Nos enquêtes

LA GROSSESSE ET SES MALENTENDUS

Rapport du volet anthropologique du projet RéMI (Réduction de la mortalité infantile, périnatale et néonatale en Seine-Saint-Denis)

Quels problèmes rencontre-t-on au cours de sa grossesse ? Qu'en fait-on ? Que nous font-ils ? Ces questions simples ont guidé une enquête ethnographique auprès de femmes enceintes, résidant en Seine-Saint-Denis et reflétant différents aspects de la précarité (sociale).

Plus précisément, elles nous ont conduit à suivre pas à pas un nombre limité de femmes au cours de leur grossesse, dans l'ensemble de leurs rendez-vous et consultations, avec des soignants, des intervenants sociaux, et d'autres interlocuteurs, qui jouent un rôle direct ou influencent indirectement le déroulement et l'expérience de la grossesse.

Ces interrogations nous ont également amenés à prendre en compte le point de vue des professionnels de santé, sur les principaux problèmes vécus par les femmes. Au fur et à mesure des suivis ethnographiques et des entretiens avec les soignants, nous avons documenté et examiné ce que l'on pourrait appeler une logiqie de malentendus réciproques. 

Date de publication du rapport : novembre 2015

ENFANTS ET FAMILLES SANS LOGEMENT PERSONNEL EN ÎLE-DE-FRANCE

Soutien : Le projet ENFAMS existe grâce au soutien financier de différents partenaires : l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France (ARS), le Cancéropôle Ile-de-France, la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), la Fondation de France, la Fondation Macif, la Fondation Sanofi Espoir, la Fondation State Street, l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), l’Institut de recherche en santé publique (IReSP), l’Institut de veille sanitaire (InVS), le Ministère de l’Intérieur, l’Observatoire national de l’enfance en danger (ONED) et l’entreprise Procter et Gamble.  

Les familles – des ménages composés d’enfants avec leur(s) parent(s) – constituent une part croissante de la population sans domicile. L’enquête ENFAMS (Enfants et familles sans logement) est la première, en France, à porter spécifiquement sur cette population.

Dans une perspective de sciences sociales et d’épidémiologie, elle vise à décrire les trajectoires, les conditions de vie et l’état de santé des familles, ainsi qu’à estimer la taille de la population à un moment donné.
Au premier semestre 2013, 801 familles ont ainsi été interrogées, en Ile-de-France. Elles étaient alors hébergées en centre d’hébergement d’urgence, en centre d’hébergement et de réinsertion sociale, en hôtel social, ou en centre d’accueil pour demandeurs d’asile. Pour participer à l’enquête elles devaient comprendre au moins un enfant de moins de treize ans, et parler une des 17 langues de l’étude.

Chaque famille éligible, consentant à participer à l’étude, a été rencontrée à deux reprises, au sein de sa structure d’hébergement. Dans un premier temps, un binôme d’enquêteurs (dont un psychologue) a interrogé un des parents et, le cas échéant, un enfant, et réalisé un test psychométrique. Dans un second temps, des mesures anthropométriques et des prélèvements ont été faits par une infirmière. Ce rapport présente les premières analyses issues de ces données.

Il apparaît d’abord que les familles entrent dans le système d’hébergement après un parcours personnel et résidentiel heurté, à l’issue duquel elles paraissent avoir épuisé différentes formes d’accueil – limitées notamment par une grande précarité administrative. Elles se retrouvent alors vulnérables à différents titres. Entre autres indicateurs, une pauvreté et une insécurité alimentaire généralisées traduisent le fort dénuement matériel dans lequel sont plongés ces ménages. Les familles sont en outre exposées à une forte mobilité résidentielle, souvent imposée et non préparée, qui complique considérablement leur accès aux institutions, aux services sociaux, à l’école, ou encore à la santé. Les indicateurs de santé retenus sont d’ailleurs alarmants, que l’on s’intéresse à la santé physique, à la santé mentale ou encore au recours aux soins. La situation des enfants, notamment, est particulièrement préoccupante.

Ces premières analyses dressent donc un tableau assez sombre, qui appelle des réformes claires du système d’hébergement, au premier rang desquelles figure la limitation de l’instabilité résidentielle.   

Les questionnaires :

Au parent
Au parent sur l'enfant de 0-5 ans
Au parent sur l'enfant de 6-12 ans
A l'enfant de 6-12 ans
Questionnaire infirmière
          
Contacts : Guyavarch E (e.guyavarch@samusocial-75.fr)

                  Le Méner E (e.lemener@samusocial-75.fr)

Les articles 

Arnaud A, Lioret S, Vandentorren S, Le Strat Y. Anaemia in homeless children in the Paris region: the ENFAMS survey. Eur J Public Health. 2017 Nov 17. doi: 10.1093/eurpub/ckx192. [Epub ahead of print]

Vandentorren S, Le Méner E, Oppenchaim N, Arnaud A, Jangal C, Caum C, Vuillermoz C, Martin-Fernandez J, Lioret S, Roze M, Le Strat Y, Guyavarch E. Characteristics and health of homeless families: the ENFAMS survey in the Paris region, France 2013. Eur J Public Health. 2016 Feb;26(1):71-6. doi: http://dx.doi.org/10.1093/eurpub/ckv187. Epub 2015 Oct 28.

