Être TISF en CHU : rencontrer les familles au domicile pour créer du lien

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TS Femmes x2

Avec Ruth et Haoua, TISF au CHU Olympe

  • Ruth, est-ce que tu peux te présenter ?

Ruth : Oui, je suis Ruth TISF de formation. Je suis arrivée au Samusocial en septembre 2023 au CHU Olympe à Montrouge, dans le 92.

 

  • Haoua, est-ce-que tu peux te présenter ?

Haoua : Je m’appelle Haoua, je suis Technicienne de l’intervention sociale et familiale et je travaille au Samusocial depuis avril 2024, au CHU Olympe à Montrouge. J’ai été diplômée en juin 2021.

 

  • Qu’est-ce qui est important pour vous dans votre travail ?

Ruth : Ce qui est très important, c’est l’aspect de la relation d’aide avec des personnes accompagnées. Je trouve que c’est un aspect très fort vu la situation dans laquelle nous avons trouvé les familles, elles étaient dans la méfiance totale au départ.

Ce qui est important dans mon travail, c’est de les approcher et qu’elles soient en confiance. Poser cette relation de confiance, ça aide pour que les gens puissent s’exprimer, et nous partager ce qu’ils vivent.

C’est la première chose importante. Cette confiance m’a permis de réaliser beaucoup d’accompagnement social. En arrivant ici, j’ai réalisé au moins 3 à 4 mois d’expérience de travail social global en mettant en place des accompagnements globaux. Cela m’a permis de faire de l’accès aux droits car il n’y avait pas le TS sur place. L’accompagnement dans les actes de la vie quotidienne auprès des familles monoparentales, les guider dans les activités à mettre en place avec les enfants selon leurs âges, en réalisant des sorties avec des adolescents ou des sorties mère enfants.

J’ai également mie en place des ateliers pour les femmes qui ont exprimé leurs besoins d’apprendre le numérique. Elles ont suivi la formation jusqu’à obtenir des certifications avec Emmaüs Connect avec qui on a un partenariat.

Haoua : Ce qui est important pour moi et dans le travail de TISF, c’est le goût du contact humain. J’interviens auprès des familles pour apporter un soutien technique et surtout dans l’éducation des enfants.

Ce qui est important pour moi, c’est le fait d’aider les personnes qui rencontrent des difficultés et de leur apporter une stabilité dans la situation. Je reconstruis avec la personne son projet personnalisé à partir de ses objectifs.

Mon rôle de TISF est de les aider à trouver une meilleure organisation dans les actes de la vie quotidienne. Et puis j’ai joué un rôle d’accompagnement social, d’insertion et de soutien à la fonction parentale. Mais c’est surtout le fait d’aider, il faut de l’adaptation parce que dans notre travail il faut avoir le sens du relationnel.

Ça demande beaucoup de responsabilités aussi. Il faut être à l’écoute et avoir de la patience et de l’empathie. On est là pour les accueillir, informer, orienter dans les démarches de soins ou l’équilibre alimentaire des enfants par exemple.

 

  • Qu’est-ce que qui est important dans le fait d’aller à domicile auprès des familles ?

Ruth : Pour moi, c’est un temps où j’observe beaucoup et j’écoute beaucoup. À domicile avec les dames, je découvre beaucoup de petits moments qui ne se passent pas au bureau avec moi. Quand je suis au domicile, je découvre beaucoup de besoins, chez elles, elles sont en confiance et me partagent plein de choses pour lesquelles je peux mettre en place des accompagnements.

Pendant les visites à domicile, on échange beaucoup: comme elle gère son quotidien, comment elle gère sa carte Cohésia, comment elle gère les enfants pour le sommeil, comment elle-même elle gère son logement.

Quand les enfants sont présents lors de la visite à domicile, je suis concentrée sur l’aspect lien entre cette mère et ses enfants, comment elle leur parle, c’est cet aspect éducatif que je pose dans les visites à domicile.

Si la mère est seule on se parle, elle peut me poser plusieurs questions sur la gestion du quotidien et l’éducation des enfants. Elle peut poser certaines questions sur sa situation administrative en France. Mais s’il a ses enfants, on parle de l’aspect éducatif, au bureau le temps est très court, on se concentre soit à renouveler l’AME ou bien on va faire la CAF, mais au domicile, c’est plus large.

 

Haoua : Quand je fais les visites à domicile, j’apprécie les moments d’échange, pour créer le lien de confiance. Je peux co-construire le projet avec la personne, échanger avec elle, connaître ses besoins, évaluer la situation et puis voir avec elle ce que je peux mettre en place. Je peux observer la relation entre parents et enfants, comment la personne est organisée, les actes de la vie quotidienne pour lui donner les conseils à la gestion du budget et l’aménagement du logement, l’alimentation des enfants. C’est plus facile au domicile qu’au bureau pour qu’elles se confient à nous et on les rassure. On n’impose, rien, on est là pour proposer, chercher des solutions ensemble. On n’est pas dans le jugement. Il faut toujours mettre leurs compétences en avant pour bien travailler avec elles.

Les personnes sont fragiles quand même, on est là pour les rassurer, pour les aider, faire évoluer leur situation, et qu’elles puissent trouver leur autonomie, donc ça ne se fait pas du jour au lendemain. On fait des petits pas et des petits gestes.

 

  • Si vous aviez une baguette magique, qu’est-ce que vous aimeriez voir évoluer dans votre travail?

Ruth : L’accès au droit, travailler sur les problématiques du logement. Les personnes se posent souvent la question de savoir à partir du niveau de leur pays d’origine comment faire pour l’équivalence de leurs diplômes ou pour faire un autre métier. Donc, j’aimerais orienter vers l’insertion professionnelle.

 

Haoua : J’aimerais faire évoluer mes compétences pour accompagner mieux les résidents, comprendre les droits sociaux pour bien les orienter.

Et sur l’éducation des enfants, le développement de l’enfant. On est là quand même pour qu’ils puissent trouver une autonomie. Ils ne seront plus avec nous, il faut qu’ils sachent faire leurs démarches tranquillement, sans aide de quelqu’un d’autre. J’aimerais monter mes compétences pour orienter mieux les personnes accompagnées.

 

  • Est-ce que vous aviez des choses à rajouter que vous aimeriez dire?

Ruth : L’aspect du travail en équipe. Le fait qu’on soit 2, on a des situations parfois complexes dans les familles. On se complète.

Le fait qu’on ait aussi Emmanuelle ( éducatrice spécialisée) avec nous je sens que on fait équipe avec 3 visions: la vision d’une éducatrice spécialisée et nous TISF c’est une force.

Haoua : Ce qui est bien dans notre équipe, c’est qu’on est dans l’échange tout le temps. On est à l’écoute, ça nous facilite le travail pour organiser et améliorer l’accompagnement des résidents.