Filtrer par :

Le président de la République au Samusocial de Paris

25 Feb 2019 • Actualité

Lundi 18 février, Emmanuel Macron et Julien Denormandie se sont rendus au siège du Samusocial de Paris en toute discrétion. Au programme, une visite au centre d’appels du 115 et une maraude de nuit pour le chef de l'État et le ministre chargé de la Ville et du Logement.

Réza est écoutant sur la plateforme du 115, centre d’appels géré par le Samusocial de Paris pour prêter assistance aux personnes sans-abri appelant depuis la capitale et les orienter. Présent lors de la visite d’Emmanuel Macron et de Julien Denormandie, il revient sur cette soirée pour le moins inattendue, où il travaillait au pôle dédié aux personnes isolées.

Julien Denormandie au 115

 

Premier acte : Julien Denormandie

On nous a prévenus en fin d’après-midi que Julien Denormandie viendrait nous voir, et peut-être le Premier ministre. Le ministre de la Ville et du Logement est arrivé vers 20h. Il a discuté avec le coordinateur de nuit pour comprendre comment fonctionne la plateforme, puis il m’a posé quelques questions. Je lui ai expliqué en quoi consiste mon rôle d’écoutant : le traitement des appels, les diagnostics établis, les demandes de mise à l’abri et l’orientation vers des structures adaptées ; mais surtout, l’écoute sociale que l’on propose pour éviter que les personnes ne portent atteinte à leur vie dans un geste de désespoir.
Puis le ministre m’a parlé de Mes années barbares, le livre d’Anne Lorient, une ancienne femme sans-abri qui revient sur ses années de rue. Ça l’a apparemment marqué. Je lui ai alors raconté mon premier appel en tant qu’écoutant au 115. Il restera gravé dans ma mémoire. Je venais de terminer ma formation, c’était en juin 2018. Une femme m’a appelé et m’a raconté son histoire : un parcours migratoire traumatisant vers la Libye où elle a été victime d’esclavage et de multiples agressions sexuelles, puis son arrivée en France où elle pensait être sauvée. Mais c’est la rue qui l’attendait, avec une fois de plus, d’autres agressions. Julien Denormandie est resté bouche bée.  Après quelques secondes de silence, il m’a dit : « Bravo pour ce que vous faites ».
 

Deuxième acte : le président de la République

Après ma pause, j’ai reçu un appel d’une personne sortant de prison. Elle essaie de se reprendre en main mais rencontre des difficultés. Je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour lui proposer un maximum d’aides. Je raccroche et lève la tête : Emmanuel Macron, en jean et pull à col roulé, entre sur le plateau. Je me dis : « Il ne ressemble vraiment pas à Edouard Philippe ». Je ne m’attendais pas à le voir ici ! Je le regarde, il me regarde, puis vient me voir et me serre la main. Je lui adresse un « Bonjour Monsieur », un peu surpris. Il me répond : « Vous avez la pêche ? », « Oui, ça va… ».

Je lui explique le cas de la personne que je viens d’avoir au téléphone. Eric Pliez, le président du Samusocial de Paris, intervient. Il revient sur les orientations possibles et prend pour exemple le centre d’hébergement d’urgence Romain Rolland, qui propose notamment un suivi social aux personnes accueillies. J’ajoute qu’il y a beaucoup de demandes de mise à l’abri et peu de centres, et que ces derniers sont parfois vétustes et proposent des hébergements en collectif. Emmanuel Macron semble surpris : « Il n’y a pas assez de places pour accueillir tout le monde ? ».

Le président a ensuite poursuivi sa visite au pôle famille. Mes collègues lui ont dit qu’il y avait actuellement plus de 300 familles à la rue, avec des femmes enceintes et des nourrissons. Il n’en revenait pas !  Puis Emmanuel Macron nous a remercié et nous a souhaité bon courage. Une écoutante lui a lancé : « Donnez-nous des places ! », auquel il a répondu « On y travaille ».

 


Suivez notre actualité
Recevez tous les mois l'actualité du Samusocial de Paris dans votre boîte mail
Nous agissons, agissez avec nous.
Faire un don
don maraudes
Recevez l'actualité du Samusocial de Paris