Guthmann JP, Mansor-Lefebvre S, Lévy-Bruhl D, Caum C, Arnaud A, Jangal C, et al. Couvertures vaccinales chez les enfants sans logement d’Île-de-France : résultats de l’enquête Enfams, 2013. Bull Epidémiol Hebd. 2015;(36-37):686-92. http://www.invs.sante.fr/beh/2015/36-37/2015_36-37_5.html

Vandentorren S, Le Méner E, Oppenchaim N, Arnaud A, Jangal C, Caum C, et al. Caractéristiques sociodémographiques et santé des familles sans logement en Île-de-France : premiers résultats de l’étude Enfams, 2013. Bull Epidémiol Hebd. 2015;(36-37):679-85. http://www.invs.sante.fr/beh/2015/36-37/2015_36-37_4.html

Lefeuvre D, Delmas MC, Marguet C, Chauvin P, Vandentorren S. Asthma-Like Symptoms in Homeless Children in the Greater Paris Area in 2013: Prevalence, Associated Factors and Utilization of Healthcare Services in the ENFAMS Survey. PLoS One. 2016 Apr 15;11(4):e0153872. doi: 10.1371/journal.pone.0153872. eCollection 2016.

Emmanuelle Guyavarch, Erwan Le Méner, Stéphanie Vandentorren “Enfance sans logement, enfance en danger ?” Réalités familiales 2014, pp.52-54.
 
Emmanuelle Guyavarch, Elsa Garcin, “ Publics hébergés par le 115 de Paris : une forte progression des familles”, Informations sociales, 2014/2 n° 182, pp. 142-149.
  
Guyavarch, E., Le Méner, E. & Oppenchaim, N. 2014 (en cours d'évaluation). La difficile articulation entre les espaces du quotidien chez les enfants sans-logement. Les annales de la recherche urbaine.
  
Le Méner, E. & Oppenchaim, N., 2014 (à par.). Les contreparties de l’attachement à l’école
des familles sans-logement. Métropolitiques.org.
  
Le Méner E., Diallo A., Guyavarch E., Mozziconacci A., Oppenchaim N., Vandentorren S., Rapport pour l’ONED, à par., avril 2013. "Enfances à l’hôtel. Une enquête exploratoire sur la vie quotidienne des familles à l’hôtel".
 
Le Méner, E. & Oppenchaim, N., 2013. L’intérêt scientifique d’une démarche participative :le cas d’une enquête par questionnaire avec des personnes anciennement sans logement. Nouvelles pratiques sociales, 25(2), p.89.
 
Le Méner, E., 2013a. Quel toit pour les familles à la rue ? L’hébergement d’urgence en hôtel social. Métropolitiques.org.
 
Le Méner, E., 2013b. L’hôtellerie sociale : un nouveau marché de la misère ? Le cas de l’Îlede-France. Politiques sociales et familiales, 114(1), p.718.
 
Le Méner, E. et al., 2013. Enfances à l’hôtel. Une enquête exploratoire sur la vie quotidienne des enfants sans-logement, Paris: ONED / Observatoire du Samusocial de Paris.
  
Le Méner, E. & Oppenchaim, N., 2012. The Temporary Accomodation of Homeless Families in Ile-de-France : Between Social Emergency and Immigration Management.
European Journal of Homelessness, 6(1), p.83103.
  
Emmanuelle Guyavarch, Erwan Le Méner, “ Les familles sans domicile à Paris et en Ile-de-France : une population à découvrir” Politiques Sociales et familiales n°115, pp.80-86, 2012.
  
Emmanuelle Guyavarch, “ La prise en charge par le 115 de Paris : de l’homme seul à la famille avec enfants ” Soin à domicile n°22, septembre-octobre 2011, pp.24-26. 
  
Guyavarch, E. & Le Méner, E., 2010. A Paris, de plus en plus de familles sans domicile. Le magazine de la Feantsa, (Automne), p.19-21.

Les communications

"Homeless-ness is associated with psycho-pathologies" Vandentorren S, Le Méner, E, Oppenchaim N, Arnaud A, Jangal C, Caum C, Vuillermoz C, Martin-Fernandez J, Lioret S, Roze M, Le Strat Y, Guyavarch E.  Eur J Public Health. 2015 Oct ;25(S3). https://doi.org/10.1093/eurpub/ckv174.003

"Food insecurity among homeless families in Paris region in 2013: the French ENFAMS study." Martin-Fernandez J, Lioret S, Arnaud A, Roze M, Caum C, Chauvin P, Vandentorren S.  ISBNPA, 3-6 June 2015, Edinburgh.

"Overweight in homeless children and associated sociodemographic and socioeconomic covariates: the French ENFAMS study" Lioret S, Martin J, Arnaud A, Roze M, Caum C, Vandentorren C.  ISBNPA, 3-6 June 2015, Edinburgh.

"L’état de santé préoccupant des familles sans logement en Île-de-France : premiers résultats de l’étude Enfams." Vandentorren S, Arnaud A, Caum C, Guyavarch E, Jangal C, Le Mener E,  Colloque « Santé et Société » organisé par l'Institut fédératif d'études et de recherches interdisciplinaires santé société (IFERISS). Resp, 2013 Oct, 4121(1004):S203-S344, ISSN 0398-7620, http://dx.doi.org/10.1016/j.respe.2013.07.160

« Séminaire recherche : le mal-logement », CNAF, 10 septembre 2014. « Loger les familles en hôtel social, l’enquête ENFAMS », Emmanuelle Guyavarch et Erwan Le Méner.
 
