Léa.

Léa, infirmière en maraude de nuit depuis trois ans.

« La nuit, je ne porte pas de blouse blanche. Le cadre informel de la rue m’aide à tisser une relation non pas de soignant à soigné mais d’égal à égal avec les personnes sans-abri. Je les écoute en faisant preuve d’empathie et en leur apportant un soutien moral. Mon cœur de métier dans les maraudes, c’est de créer du lien plus que de soigner.

Au fil de la discussion, j’évalue l’état de santé de la personne. Certaines font un rejet du milieu médical, d’autres sont plus confiantes. A moi de décrypter leurs maux : troubles psychiques, problèmes d’addictologie, diabète ou plaies aux pieds, faute de chaussures adaptées à de longues heures de marche. Un bracelet au poignet peut indiquer une sortie d’hospitalisation récente, et des jambes gonflées, le signe d’un œdème. Il faut savoir observer ! Je fais rarement des soins techniques en rue car ce n’est pas un milieu stérile. Je me sens plus utile en orientant la personne vers des structures de soins adaptées : ma mission n’est pas de l’ancrer en rue, mais de la ramener vers un circuit médical classique.

Je me souviens d’un monsieur rencontré en rue, les pieds enroulés dans des bandages qui suintaient. J’ai tout de suite pensé à des plaies infectées liées à un ulcère. L’homme souffrait, il fallait qu’il se rende à l’hôpital pour un nouveau pansement. Mais ce dernier refusait d’y aller par peur de souffrir. Après 1h30 de discussion, impossible de lui faire changer d’avis. Je ne pouvais pas le laisser comme ça. J’ai donc défait son pansement en y allant très doucement, et en prenant toutes les mesures d’hygiène nécessaires. En voyant l’état de ses pieds, le monsieur a eu comme un électrochoc : il a compris la nécessité de voir un médecin, et on l’a finalement conduit à l’hôpital.

En ce moment plus que jamais, le travail de Léa est indispensable pour venir en aide aux personnes sans-abri. Nous agissons, agissez avec nous

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