Le projet Hebtiers (Être hébergé.e chez des tiers et recourir aux services d’aide d’Île-de-France) | Samusocial de Paris
Populations en situation de logement précaire (personnes dites isolées, en famille, migrants)

Le projet Hebtiers (Être hébergé.e chez des tiers et recourir aux services d’aide d’Île-de-France)

02.02.2026

Le projet Hebtiers (Être hébergé.e chez des tiers et recourir aux services d’aide d’Île-de-France) décrit le recours à l’hébergement chez des tiers parmi les populations usagères de services d’aide franciliens, habituellement fréquentés par les personnes sans domicile. Il s’agit à la fois de mesurer l’ampleur de ce recours au sein d’une population en situation de grande précarité et exposée au risque d’être sans abri, de décrire les trajectoires dans lesquelles il s’inscrit et de documenter les conditions de vie associées à cette forme d’hébergement.

L’hébergement chez des tiers, situation d’hébergement située aux marges du logement ordinaire et pouvant constituer une forme intermédiaire, parfois invisible, du sans-domicilisme, recouvre des réalités diverses : de l’accueil temporaire chez des proches à des arrangements plus contraints, parfois avec des personnes hébergeuses inconnues. Ce phénomène échappe donc largement aux catégories statistiques classiques, ce qui le rend difficile à définir et mesurer.

C’est dans cette perspective d’éclairage approfondi que s’inscrit le présent rapport, centré sur les personnes hébergées chez des tiers en Île-de-France et ayant recours aux dispositifs d’aide destinés aux personnes sans logement personnel. Il s’appuie sur les résultats de l’enquête approfondie, avec une approche au prisme du genre, les résultats de l’enquête mettant en évidence des écarts marqués entre femmes et hommes tant dans les parcours que dans les conditions d’hébergement.

Ainsi, le recours à l’hébergement chez des tiers concerne près de la moitié (49,5 %) des personnes usagères des accueils de jour franciliens et ayant été sans domicile au cours des 12 derniers mois, sans différence entre les femmes et les hommes. Ce mode d’hébergement constitue rarement une situation exclusive ou isolée : l’expérience du sans-abrisme demeure majoritaire, avec parfois des passages, souvent brefs, par un hébergement institutionnel. Ces ruptures de parcours résidentiels contribuent en partie à la dégradation des indicateurs de santé, aggravée par des conditions matérielles d’hébergement parfois précaires, l’exposition à des violences et l’existence de contreparties explicites ou implicites, financières ou domestiques, dont certaines peuvent relever de situations de traite des êtres humains, particulier pour les femmes.

Cette enquête a mobilisé de nombreux acteurs (Observatoire et SIAO 75), un réseau partenarial (l’ensemble des SIAO d’Île-de-France, la ville de Paris, l’Apur, la Fap) ainsi que des enseignants chercheurs de l’Idup, et des statisticiens de l’Insee. Le projet bénéficie du soutien financier de la fondation hospitalière pour la Recherche sur la Précarité et l’Exclusion sociale et de la Fondation pour le Logement des Défavorisés.

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