« Dynamiques locales, vulnérabilités sociales et santé : accessibilité aux soins des familles en situation de mal logement en Ile-de-France », Jangal C., « Espaces précaires, ségrégations et développement des territoires», Séminaire transversal du Master Géographie et Aménagement Université Nanterre Paris OPuest la Défense, 10 Janvier 2013.


« Inégalités territoriales de santé en Ile-de-France : accès, accessibilité et maintien du recours aux soins des enfants et des familles sans logement en Ile-de- France (Etude Enfams) », Jangal C., Colloque International « Futurs Urbains »Université Paris Est, 16-18 Janvier 2013.
 
« Dynamiques locales, vulnérabilités sociales et santé : accessibilité aux soins des familles en situation de mal logement en Ile-de-France », Jangal C., Troisième journée des doctorants du LAVUE, Université Paris Val de Seine, 5-6 Février 2013.
 
« Dynamiques locales, vulnérabilités sociales et santé : Accessibilité aux soins, santé périnatale et infantile des familles en situation de mal logement en Ile-de-France. », Jangal C., Journée d’étude du REHAL Quoi de neuf chercheurs, Paris, 18 juin 2013.
 
« Inégalités territoriales d’accès aux soins en santé périnatale et infantile: Exemple des familles sans logement en Ile-de-France (Etude Enfams) » Jangal C., Colloque international dynamiques urbaines et enjuex sanitaires, Université Nanterre Paris Ouest La Défense, 11-13 septembre 2013.
 
« Méthodologie d’enquête auprès des personnes sans domicile. L’enquête ENFAMS », Caum C., Journée scientifique Epiter au Val de Grâce le 27 septembre 2013.
 
« Enfants et familles sans logement: la situation française », Lapachi G., Caum C., Le Méner E., Congrès 2013 de la FEANTSA: « Investir dans les jeunes pour éviter une génération perdue », 7-8 novembre 2013, Prague.
 
« La traduction en train de se faire : entre bricolage savant et intelligence profane. Le cas d’une enquête par questionnaire sur des familles sans-logement», Hainagiu M., Le Méner E., Colloque international « Traduction et innovation », Université Paris Diderot / UIUC, Paris, décembre 2012
 
« La vie quotidienne d’enfants en hôtel : un compte-rendu ethnographique », Séminaire de sociologie urbaine de M. Berger, Université Catholique de Louvain, Le Méner E., décembre 2012.
 
« Présentation et premiers résultats de la recherche-action sur les enfants et les familles sans logement (ENFAMS)». Vandentorren S., Le Méner E., Séminaire « Situations de grande précarité chez les femmes et les enfants en Ile-de-France : approches pluridisciplinaires », Agence Régionale de Santé d’Ile-de-France, novembre 2012.
 
« Sociologie des sans-domicile et sociologie des migrations : une ignorance mutuelle? Quelques interrogations issues d’une enquête sur les familles « sans logement », Le Méner E., Atelier migrations, EHESS, Paris, novembre 2012.
 
« L’observation : savoir profane ou expertise sociologique ? Comment observer l’alimentation d’enfants vivant en hôtel », Le Méner E., Séminaire « Santé et santé publique:apport des méthodologies en sciences humaines et sociales », Agence Régionale de Santé d’Ile-de-France, octobre 2012. 
 
« La traduction en train de se faire : entre bricolage savant et intelligence profane. Le cas d’une enquête par questionnaire sur des familles sans-logement». Hainagiu M., Le Méner E., Colloque universitaire «  La traduction spécialisée : aspects pragmatiques et interculturels », Université de Gala?i, Roumanie, juin 2012.
 
« Entrer sur le terrain. L’exemple d’une observation participante dans un hôtel social francilien», Séminaire de sociologie urbaine de M. Berger, Université Catholique de Louvain Le Méner E., novembre 2011.
 
« Le projet ENFAMS", Rencontres Solipam  2011 Le Méner E., Paris, novembre 2011 - Lien : http://www.solipam.fr/Rencontres-SOLIPAM-2011,154
 
Intervention à la première table ronde du colloque « Vivre la pauvreté quand on est un enfant », MIPES/DROS/DRIE/CNLE/ONPES Le Méner E., Paris, novembre 2011
 
« Who are the French Homeless Families ? », European Research Conference “Homelessness, Migration and Demographic Change in Europe”, FEANTSA / ENHR / Union Européenne Le Méner E. et Guyavarch E., Pise, septembre 2011

HYGIENE DE LA TETE AUX PIEDS : ECTOPARASITOSES ET AFFECTIONS CUTANEES (HYPTEAC)

Soutien : la Fondation l'Oréal, l'Agence Régionale de Santé, l'Institut de Veille Sanitaire, l'Institut Nationale de Prévention et d'Education pour la Santé, la Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain, Peugeot, State Street, Cooper, Sanofi, GDF Suez, BIC, Blue Link, le Rotary Club et Tisseco Solidaire. 

