#LaRueAvecElles
Mobilisons-nous pour les femmes sans-abri.

Chaque jour, 3 femmes seules sur 4 ne trouvent pas de place d'hébergement.

 

Chaque nuit, 6 à 8 équipes mobiles peuvent agir grâce à vos dons auprès des personnes sans-abri.

 

Prendre soin de soi quand on est dans la rue

Seulement 10%* des usagers des bains-douches sont des femmes car souvent, par peur, elles refusent de s’y rendre notamment à cause de la mixité de ces lieux, et de leur fonctionnement peu adapté aux femmes à la rue et à leur besoin d’intimité.
Elles se changent dans les toilettes publiques, ou encore dans les cafés bars ou restaurants pour 30 %** d’entre elles, et celles qui n’ont pas de protection intime utilisent le papier toilette pour la moitié d’entre elles.

*Source : Enquête Hytpeac – Hygiène de la tête aux pieds – Observatoire du Samusocial de Paris
** Source : Enquête auprès du public accueilli à l’ESI Halte Femmes - Les femmes seules dans le dispositif de veille sociale – Samusocial de Paris 2017

 

« Les femmes de la rue sont beaucoup plus vulnérables à certaines problématiques de santé notamment liées à l’hygiène intime qui, pour elles, peuvent se transformer en lourd fardeau. »
- Constance Devillers, Directrice adjointe du pôle médical du Samusocial de Paris.

Quels lieux pour les femmes ?

À Paris, le seul accueil de jour dédié aux femmes, la Halte Femmes, ne compte qu’une douche. Pour de nombreuses femmes sans-abri, maintenir son corps propre répond à un désir de normalité leur permettant de garder une estime d’elle-même. Rester propre c’est aussi pour certaines une façon de masquer ses difficultés, de ne pas être identifiée comme une personne à la rue, et donc vulnérable.

Donner accès à un lieu où l’intimité soit préservée, la parole libérée pour aborder ses difficultés, où elles puissent avoir accès à des consultations infirmières et gynécologiques, être orientées lorsque nécessaire, telles sont les réponses que le Samusocial de Paris souhaite apporter à travers ce projet.

« Certaines femmes font de nombreux aller-retour entre les centres et la rue. Lorsqu’on les voit réapparaître dans les structures, souvent, la première chose qu’elles demandent est de prendre une douche, alors qu’elles n’ont aucune autre demande. La douche représente un temps particulier, une sorte de sas. » - Margaux, infirmière.

 

Elles témoignent de leur quotidien

Dorothée

« Je suis dans un centre hivernal à Argenteuil. Dire que je suis hébergée c’est trop. Tu peux rester la nuit mais tu dois sortir le matin, errer toute la journée avant de pouvoir rentrer le soir, et dormir sur un lit picot, alors que j’ai un bras en moins et toutes sortes de problèmes de santé. Toute la journée je suis à droite à gauche. Avant d’être dans ce centre je dormais dans des églises. Pour me doucher je demandais à des sœurs, j’avais un petit stock de sous-vêtements avec moi que je jetais au fur et à mesure, et quand je n’avais plus rien je remettais les vêtements sales. Maintenant je me douche dans le centre où je dors, mais avec un bras en moins c’est toute une technique pour me frotter le dos et laver mes affaires. Si je demande de l’aide à celles qui dorment avec moi, elles font la sourde oreille. Parfois quand je suis sous la douche je pleure, les larmes partent toutes seules. »

 

Agathe

« Comme les horaires des bains douches sont tous différents, ce n’est pas évident de se repérer. Ce serait bien d’avoir des petites cartes pour chacun avec leurs horaires, parce que personne ne se trimballe avec les guides solidarité dans son sac. Ça pèse, et à force de traîner au fond des sacs plus ou moins secs et propres, ils finissent en lambeaux. Les horaires actuels des bains douches ne sont pas toujours adaptés, et Il faudrait qu’ils soient ouverts plus tard. A la limite que ça ferme en milieu de journée, quand tout le monde fait la manche, ce n’est pas gênant. Choisir entre "est-ce que j’ai faim ?", ou "où est-ce que je vais prendre ma douche ?", c’est pénible. »

 

Pourquoi créer des douches pour les femmes exclusivement ?

