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ESI "La Maison dans le Jardin", un lieu de vie… et de vaccination

24 Jun 2021 • Reportage

Habituellement, l’Espace Solidarité Insertion "La Maison dans le Jardin", situé dans le 12ème arrondissement de Paris, accueille de manière inconditionnelle tous ceux dont les difficultés de l’existence ont conduit à un état de très grande précarité et d’exclusion. Il offre une mise à l’abri en journée, et des prestations sociales et sanitaires aux personnes vivant à la rue à Paris. Depuis la semaine dernière, il est également devenu, pour elles, un lieu de vaccination à part entière. Reportage.

 

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Joaquim, sans-abri du 12ème arrondissement, reçoit sa 1ère dose Pfizer le 23 juin à l’ESI
"La Maison dans le Jardin".

 

Début juin, lorsque tous les adultes de 18 ans ou plus se sont vus accorder le droit de se vacciner contre la Covid-19, l’ensemble des acteurs parisiens de l’AHI (Accueil, Hébergement, Insertion) se sont mis en ordre de marche pour déployer une stratégie vaccinale des sans-abri efficace. Il a notamment été décidé de positionner l’ESI "La Maison dans le Jardin" comme un lieu de vaccination pour le public sans-abri du Bois de Vincennes et, plus globalement, du 12ème arrondissement de la capitale.

L'"aller vers" au centre de l'action

Lucie Lechat, Cheffe de projet Promotion de la Santé à l’équipe Territoriale de Santé Est (en charge des 11ème, 12ème et 20ème arrondissements) explique : « Nous aidons ces publics éloignés de la vaccination à se faire vacciner. Avec le centre de vaccination Gabriel Lamé - géré par SOS Médecins - le Samusocial de Paris et les maraudes, nous allons vers eux pour les sensibiliser, et nous les accompagnons ensuite dans toutes leurs démarches jusqu’à la vaccination. Cela a été le cas cette semaine comme la semaine dernière, notamment grâce au travail de notre médiatrice de lutte anti-Covid. » Une fois l’injection réalisée, les équipes sur place transmettent aux primo-vaccinés leur attestation, leur indiquent la date du deuxième rendez-vous et échangent avec eux sur les modalités. Un travail d’information et de communication nécessaire, comme le relate Lucie Lechat : « Nous leur expliquons bien que la couverture vaccinale est complète uniquement après les deux doses, et que cela n’a aucun intérêt de ne venir qu’une fois. Pour les inciter à revenir, cet effort de sensibilisation est nécessaire ».

 

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L’équipe Territoriale de Santé Est avec notamment Lucie Lechat (la 2ème en partant de la gauche).

 

Un public particulièrement à risque

Deux sessions de premières injections ont déjà été réalisées à l’ESI les 16 et 23 juin derniers. Elles ont concerné, au total, une vingtaine de sans-abri. Des chiffres encourageants illustrant une dynamique qui s’affirme à Paris ces derniers jours : de plus en plus de sans-abri semblent favorables à la vaccination. Gérard Sedleski, médecin à SOS Médecins et détaché pour ces sessions de vaccination à l’ESI, abonde : « Il n’y a pas de réticence particulière à se faire vacciner chez ce public. Par contre, et c’est normal, il y a des questions, notamment sur d’éventuels effets secondaires. Nous sommes là pour y répondre et tranquilliser ceux qui vont se faire vacciner. L’enjeu est d’importance car ces profils très précaires sont plus à risque que la moyenne. Ils n’ont pas de suivi médical régulier, présentent parfois des comorbidités, n’ont souvent pas la possibilité de respecter les gestes barrières, de se procurer des masques, d’utiliser du gel hydroalcoolique, etc. Globalement, ils sont donc plus à même d'être contaminés ».

 

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Gérard Sedleski, médecin à SOS Médecins, détaché à l’ESI pour les sessions de vaccination.

 

"Se vacciner ? un devoir !"

Pour Mohand, sans-abri arrivé d’Algérie récemment, se vacciner sonne comme une évidence : « N’étant pas encore dans une situation régulière, j’ai plein de démarches administratives à réaliser. Je viens donc régulièrement à l’ESI pour me faire aider. Hier, j’y étais pour faire ma demande d’aide médicale (destinée à permettre l’accès aux soins des personnes en situation irrégulière, ndlr) et j’ai vu, à l’entrée, l’affiche expliquant que l’on pouvait se faire vacciner. Je n’ai pas hésité une seconde et je suis revenu aujourd’hui. Pour moi, c’est comme un devoir. Il faut le faire pour soi et pour les autres ».

 

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Mohand, lors de sa 1ère injection à l’ESI le 23 juin.


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