 

Bien que de nombreuses mesures aient été mises en place pour prendre en charge et limiter la transmission des ectoparasitoses dans les centres d’hébergement, ces dernières restent un problème prégnant pour les personnes fréquentant les différents accueils de jour ou vues par les maraudes de nuit à Paris. Les objectifs de l'enquête HYTPEAC étaient de décrire le profil et le mode de vie des personnes sans domicile et les difficultés qu’elles rencontrent pour prendre soin de leur hygiène, d’estimer la prévalence de la gale et des poux de corps ainsi que des affections dermatologiques au niveau des pieds, et d’identifier les facteurs de risque associés à ces prévalences. L’hypothèse sous jacente était que les prévalences des ectoparasitoses pouvaient être influencées par le type (ou l’absence) d’hébergement.

Ainsi deux enquêtes populationnelles transversales ont été menées auprès des personnes francophones ayant dormi la veille de l’enquête dans l’espace public parisien (dont les Bois de Vincennes et Boulogne) ou dans un centre d’hébergement francilien (centre d’hébergement d’urgence,  de stabilisation,  ou de réinsertion sociale) d’octobre à décembre 2011. Un tirage au sort des lieux d’enquête puis des personnes a été effectué. Des infirmières, formées à la passation d’entretien et à la recherche des signes cliniques d’ectoparasitoses, ont recueilli des données sur les caractéristiques sociodémographiques et sur les conditions de vie et d’hygiène, puis ont réalisé un examen dermatologique, ainsi que des écouvillonnages interdigitaux et des prélèvements cutanés en cas de suspicion de gale.

341 personnes rencontrées dans l'espace public et 667 usagers de centres d’hébergement ont participé à l’enquête. Dans l’espace public, la population présentait des caractéristiques bien distinctes de celle rencontrée dans les centres mais également distinctes de celles décrites dans les autres études françaises auprès des personnes sans-domicile (SAMENTA, SD2001). Malgré une sélection due aux critères d’inclusion (pas de personnes en famille), elle semblait plus âgée, encore plus fortement masculine, et comprenait des personnes sans domicile depuis de nombreuses années.

La prévalence de la gale a été estimée à 6,4 % dans l’espace public et à 0,3 % dans les centres.
La prévalence de la pédiculose corporelle a été estimée à 5,1 % dans l’espace public et à 0,05 % dans les centres.
Les principales affections des pieds étaient des onychopathies (69,3 % et 33,4 %), des kératodermies (57,5 % et 21,7 %), et des intertrigos (27,1 % et 15,1 %).
Dans HYTPEAC-Espace public, l’analyse multivariée de la prévalence de la gale montre une association avec l’âge, le genre, la durée de vie sans domicile, le fait d’avoir vécu en squat au cours des 12 derniers mois et de posséder un duvet personnel ; tandis que l’analyse multivariée de la prévalence de la pédiculose corporelle dans montre une association avec le pays de naissance du répondant, la fréquence de changement de vêtements et la fréquentation des bains-douches.

Aucune analyse multivariée n’a pu être réalisée dans HYTPEAC-Centres du fait des faibles prévalences retrouvées.

Protocole 

Date de publication du rapport: décembre 2013

Contact: A.Arnaud (a.arnaud@samusocial-75.fr)

LES ARTICLES

Arnaud A, Chosidow O, Détrez M-A, Bitar D, HuberF, Foulet F, Le Strat Y, Vandentorren S. Prevalences of scabies and pediculosis corporis among homeless in the Paris region: results from 2 randomized cross-sectional surveys (HYTPEAC study). Br J Dermatol. 2016 Jan; 174(1):104-12. doi: 10.1111/bjd.14226. Epub 2015 Nov 30.

Arnaud A, Chosidow O, Detrez MA, Bitar D, Huber F, Foulet F, et al. Prévalences de la gale et de la pédiculose corporelle chez les personnes sans domicile en Île-de-France en 2011 (enquête HYTPEAC). Bull Epidémiol Hebd. 2015;(36-37):698-707. http://www.invs.sante.fr/beh/2015/36-37/2015_36-37_7.html

« Hygiène et ectoparasitoses chez les personnes sans logement d’Ile-de-France », A. Arnaud, F. Huber, S. Vandentorren. Rapport Inpes, 2013

Les communications

« L’enquête HYTPEAC : originalité de la démarche et premiers résultats », Arnaud A., Journée scientifique de l’Observatoire du Samusocial de Paris, 28 janvier 2013.
 
« Hygiène et ectoparasitoses chez les personnes sans logement d’Ile-de-France ». F. Huber, A. Arnaud, G.Ancelle, Y. Le Strat, F. Foulet, L. Dehen, D. Bitar, O. Chosidow, S. Vandentorren. Journées dermatologiques de Paris, 11-15 décembre 2012. 
 
« Dermatoses des pieds chez les personnes sans domicile. Résultats de l'étude Hygiène, Ectoparasitoses et Affections Cutanées (HYTPEAC) ». F Huber, A Arnaud, G Ancelle, D Che, M-A Detrez, L Dehen, F Foulet, O Chosidow, S Vandentorren. Journées dermatologiques de Paris, 11-15 décembre 2012.
  
