À l’occasion de la Semaine nationale des Pensions de Famille, le Samusocial de Paris met en lumière l’Alchimie des Jours, sa pension de famille située dans le 19ᵉ arrondissement de Paris. L’occasion de mieux faire connaître ces dispositifs encore méconnus qui permettent à des personnes ayant connu des parcours de grande précarité de retrouver un logement durable, mais aussi un environnement propice à la reconstruction.
Les pensions de famille accueillent des personnes qui, après des parcours marqués par la rue, l’hébergement d’urgence, l’isolement ou des difficultés de santé, ont besoin de stabilité et de temps pour se reconstruire.
À mi-chemin entre l’hébergement et le logement social, elles offrent un logement individuel tout en permettant de bénéficier d’un accompagnement adapté et d’une vie collective choisie.
Pour Léa Turchi, responsable de l’Alchimie des Jours, c’est précisément ce qui fait la force de ces dispositifs : « Les pensions permettent de retrouver un chez-soi tout en ayant la sécurité et la possibilité de compter sur une équipe et ses voisin·es. Elles sont à la frontière de l’hébergement et du logement social et permettent vraiment de retrouver un statut de résident et de citoyen pleinement intégré dans le quartier ou le territoire où elles se situent. »
À l’Alchimie des Jours, la vie collective occupe une place centrale. Cafés-débats, repas partagés, sorties culturelles, ateliers créatifs ou encore événements festifs sont autant d’occasions de créer des liens et de lutter contre l’isolement.
Depuis l’arrivée d’une animatrice en septembre 2024, cette dynamique s’est encore renforcée. « La création d’un collectif solide. Il y a beaucoup plus de liens entre eux. Ils arrivent à mieux exprimer leurs envies et leurs besoins. L’accompagnement est donc plus global, en améliorant leur santé mentale notamment. »
L’équipe constate également une meilleure appropriation des espaces de vie par les résident·es, tant dans leur logement que dans les parties communes, grâce aux projets collectifs et aux aménagements réalisés ensemble.
Pour les personnes qui y vivent, les bénéfices dépassent largement la question du logement. « On est une famille. Entre voisins, quand on mange ou quand on voyage, on partage beaucoup ensemble. »
Une résidente témoigne : « Il y a une voisine qui est devenue ma copine. On va au marché ensemble. Aujourd’hui, elle m’a fait à manger pour moi. »
D’autres évoquent la liberté retrouvée : « On est libre de sortir et de rentrer chez nous même si c’est petit. »
Ces témoignages illustrent l’un des objectifs fondamentaux des pensions de famille : permettre aux personnes accompagnées de retrouver des repères, des relations de confiance et une place dans la vie de leur quartier.
Cette dynamique collective se concrétise également à travers les projets menés par les habitant·es eux-mêmes. Cette année, l’Alchimie des Jours organise la deuxième édition de son festival solidaire, qui se tiendra au Rosa Bonheur.
Au programme : concerts, tombola et vente de gâteaux préparés par certain·es résident·es.
L’objectif est de financer un séjour de vacances à Cabourg prévu en octobre prochain. Mais au-delà de l’aspect financier, ce projet est avant tout une aventure collective. Les résident·es participent activement à son organisation et s’investissent pleinement dans sa réussite.
Les pensions de famille constituent une réponse essentielle pour des personnes qui ont besoin de temps pour reprendre pied après des parcours souvent difficiles. Elles offrent bien plus qu’un logement : un cadre de vie stable, des relations de proximité et la possibilité de construire de nouveaux projets.
Comme le résume l’un·e des résident·es de l’Alchimie des Jours : « On est venus en pension de famille pour de mauvaises raisons et au final on est contents d’être là. »
Une phrase qui rappelle que derrière chaque pension de famille, il y a avant tout des personnes qui reconstruisent progressivement leur quotidien, retrouvent des liens et réinvestissent leur place dans la société.