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Christian, musicothérapeute

01 Sep 2017 • Portrait

Portrait réalisé en septembre 2017

Ouuum ! Ham ! Oum Ham ! Him ! Lorsqu’on traverse le hall d’entrée des LHSS Ridder-Plaisance en ce lundi ensoleillé, les cris qui jaillissent de la cour rappellent ceux d’une danse indienne. « Ouum ! » En cercle, bras en l’air, ce ne sont pourtant ni des Mohawks, ni des Hurons, ni des Apaches, qui chantent ce jour-là, mais des patients, souriants. Au milieu d’eux Christian : « maintenant vous allez adresser vos cris à quelqu’un, allez-y ! », invite Christian en montrant l’exemple. « Him ! » Chaque participant se tourne à son tour vers un résident, certains sourient, d’autres rient à pleine voix. Défoulement, amusement, bienveillance, sont les mots qui viennent à l’esprit à observer l’équipée finir la session de musicothérapie animée par Christian, musicothérapeute au LHSS des Lilas venu exceptionnellement à Ridder-Plaisance entre deux contrats.
 

musicothérapeute

 

En quoi consiste la musicothérapie ?

La musicothérapie s’adresse à tout le monde mais plus spécifiquement aux personnes en souffrance psychique. On distingue la musicothérapie réceptive, qui consiste à proposer une écoute passive ou participative, la musicothérapie active qui propose de produire de la musique grâce à des instruments ou divers bruitages, et la relaxation psychomusicale. Elle se pratique individuellement ou collectivement.
 

Quels sont ses objectifs ?

L’objectif principal avec les personnes sans-abri est de travailler sur l’estime de soi. Dans une séance de musicothérapie, on ne fait pas de pédagogie, on ne juge pas. C’est pourquoi on utilise beaucoup d’instruments exotiques, qui ne mettent pas les personnes en difficulté. Toute participation est bonne et valorisée. L’attitude qui prévaut est la bienveillance. Nous travaillons également le faire ensemble, la place de l’individualité dans le groupe, une façon d’appréhender l’isolement. Les séances permettent à la fois de rencontrer les autres mais aussi de se rencontrer soi-même. Elles sont aussi un exutoire et peuvent participer à réduire les tensions dans un lieu. Enfin, on y travaille la motricité, notamment lors des activités de mouvement en miroir. C’est essentiel pour des personnes ayant des longs temps de rue. Certains ont de vrais problèmes de concentration, des problèmes moteurs.  En dehors des séances collectives, je propose aussi des sessions individuelles. 
 

Qu’est-ce qui vous a amené à cette pratique ?

C’est après plusieurs années de conservatoire et un cursus en science sociale que j’ai découvert cette forme de psychothérapie associée à la musique, mais plus globalement aux sons et au mouvement.
 

Pourquoi les échanges entre LHLSS ? 

Ils apportent de l’oxygène aux personnes, et provoquent de nouvelles rencontres, des échanges. Ils permettent ainsi de travailler l’ouverture et la sociabilité.
 

Les équipes ressentent-elles déjà les bénéfices de cet atelier ?

Oui, d’autant qu’elles sont également sollicitées pour participer aux séances, ce qui leur permet de mesurer l’ambiance et d’entrer dans d’autres rapports avec les personnes. La participation des personnes témoigne de leur intérêt pour l’activité. Chacun en ressent les bénéfices. Je participe également aux réunions de liaison, ce qui nous permet d’échanger sur des patients. J’apporte une perspective différente.        


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