« Ectoparasitoses et affections cutanées chez les personnes sans logement en Ile-de-France : aspects méthodologiques ». Arnaud A, Détrez MA, Bitar D, Guyavarch E, Vandentorren S, Le Strat Y, . 7è Colloque Francophone sur les Sondages, le 5 novembre 2012 à Rennes, France.
 
« Ectoparasitoses et affections cutanées chez les personnes sans logement en Ile- de-France ». Arnaud A, Bitar D, Huber F, Foulet F, Laporte A, Vandentorren S. Paris, 2011. Ve Congrès International d’Epidémiologie ADELF/EPITER, le 14 septembre 2012 à Bruxelles, Belgique.
 
« Hygiène  et ectoparasitoses chez les  personnes sans logement d’Ile- de-France: aspects méthodologiques ». Détrez MA, Arnaud A, Vandentorren S, Guyavarch E, Laporte A, Le Strat Y. 27 è Journée Scientifique Epiter, le 2 Mars 2012 à Rennes.

SANTE MENTALE ET ADDICTIONS CHEZ LES SANS-DOMICILE FRANCILIENS (SAMENTA)

Soutiens : Haut Commissaire aux Solidarités Actives Contre la pauvreté et à la Jeunesse, Institut de Veille Sanitaire, Direction Générale de la Santé, Région Ile-de-France, Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé, Préfecture de Paris, Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale, Mairie de Paris.

L’enquête Samenta répond à une demande de la Préfecture de Paris et de la Mairie de Paris, concernant l’estimation des troubles psychiatriques et des addictions parmi les personnes sans logement personnel en Ile-de-France.

La méthodologie de l’enquête, réalisée en partenariat avec l'INSERM, repose sur un sondage complexe de façon à obtenir un échantillon aléatoire de personnes sans logement fréquentant des services d’aide. Le questionnaire est composé d’une partie sur la santé mentale et les addictions, et de modules visant à décrire les trajectoires sociales et les conditions de vie. Les personnes ont été interrogées par un binôme composé d’un enquêteur professionnel et d’un psychologue clinicien. Un psychiatre a été sollicité ultérieurement dès lors que les éléments cliniques suggéraient un possible trouble psychiatrique. Entre février et avril 2009, 840 personnes ont participé à l’enquête.

La pondération de l’échantillon permet d’estimer la population francilienne sans logement personnel fréquentant les services d’aide pendant la période d’étude à 21 176 personnes (IC95% [17 582 ; 24 770]). Un tiers de cette population souffre de troubles psychiatriques sévères, c'est-à-dire de troubles psychotiques (13%), de troubles de l’humeur (troubles dépressifs sévères essentiellement- 7%) et de troubles anxieux (12%). La dépendance ou la consommation régulière de substances psychoactives (alcool, drogues illicites et/ou médicaments détournés de leur usage) concernent près de trois personnes sur dix. Les prévalences de troubles psychiatriques sévères et d’addictions sont plus élevées dans des dispositifs à bas seuil. Si les personnes atteintes de troubles psychiatriques sévères ont eu, pour plus des deux tiers d’entre elles, un recours aux soins psychiatriques au cours de leur vie, la majorité d’entre elles n’est plus suivie. Cependant, la maladie mentale n’affecte pas toute la population sans logement personnel, encore moins dans ses formes les plus sévères ; il en est de même au sujet des addictions.

Le protocole

Le colloque

Date de publication du rapport: janvier 2010

Contact : E. Le Méner (e.lemener@samusocial-75.fr)

Les articles

« La santé mentale et les addictions chez les personnes sans logement personnel en Île-de-France : l’enquête Samenta de 2009 », Laporte A, Le Méner E, Détrez M-A, Douay C, Le Strat Y, Vandentorren S, et al. Bull Épidémiologique Hebd. 2015;(36‑37):693‑7.

« La santé mentale des personnes sans logement. Regards croisés », Chauvin P., Laporte A., Le Méner E., Paris, Editions de l’INSERM, 2012

« La santé mentale et les addictions chez les personnes sans logement : phantasmes et réalités », Laporte A., Le Méner E., Chauvin P. Soins à domicile, 22, 11, pp. 30-32

Les communication

« The mental health of homeless people: findings and recommendations from a survey in mainland France ». Laporte A, Le Méner E, Détrez MA, Arnaud A,Vandentorren S, Le Strat Y, Chauvin P. Convegno Senza dimora : Disagio, Sofferenza e percorsi possibili (Homelessness : new strategies and policies to face urban suffering), le 22 juin 2012 à Milan, Italie.

« SAMENTA : Prévalence des troubles psychiatriques et des addictions chez les personnes sans logement personnel d’Ile-de-France », Détrez M-A., Jauffret-Roustide M., Douay C., Chauvin P., Laporte A.. 16e rencontre du RESPADD, Paris, juin 2011.

« SAMENTA : Prévalence des troubles psychiatriques et des addictions chez les personnes sans logement personnel d’Ile-de-France », Laporte A., Détrez M-A., Douay C., Chauvin P.. Journée de veille sanitaire 2011, Saint-Maurice, avril 2011.

« Psychiatric Disorders among Homeless People in Paris, France: An Advocacy for a Better Detection, Housing, and Care of Psychiatric Homeless, Based on Representative, Population-based Survey in 2009 ». Chauvin P., Douay C., Detrez M.-A., Le Strat Y., Laporte A.. 9th Conference on Urban Health, New York City, USA, octobre 2010.