23% des personnes qui appellent le Samusocial de Paris sont des femmes et pourtant les équipements ne sont pas adaptés. Les bains-douches actuellement proposés aux femmes présentent des caractéristiques qui les rendent difficiles d’accès :

  •  Ils sont mixtes et très majoritairement investis par les hommes avec lesquels il leur faut encore composer, quand leur parcours d’errance, migratoire et/ou à la rue est parsemé de violences et marqué par leur vulnérabilité vis-à-vis des hommes ;
  • Ils sont peu adaptés dans leur fonctionnement (durée d’accès aux douches limitée à 20 minutes par exemple) et leurs équipements ;
  • Ils sont inadéquats à leur besoin d’intimité dans leur rapport à l’hygiène (collectif, peu d’espace individuel).


« Il faut des aides-soignantes pour faire le lien entre l’hygiène et le médical. Les femmes ont souvent des problèmes gynécologiques, des petits bobos qui peuvent s’infecter ou devenir chroniques si on les laisse traîner. Organiser une fois par mois un atelier gynécologie et prévention, ce serait très utile. » - Henriette.

« La mixité, ce n’est pas très sécurisant, sauf dans les associations où il y a toujours quelqu’un qui surveille, mais dans les bains douches, il n’y a pas d’espace réservé aux femmes. Souvent les hommes sont beaucoup plus sales que les femmes. Même si les bacs sont nettoyés il reste toujours des endroits sales.» - Agathe.


Nicole, aide-soignante à l’ESI du Samusocial de Paris, nous explique l’importance de se battre pour aider les femmes à garder une bonne hygiène :

« La saleté est souvent un bouclier pour les femmes, une manière de se protéger de la rue et des risques d’agression. Quand on n’a pas été touchée par l’eau depuis longtemps, c’est un contact qui peut être vécu comme très agressif. Les personnes ont souvent peur de l’eau froide, il faut les rassurer en disant qu’elles pourront prendre leur douche avec de l’eau tiède ou chaude. Il est important aussi de proposer un endroit où déposer ses affaires en toute sécurité. Quand les personnes prennent une douche, nous mettons leurs papiers d’identité, leurs photos ou documents précieux dans une petite pochette plastifiée placée ensuite dans un petit bac bien à l’abri. C’est très important lorsqu’on est à la rue avec toutes ses affaires, sans cesse inquiet à l’idée d’être dépouillé.

Accompagner quelqu’un vers l’hygiène, ça peut prendre 1 ou 2h de négociation, mais parfois c’est au moment de la douche que la personne se découvre vraiment, qu’elle donne sa véritable identité. Un lieu d’hygiène pour les femmes doit offrir le temps et l’espace pour apprivoiser celles qui sont en très grande précarité. On ne peut pas forcer une personne à se laver, mais on peut prendre le temps qu’il faut pour l’accompagner. »

 

Quels sont les besoins ?

« Un personnel formé à la grande précarité pour accompagner celles qui sont très fragilisées par des années d’errance, et celles qui ne sont pas autonomes. » - Margaux, aide-soignante à l’ESI du Samusocial de Paris.

« Harmoniser les horaires d’ouverture avec ceux des structures d’hébergement d’urgence. » Céline
De nombreuses femmes n’ont pas de suivi gynécologique. Leur permettre de consulter, de se faire dépister, est indispensable ». - Geneviève, infirmière.

« Nous aurions besoin d’une salle de repos. Partir juste après la douche quand on sait qu’on n’a nulle part où aller et nulle part où dormir, c’est trop dur. » Aïssatou.

 

Agissons ensemble pour sortir les femmes de la rue.

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