#LaRueAvecElles
12% des sans-abris sont des femmes. Mobilisons-nous pour elles.

Être sans abri lorsqu’on est une femme

Lors de la Nuit de la Solidarité en 2018, 2019 et 2020, 12% des personnes sans abri rencontrées étaient des femmes. Un chiffre en augmentation puisqu’en 2012 selon l'Insee, elles ne représentaient que 2% des personnes sans abri de l'agglomération parisienne. En 2020, nous enregistrons une moyenne quotidienne de 100 appels de femmes au 115 de Paris.

Souvent invisibles, les femmes vivant à la rue ne courent pas pour autant moins de risques. Une étude menée en 2016 par l’Observatoire du Samusocial de Paris montre que plus de 90% des femmes vivant dans la rue ont été victimes de divers types de violences : insultes, exploitations, agressions, viols… La grande majorité d’entre elles présente un état de santé physique et psychologique très dégradé.

 

Prendre soin de soi quand on est une femme à la rue

La question de la mixité de nombreux lieux d’accueil, d’hygiène et de soins est un frein majeur à la prise en charge et l’accompagnement des femmes en situation de grande précarité. Les femmes à la rue sont beaucoup plus vulnérables à certaines problématiques de santé, notamment liées à l’hygiène intime.

Selon une enquête menée par l’Observatoire du Samusocial de Paris, seulement 10% des usagers des bains-douches sont des femmes. Une faible proportion expliquée par la peur qu’ont les femmes très précaires de se rendre dans ce type de lieu. En cause, la mixité des espaces et leur fonctionnement peu adapté aux femmes et à leur besoin d’intimité. Elles se changent dans les toilettes publiques, ou encore dans les cafés, bars ou restaurants pour 30 % d’entre elles, et celles qui n’ont pas de protections intimes utilisent du papier toilette.

Découvrez les témoignages des femmes de la rue

Les actions du Samusocial de Paris pour les femmes

 

Maraudes

Chaque nuit, 6 à 8 équipes mobiles vont à la rencontre des personnes sans abri, dont 12% en moyenne sont des femmes, grâce aux financements publics et à la générosité de nos donateurs.

 

Accueil et hébergement

Chaque soir, 250 femmes sont hébergées dans nos structures. Les centres Babinski et Championnet offrent un dispositif qui permet d’héberger les femmes seules pour éviter les problèmes de mixité. De plus, la Maire de Paris a ouvert une Halte Femmes au sein de l’Hôtel de Ville, et nous en a confié la gestion. Ce lieu offre un accueil de jour, un hébergement collectif et un accompagnement social. En deux ans, il a accueilli 434 femmes le jour et 689 femmes la nuit. 69% des sorties ont eu lieu vers un dispositif pérenne en 2020.

 « Dans tous nos centres, nous développons un accompagnement pluridisciplinaire pour faire face aux problématiques que les femmes rencontrent. Nous leur proposons un accompagnement social et travaillons avec un réseau de partenaires spécialisés sur de nombreuses thématiques. » - Marie Lazzaroni, chargée de mission Projets Femmes au Samusocial de Paris.

 

Hygiène et soins

Pour de nombreuses femmes sans abri, maintenir son corps propre répond à un désir de normalité leur permettant de garder une estime d’elle-même. Rester propre c’est aussi pour certaines une façon de masquer ses difficultés, de ne pas être identifiée comme une personne à la rue, et donc vulnérable.

« Certaines femmes font de nombreux aller-retour entre les centres et la rue. Lorsqu’on les voit réapparaître dans les structures, souvent, la première chose qu’elles demandent est de prendre une douche, alors qu’elles n’ont aucune autre demande. La douche représente un temps particulier, une sorte de sas. » - Margaux, infirmière.

Grâce aux dons de particuliers et à la contribution de mécènes sensibles à la cause des femmes sans domicile, l’Oasis, un lieu d’hygiène et de soins, a été créé en mars 2019 au sein des bains-douches de la rue de Charenton mis à disposition par la Ville de Paris. Son but : proposer un lieu où l’intimité soit préservée, la parole libérée, et où l’accès à des consultations infirmières et gynécologiques est rendu possible.

Santé

Des ateliers de prévention et de sensibilisation sur la santé sexuelle et reproductive sont organisés dans nos structures avec nos partenaires AIDES, Gynécologues Sans Frontières et une sage-femme de la PMI de l’Hôtel-Dieu. Pour lutter contre la précarité menstruelle, nous avons noué depuis fin 2018 un partenariat avec Règles élémentaires, qui a permis de récolter plus de 60 000 protections périodiques distribuées dans nos structures et par nos équipes de maraude.

Outre leur état de santé physique, c’est aussi la santé mentale des femmes qui est prise en compte avec l’intervention de psychologues et d’infirmières dans les centres. Une psychologue russophone de l’équipe Bociek (association Charonne) assure des permanences à l’Oasis, et l’association TRACES, propose des séances avec un.e psychologue au Centre d’Hébergement d’Urgence pour Migrants d’Ivry-sur-Seine. Des ateliers de revalorisation d’estime de soi sont également assurés dans certaines de nos structures par l’association Joséphine ou grâce à la Fondation L’Oréal.

 

Vos dons sont essentiels

La générosité de nos donateurs est essentielle pour poursuivre nos actions mais aussi pour mettre en place de nouveaux projets pour les femmes.

 

Séjours pour les mères et les femmes isolées

Face aux problématiques rencontrées par l’hébergement collectif, nous avons pour projet de permettre aux mères seules et aux femmes isolées d’accéder à des séjours qui leur seraient dédiés.  

 

Déménagement de l’Oasis

Depuis l’ouverture de l’Oasis, notre lieu d’accueil, d’hygiène et de soins réservés aux femmes, plus de 4 500 passages de femmes ont été recensés et plus de 200 consultations médicales y ont été réalisées. Face au succès et à l’affluence rencontrés, nous constatons que l’espace n’est pas assez grand pour déployer l’ensemble des consultations médicales, psychologiques et les différents ateliers culturels ou d’insertion nécessaires à ces femmes.

Notre ambition est de créer un écosystème de multiples services dédiés exclusivement aux femmes, avec un espace d’hygiène et d’accueil conséquent ainsi qu’une offre de soins et de réinsertion sociale. Ce nouveau centre, dont la superficie se retrouverait triplée, proposerait également de nouveaux espaces tels qu’une salle d’activités, un vestiaire ou une cuisine partagée et ouvrirait sur une plage horaire plus large ainsi que le week-end.

 

Santé périnatale

Grâce à des études réalisées par l’Observatoire du Samusocial de Paris et à la création d’une équipe de promotion en santé, nous contribuons à mieux connaître ce public particulier plus fragile.

 

Vos dons nous permettent de continuer d’agir auprès des femmes sans abri.

 

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