« Psychiatric disorders among homeless people: evidences for improving psychiatric services and housing policies. Preliminary results », Chan-Chee C., Douay C., Detrez M-A., Le Masson V., Le Strat Y., Chauvin P., Laporte A. and the SAMENTA research group. 15th EPA symposium for section epidemiology and social psychiatry, Bergen, Norvège, juin 2010.

« Enquête sur la santé mentale et les addictions chez les sans logement franciliens (Samenta): une double contrainte d’enquête », Detrez M.-A., Douay C., Le Strat Y., Chauvin P., Laporte A., VIème colloque francophone sur les sondages, Tanger, Maroc, mars 2010.

« Enquête sur la SAnté MENTale et les Addictions Chez les sans logement franciliens (SAMENTA) : une double contrainte d'enquête » Détrez M-A., Douay C., Le Strat Y., Chauvin P., Laporte A.. Pratiques et méthodes de sondage, Paris, 2011. P125-129.

« La Santé mentale des personnes sans chez soi : Résultats et recommandations issus d’une enquête métropolitaine », Laporte A., Le Mener E., Détrez M-A, Chauvin P.. La santé des personnes sans domicile: Franchir les barrières, Le magazine de la feantsa, Printemps 2011. P20-23.

« La santé mentale et les addictions des personnes sans logement personnel en Ile-de-France », Laporte A., Le Méner E., Chauvin P. La lettre de l’Observatoire n 5, Septembre 2010.

« La santé mentale et les addictions des personnes sans logement personnel : quelques éclairages issus d’une enquête de prévalence en Ile-de-France », Laporte A., Le Méner E., Chauvin P. Les travaux de l’Observatoire 2009-2010, Paris, ONPES - La Documentation française, 2010, p. 413-434.

« La Santé Mentale et les Addictions chez les personnes sans logement personnel d'Ile-de-France (Samenta) : focus sur les 18-25 ans », Laporte A., Chauvin P., Rhizome, 38, p. 11.

MARAUDES

Une analyse des cadres du travail des équipes mobiles d’aide (EMA) du Samusocial de Paris 

Soutien : Compagnie Parisienne des Chauffages Urbains

Comment venir en aide aux sans-abri dans une situation d’urgence sociale ? Telle est la question pratique qui oriente le travail des EMA (équipes mobiles d’aide) du Samusocial de Paris. Faire de l’humanitaire (nourrir, loger, vêtir, soigner) ne peut se réduire à une analyse fonctionnaliste ou marchande (en termes simples d’offre et de demande). Aider les sans-abri implique de légitimer une rencontre provoquée la nuit dans la rue, de parvenir à trouver la juste distance entre sollicitude et humiliation et de mettre en confiance des personnes considérées comme isolées et devant être « resocialisées ». Au-delà des discours critiques a priori sur la violence symbolique imposée aux dominés des dominés, il s’agit de caractériser un savoir-faire spécifique et d’observer comment se produit, en situation, un lien. L’analyse portera sur les opérations de cadrage (au sens d’E. Goffman) conjointement effectuées (tant par les sans-abri que par les EMA) et engendrant (ou non) un foyer commun d’attention. Pour analyser ce travail très médiatisé mais peu visible et peu reconnu, une double méthode a été utilisée : l’observation in situ (au cours d’une trentaine de tournées) et l’analyse linguistique s’appuyant sur des enregistrements audio d’interactions. Ainsi, un nouvel enjeu, à la fois théorique et méthodologique, se profile : la combinaison de disciplines linguistiques (la pragmatique, l’ethnographie de la communication, l’analyse conversationnelle) et l’ethnographie sociologique.

Date de publication du rapport: juin 2010

Le protocole

Le rapport

Contact: E. Le Méner (e.lemener@samusocial-75.fr)

Les articles

« On n’est pas là pour sauver le monde !". La maraude d’urgence sociale à la lumière du refus d’hébergement », Gardella E. et Le Méner E. in Berger Mathieu, Cefaï Daniel, Gayet Carole (dir.), Du civil au politique. Ethnographies du vivre ensemble, Bruxelles, P.I.E., 2011, p. 77-99.

« La maraude à la lumière du refus d’hébergement : tensions et cadrages dans l’urgence sociale », Gardella E., Le Méner E., in Berger M., Cefaï D., Gayet C. (dir.), Du civil au politique. Ethnographies du vivre ensemble, Bruxelles, P.I.E., 2010 [sous presse].

« Enquêter sur un dispositif d’urgence sociale. Les maraudes auprès de sans-abri à Paris », Cefaï D., Gardella E., Le Méner E., in Cantelli F., Roca i Escoda M., Stavo-Debauge J., Pattaroni L., (dir.), Sensibilités pragmatiques. Enquêter sur l’action publique, Bruxelles, Bern, Berlin, Francfort, New York, Oxford, Vienne, Peter Lang, 2009, p. 39-52.

LE SUIVI DES PATIENTS SANS DOMICILE SOUS TRAITEMENT TUBERCULEUX

Entre juin 1999 et mai 2000, une action de dépistage systématique (et sur signes cliniques) au Samusocial de Paris a permis d’identifier 37 cas de tuberculose en 11 mois, soit un taux de près de 500 cas pour 100 000. La prise en charge thérapeutique des 37 patients tuberculeux révèle alors un taux d’échec voisin de 50%.

