupe où c’est compliqué d’échanger », reconnaît Zélia. Pour y remédier, l’équipe prévoit de tester dès septembre un fonctionnement en sous-groupes thématiques, tout en conservant des temps collectifs.

Des effets concrets, du quotidien à l’entraide

Au-delà des échanges, Zélia observe des retombées bien réelles. Elle cite l’exemple d’une mère dont l’hôtelier refusait un colis contenant les traitements médicaux de son enfant, remontée par le comité, la situation a pu être débloquée. 

C’est surtout la dynamique d’entraide entre les personnes hébergées qui la frappe. Le groupe WhatsApp est devenu un espace de partage spontané. Par exemple, une participante bien insérée dans des réseaux de formation y relaie des opportunités gratuites, quand une autre, informaticienne, aide les autres à s’inscrire en ligne à travers de petits tutoriels. « Il y a vraiment une entraide », résume Zélia. Cette autonomie est justement l’un des objectifs du dispositif, permettre aux personnes de connaître les ressources par elles-mêmes, sans dépendre systématiquement de leur assistant·e social·e. Un enjeu particulièrement important pour celles qui ne sont pas accompagnées. 

Le comité reste aussi un lieu d’écoute pour les difficultés d’accompagnement, remontées ensuite par l’équipe. Et il ouvre sur d’autres moments partagés, comme une sortie en petit train jusqu’au Théâtre de Chaillot, en mai dernier. Pour Zélia, ces temps collectifs répondent aussi à un besoin plus simple : « Il y a vraiment des femmes qui se sont connues grâce à ce comité. » Une manière de rompre l’isolement et de tisser des liens au-delà de la seule relation avec son assistant·e social·e !