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Interview du Dr Hugonot-Diener, psycho-gériatre, médecin référent à l’hôpital Broca

04 Sep 2018 • Portrait

Deux fois par semaine, le Dr Hugonot-Diener intervient à Saint Michel sur son temps personnel, pour réaliser des bilans neuro-psychiatriques auprès de personnes présentant des signes de démence précoce, qui sont le plus souvent rejetées de toutes les structures d’hébergement du fait de leurs troubles du comportement, les troubles caractériels étant difficilement distinguables de troubles neurologiques ou psychiatriques.

 

Pourquoi avoir mis en place ces consultations ?

A l’hôpital Broca, je travaille dans un service de consultations mémoire, qui propose une évaluation gérontologique standardisée. On regarde tout, pas seulement la mémoire. Ici c’est différent, ce sont des consultations de pré-admission. Ces consultations sont demandées lorsque les équipes ont besoin de pistes d’orientation. S’il s’agit d’une maladie neurodégénérative évolutive, le patient ne va pas récupérer. Si c’est un trauma du crâne ou des lésions cérébrales engendrées par l’alcool, ça peut être réversible dans certains cas, et les avenirs sont différents. 

En quoi consistent ces consultations ?

Nous regardons l’ensemble du passé médical de la personne, son niveau culturel, son parcours de vie. La spécificité du Samusocial de Paris, c’est de détenir de nombreuses informations sur les parcours de soins et de vie de la personne accueillie grâce au Dossier Patient Informatisé et à l'expérience des équipes pluridisciplinaires. Cela apporte un vrai plus à l'aide à l'évaluation, on essaie de l’interroger sur ses souhaits de vie. Il est très rare qu’elle désire aller en maison de retraite, mais on peut lui faire prendre conscience qu’il n’y a pas vraiment d’autre choix. Nous faisons un examen complet sur un tableau clinique souvent très compliqué, pour poser un diagnostic, ne pas prendre le risque de se tromper, et déterminer si la personne peut avoir encore un fonctionnement autonome. Les personnes souffrant d’hallucinations, de dépression ou de démence de type Korsakoff sont souvent très difficiles à évaluer, et il arrive aussi que nous nous heurtions à la barrière de la langue qui est une difficulté supplémentaire.

Quelles pathologies rencontrez-vous le plus fréquemment au Samusocial de Paris ?

Nous rencontrons souvent des dégénérescences fronto-temporales, qui provoquent des comportements asociaux, des dégénérescences liées à l’alcool, des lésions liées à des chutes répétées, sans doute depuis le plus jeune âge et dans l’âge adulte, et des problèmes de diabète et d’hypertension non traités.


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