Devant l’inadaptation des structures officielles de lutte contre la tuberculose à la prise en charge des personnes sans-domicile fixe, Xavier Emmanuelli réagit en créant, en décembre 2000, une Equipe Mobile de Lutte contre la Tuberculose (EMLT), grâce au soutien financier d’Aventis.

L’objectif général est de réduire la mortalité, la morbidité et la transmission de la tuberculose, et de prévenir la résistance aux anti-tuberculeux dans la population des sans domicile fixe. L’objectif spécifique est d’amener à la guérison complète tous les patients tuberculeux pris en charge par le samusocial de Paris, cumulant un ou plusieurs facteurs de risque de rupture de traitement, grâce à la stratégie la DOT (Delivery Observed Therapy).

L’Observatoire du Samusocial de Paris met en place fin 2003 un logiciel d’aide à la surveillance du suivi des patients sous traitement antituberculeux (TB Info), diffusé gratuitement par l’Institut de Veille Sanitaire et utilisé par différents centres hospitaliers et dispensaires dans le cadre d’un réseau. Il a été adapté à l’activité du samusocial de Paris. En effet la particularité de la prise en charge de ces patients réside dans la fréquence des interruptions de traitement. Ce logiciel est alimenté par les médecins du samusocial de Paris de 2003 à fin 2009, depuis 2010 les données des patients SDF tuberculeux sont enregistrées dans la base de données médicales du samusocial de Paris.

Date de publication du rapport: juin 2010

Contact: A.Arnaud (a.arnaud@samusocial-75.fr)

Les articles

« Tuberculose chez les sans domicile fixe à Paris : mise en oeuvre de la stratégie DOT (Directly Observed Therapy) », Kern T., Lardoux C., Tartière S., Emmanuelli X., Laporte A., Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 17, p. 73-74, 2005.

LE PLAN D'URGENCE HIVERNALE

L’échec du pilotage automatique de la prise en charge des sans-abri

Si la « politique du thermomètre » est une constante dans la prise en charge en urgence des sans-abri, le Plan d’Urgence Hivernale (PUH) innove en déclinant officiellement trois seuils de mobilisation fondés sur des indicateurs de températures, véritables « gâchettes » qui déclenchent l’action étatique à l’égard de cette population. Cette technicisation de la prise en charge des sans-abri s’est construite sur une dimension humanitaire du problème public et sur un transfert d’instrument d’action publique. Mais, la puissante interpellation politique des Enfants de Don Quichotte au cours de l’hiver 2006-2007 contredit finalement cette technicisation et la marginalisation du politique qu’elle supposait.

Premièrement, l’introduction, à la prise en charge des sans-abri, d’un mécanisme de pilotage automatique associé à des indicateurs climatiques correspond à l’importation des outils des plans de sécurité sanitaire et civile au domaine de l’action sociale. Ce transfert est rendu possible par la convergence de deux aspects : un souci de rationaliser la prise en charge des sans-abri, et une volonté de minimiser la décision politique dans ce domaine.

Deuxièmement, l’étude de la mise en œuvre du PUH souligne les limites du transfert : il n’a pas conduit à automatiser la prise en charge des sans-abri. Les indicateurs font l’objet d’une interprétation souple, et les « déclenchements – spectacle » du niveau 2 ont surtout une fonction symbolique, mise au service d’une stratégie de communication politique du gouvernement. Il en résulte deux conséquences pour le pilotage de l’action publique : la publicisation de l’instrument contrarie le fonctionnement automatique et produit des effets inattendus contraires à la logique de la technicisation. Le PUH est un moyen de réaffirmer le partenariat avec les associations « gestionnaires » de services pour les sans-abri, et la coordination de leurs actions. Néanmoins, la rhétorique de l’urgence aliène ainsi la force critique de ces associations, qui se déplace vers les associations extérieures à la gestion des sans-abri – comme l’association des Enfants de Don Quichotte.

Finalement, la mobilisation des Enfants de Don Quichotte remet fortement en cause la technicisation de la prise en charge des sans-abri : elle institutionnalise ce que les créateurs du PUH avaient tenté d’éviter, c’est-à-dire la problématisation de la question comme un problème appelant une solution d’ordre politique, et la juridicisation de la responsabilité étatique. Cette mobilisation collective fait évoluer la politique de prise en charge des sans-abri d’une conception humanitaire vers une conception en termes de justice sociale et de droit.

Données analysées: décembre 2006-juin 2007

Date de publication du rapport: décembre 2007

Contact: E. Le Méner (e.lemener@samusocial-75.fr)

Les articles

« Les enfants de Don Quichotte et le Plan d'urgence hivernale », Schvartz A., Raison Présente, 170, p. 79-90.

LES SIGNALEMENTS DE PARTICULIERS

A Paris, le numéro d’urgence “115” a, entre autres, pour mission de permettre à des particuliers de “signaler” des sans-abri au Samusocial de Paris, afin qu’une équipe mobile puisse intervenir. Nous avons cherché, par une double enquête quantitative et qualitative, à saisir les explications et les raisons qui peuvent rendre compte de ces signalements.

