Magali.

Magali, travailleuse sociale en maraude de nuit depuis août dernier.

« En rue, les gens se confient plus que dans un bureau car le cadre est moins formel, à condition d’y aller en douceur. En tant que travailleuse sociale, je fais une évaluation des besoins de la personne : je cherche à savoir si elle a des ressources, un suivi social, des contacts avec d’autres maraudes ou associations… Je ne pose pas de questions directes, j’essaie plutôt de recueillir des informations au fil de la conversation, en demandant par exemple ce que la personne fait en journée. Il faut tisser une relation de confiance. En posant trop de questions, les gens peuvent se méfier et nous prendre pour la police ; il vaut mieux savoir écouter et regarder, plutôt qu’interroger. Ensuite, j’oriente au mieux la personne vers des structures adaptées à ses besoins, et selon les cas, je fais remonter à mes responsables les situations inquiétantes. Quand les gens nous disent « ça fait trois jours que personne ne m’a adressé un mot », je me sens vraiment utile.

Peu après avoir intégré les maraudes, j’ai croisé dans la rue une dame d’origine nigériane. Elle était venue en France par la traite des êtres humains. Victime de plusieurs viols, elle avait contracté le VIH. La personne qui l’hébergeait et chez qui elle travaillait pensait qu’on pouvait être contaminé par la salive ou en touchant les mêmes objets. La dame mangeait donc dans des assiettes en plastique, assise sur une bâche à même le sol…avant d’être mise à la porte. Je me rappelle de ce qu’elle m’a dit ce soir-là : « Je n’ai pas peur de dormir à la rue et de me faire violer. Mais j’ai peur de contaminer mon agresseur ». On l’a immédiatement conduite jusqu’à un centre d’hébergement d’urgence ».
 

En ce moment plus que jamais, le travail de Magali est indispensable pour venir en aide aux personnes sans-abri. Nous agissons, agissez avec nous.
 

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