Le travail social en Lits Halte Soins Santé (LHSS)

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Travailleur social avec homme agé

Avec Esther Masser, CESF au LHSS Ridder et Kréola Cuevas, CESF au LHSS Ridder

 

  • Est-ce que vous pouvez vous présenter ?

Kréola : Kréola Cuevas, je travaille au LHSS Plaisance depuis 2 ans. Je suis conseillère en économie sociale et familiale (CESF) de formation.

 

Esther : Esther Massez, je suis également CESF de formation. Je travaille au LHSS Ridder depuis 2013 sur le même site que le LHSS Plaisance.

 

  • Est-ce que vous pouvez nous présenter les LHSS ?

Nous sommes situés au 12 rue de ridder dans le 14ème arrondissement. Il y a deux LHSS dans le même bâtiment qui accueillent 33 personnes sans abri, majeures (soit 66 personnes au total). Il s’agit de personnes isolées, hommes ou femmes, qui ont un besoin de soins aigus mais qui ne nécessitent plus une hospitalisation. Les personnes accueillies bénéficient d’un hébergement avec un suivi médico-social.

L’équipe se compose d’un travailleur social, d’un responsable, d’infirmiers, de médecins généralistes, d’aides-soignants et d’auxiliaires de vie, d’agents de restauration, d’agents d’accueil, d’une lingère, d’agents d’entretien (un poste d’animateur est en cours de recrutement). Des soignants extérieurs interviennent également comme l’équipe mobile psy composée d’un médecin psychiatre, d’une infirmière psy et d’une neuropsychologue. Une orthophoniste, une kinésithérapeute interviennent dans la structure.

Un accueil est possible pour les personnes à mobilité réduite au rez-de-chaussée sur les LHSS Ridder (accès extérieur avec un monte-charge).

 

  • Est-ce que vous pouvez nous expliquer quelles sont les spécificités du travail social en LHSS?

La spécificité en LHSS est le travail en équipe pluridisciplinaire car nous sommes un site médico-social. Côté travail social: nous proposons un accompagnement social global individuel. Le manque de temps ne nous permet pas de proposer des actions collectives.

 

  • Sur quelle démarche accompagnez vous le plus ?

Nous accompagnons les personnes dans le cadre d’ouverture et de maintien de droits. Nous faisons des orientations vers le droit commun. Par exemple, des démarches liées aux documents d’identité, aux impôts, à l’assurance maladie, aux revenus, à la préfecture et cetera. Nous travaillons sur l’orientation en hébergement et en logement à la suite du séjour en LHSS. Nous sommes amenées à formuler des demandes de mise sous protection. Nous pouvons également travailler le budget, mais ce n’est pas la majorité. Enfin, la spécificité de notre travail reste l’accès à la santé. Toutes les orientations prennent en compte l’état de santé des personnes et sont réfléchies en équipe médico-sociale. Nous travaillons en collaboration avec les juristes du service JADE et les coordinateurs de la Mission Interface dans le cadre de permanences directement proposées au LHSS.

 

  • Quels sont les leviers et les difficultés du travail social en LHSS?

La difficulté de la régularisation est un vrai frein. Cela rend difficile l’accès aux projets d’insertion socio-professionnels ainsi que les orientations. Il manque des dispositifs d’hébergement ou de logement adaptés à notre public (exemple: personnes souffrant du syndrome Korsakoff, personnes ayant des addictions et/ou des troubles psychiatriques etc.). Nous constatons parfois que venir du Samusocial peut être mal perçu.

L’autre difficulté est le manque de places dans les structures du volet handicap : FAM, MAS. Les orientations faites par le SIAO sont plus régulières.

 

  • Qu’est-ce qui vous plaît au quotidien dans votre travail ?

La richesse des situations rencontrées. Nous rencontrons des situations très variées et nous continuons à apprendre tous les jours. Le profil du public peut varier : le doyen a 96 ans et le plus jeune a 17 ans (un mineur qui n’a pas été reconnu mineur non accompagné). Ce sont des parcours de vie singulier, chaque situation est différente. Pour schématiser, autant de personnes que de démarches. Le travail en équipe est très intéressant.
Nous ressentons une frustration due au manque de temps et à la quantité de suivis. Nous aimerions avoir plus de temps pour travailler le partenariat et le collectif et davantage de temps informels avec les personnes accueillies.

 

  • Est-ce qu’il a des choses que vous souhaiteriez rajouter sur le travail social en LHSS ?

Parfois, on voit bien qu’il y a des orientations qui ne vont pas avoir lieu parce que les LHSS sont méconnus notamment des hôpitaux. En parler est intéressant et peut permettre plus de possibilités d’orientation aussi: « switch» entre LHSS et d’autres structures. Jusqu’à maintenant, nous n’avions pas d’outils communs en interne. Nous sommes très « système D» au Samusocial de Paris. C’est pour cela que l’institution a à cœur de remettre la parole des personnes accueillies au centre de l’accompagnement et de la tracer plus précisément au travers de la mise en place des outils de la loi de 2002-2 (contrats de séjour, projets personnalisés etc.).

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