L’étude quantitative montre que l’on ne signale pas n’importe quand ni n’importe où. L’incitation médiatique, les rythmes professionnels (la plupart des signalements s’effectuent à la sortie du travail et en fin de soirée) et surtout la proximité entre les signalants et les signalés, pourraient expliquer les variations temporelles et géographiques des signalements.

Signaler un sans-abri est une démarche saisonnière : les signalements sont nettement plus nombreux l’hiver. La couverture médiatique, accrue en cette saison, peut être un élément d’explication. Signaler peut également être lié à une proximité ressentie avec la situation du sans-abri : la perception directe du froid semble créer l’empathie au sens littéral du terme, les signalants ressentant avec plus d’acuité la dureté des conditions de vie des sans-abri (l’hiver, une baisse de 8°C fait doubler le nombre de signalements).

Les signalements sont plus nombreux dans les arrondissements de l’est parisien, où la population est moins aisée qu’à l’ouest et au centre. On peut supposer que ce sont ces quartiers qui comptent le plus de sans-domicile, en raison notamment des accueils de jour et de nuit s’y trouvant. La proximité pourrait à nouveau être un facteur explicatif des signalements : il s’agirait ici de la proximité sociale et spatiale entre le signalant et le signalé.

L’étude qualitative affine la compréhension des signalements. Tout signalement apparaît comme le fruit d’une sollicitation morale, fondée sur la perception d’un phénomène inhabituel.

Celui-ci peut se manifester comme un trouble dans un environnement familier. Telle personne, bien connue, semble aller sensiblement moins bien qu’à l’habitude. L’inquiétude embraye sur un signalement.

L’inhabituel peut également traduire une perception incongrue dans le cours d’une action programmée. Au retour d’une soirée agréable, on rencontre de façon imprévue un individu mal en point. L’inattendu interpelle, plus sur le mode de l’inacceptable que de la culpabilité, et débouche sur un signalement.

Cette anormalité peut s’entendre enfin comme le rappel d’un scandale, celui de la présence de sans-abri dans une société qui aurait les moyens de l’éviter. Le signalement est alors comme un geste quasi-militant, d’indignation sourde et de protestation efficace.

Données analysées: août 2005-juin 2007

Date de publication du rapport: novembre 2007

Contact: E. Le Méner (e.lemener@samusocial-75.fr)

DIABETE

Le diabète de type 2 chez les personnes fréquentant les centres d'hébergement d'urgence

Soutien : Sanofi-Aventis, Pasteur Cerba,  BD Diagnostic

Partenaires : Alfédiam, Association Française des Diabétiques,  Institut de la Veille Sanitaire.

La prévalence de certaines pathologies chroniques est élevée chez les personnes en grande précarité. Les objectifs de cette étude sont d'estimer la prévalence du diabète chez les personnes hébergées en centres d'urgence et de décrire les caractéristiques des personnes déjà diagnostiquées.

Un dépistage du diabète a été systématiquement proposé dans 9 centres d'hébergement d'urgence parisiens, d'octobre à décembre 2006. Des infirmières ont recueilli les données socio-démographiques, et réalisé les mesures anthropométriques, tests capillaires et prélèvements sanguins à jeun.  Un examen clinique et un questionnaire médical ont été administrés par un médecin aux personnes diabétiques connues.

Parmi les 488 participants, 35 ont déclaré être diabétiques et 2 ont été nouvellement diagnostiqués. La prévalence du diabète traité a été estimée à 6,1 % IC95 % [2,4-9,8] comparée à 4,9 % [4,8-5,1] chez les assurés sociaux de plus de 20 ans. Un quart des personnes diabétiques avaient au moins une complication macrovasculaire ; 32 % avaient une rétinopathie et 21 % avaient reçu un traitement par laser ophtalmologique ; 17 % avaient subi une amputation, 6 % avaient une artérite des membres inférieurs et 35 % un risque podologique élevé.

Date de collecte de données: octobre-décembre 2006

Le protocole

Le questionnaire

Contact: A.Arnaud (a.arnaud@samusocial-75.fr)

Les articles

"Prevalence and characteristics of diabetes among homeless people attending shelters in Paris, France, 2006", Arnaud A., Fagot-Campagna A., Reach G., Basin C., Laporte A., European Journal of Public Health,  [consultable en ligne ; à paraître sous forme imprimée]

Prévalence et caractéristiques du diabète chez les personnes sans domicile fixe fréquentant des centres d’hébergement d’urgence à Paris, 2006, (BEH n°43 p418, 2008).

Synthèse de la Réunion de Consensus, Paris, Octobre 2007.

Recommandations : Prise en charge du diabète chez les personnes en grande précarité.

Publications des Recommandations :  

Médecine des maladies métaboliques (janvier 2008 ; 2(1) : 57-62.), Diabète et Obésité (janvier 2008 ; 3(15) :18-24.), Soins (janvier-février 2008 ; 1-4.) ; Nutrition & Endocrinologie (mars –Avril 2008 ; 6(35) :59-64.) ; Médecine et Nutrition (octobre/ décembre 2008 ; 43(4) : 147-156), Cahiers de nutrition et de diététique (novembre 2008 ; 43 (5) : 251-56).

Ne les laissons pas vieillir dans la rue.
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