Parce que certaines personnes en situation d’exclusion ne demandent plus rien et ne font plus appel ni aux organismes d’assistance sociale, ni au 115, il est nécessaire d’aller à leur rencontre. C’est ce que font chaque soir nos équipes de maraudes professionnelles (aussi appelées équipes mobiles d’aide).
La question de la mixité de nombreux lieux d’accueil, d’hygiène et de soins est un frein majeur à la prise en charge et l’accompagnement des femmes en situation de grande précarité. Les femmes à la rue sont beaucoup plus vulnérables à certaines problématiques de santé, notamment liées à l’hygiène intime. Selon une enquête menée par l’Observatoire du Samusocial de Paris, seulement 10% des usagers des bains-douches sont des femmes. Une faible proportion expliquée par la peur qu’ont les femmes très précaires de se rendre dans ce type de lieu. En cause, la mixité des espaces et leur fonctionnement peu adapté aux femmes et à leur besoin d’intimité. Elles se changent dans les toilettes publiques, ou encore dans les cafés, bars ou restaurants pour 30% d’entre elles, et celles qui n’ont pas de protections intimes utilisent du papier toilette.
Maraudes
Chaque nuit, 6 à 8 équipes mobiles vont à la rencontre des personnes sans abri, dont 12% en moyenne sont des femmes, grâce aux financements publics et à la générosité de nos donateurs.
Accueil et hébergement
Chaque soir, plus de 300 femmes sont hébergées dans nos établissements. Les centres Babinski et Championnet offrent un dispositif qui permet d’héberger les femmes seules pour éviter les problèmes de mixité. De plus, la Maire de Paris a ouvert une Halte Femmes au sein de l’Hôtel de Ville, et en a confié la gestion au Samusocial de Paris. Ce lieu offre un accueil de jour, un hébergement collectif pour 39 femmes et un accompagnement social. Après deux ans d’exercice, il avait déjà accueilli 434 femmes le jour et 689 femmes la nuit. 69% des sorties ont eu lieu vers un dispositif pérenne en 2020. «Dans tous nos centres, nous développons un accompagnement pluridisciplinaire pour faire face aux problématiques que les femmes rencontrent. Nous leur proposons un accompagnement social et travaillons avec un réseau de partenaires spécialisés sur de nombreuses thématiques.» — Marie Lazzaroni, Samusocial de Paris.
Hygiène et soins
Pour de nombreuses femmes sans abri, maintenir son corps propre répond à un désir de normalité leur permettant de garder une estime d’elle-même. Rester propre c’est aussi pour certaines une façon de masquer ses difficultés, de ne pas être identifiée comme une personne à la rue, et donc vulnérable. «Certaines femmes font de nombreux aller-retour entre les centres d’hébergement et la rue. Lorsqu’on les voit réapparaître dans les structures, souvent, la première chose qu’elles demandent est de prendre une douche, alors qu’elles n’ont aucune autre demande. La douche représente un temps particulier, une sorte de sas.» — Margaux, infirmière.
Grâce aux dons de particuliers et à la contribution de mécènes sensibles à la cause des femmes sans domicile, l’Oasis, un lieu d’hygiène et de soins, a été créé en mars 2019 au sein des bains-douches de la rue de Charenton mis à disposition par la Ville de Paris, dans le 12earrondissement. Son but : proposer un lieu où l’intimité soit préservée, la parole libérée, et où l’accès à des consultations infirmières et gynécologiques est rendu possible. En deux ans et demi d’ouverture, l’Oasis comptabilise plus de 3000 douches prises, 1750 kits d’hygiène distribués et plus de 5000 collations prises. Fort de son succès, ce dispositif devait se déplacer dans un endroit plus adapté au projet social. Il vient d’ouvrir ses portes aux femmes sans abri, fin janvier 2024. Déjà plus de 40 femmes par semaine le fréquentent depuis son ouverture, retrouvant petit à petit leurs repères. Dédié au repos et à la création de lien, l’Oasis porte bien son nom : tout y est calme et apaisant.
Santé
Des ateliers de prévention et de sensibilisation sur la santé sexuelle et reproductive sont organisés dans nos structures avec nos partenaires AIDES, Gynécologues Sans Frontières et une sage-femme de la PMI de l’Hôtel-Dieu. Pour lutter contre la précarité menstruelle, nous avons noué depuis fin 2018 un partenariat avec Règles élémentaires, qui a permis de récolter plus de 60000 protections périodiques distribuées dans nos structures et par nos équipes de maraude. Outre leur état de santé physique, c’est aussi la santé mentale des femmes qui est prise en compte avec l’intervention de psychologues et d’infirmières dans les centres. L’association TRACES, propose des séances avec un.e psychologue au Centre d’Hébergement d’Urgence pour Migrants d’Ivry-sur-Seine. Des ateliers de revalorisation d’estime de soi sont également assurés dans certaines de nos structures par l’association Joséphine ou grâce à la Fondation L’Oréal.
La générosité de nos donateurs est essentielle pour poursuivre nos actions mais aussi pour mettre en place de nouveaux projets pour les femmes.
Séjours pour les mères et les femmes isolées
Face aux problématiques rencontrées par l’hébergement collectif, nous avons pour projet de permettre aux mères seules et aux femmes isolées d’accéder à des séjours qui leur seraient dédiés.
Une nouvelle “Oasis” dans Paris
Depuis l’ouverture de l’Oasis fin janvier 2024, notre lieu d’accueil, d’hygiène et de soins réservés aux femmes, plus de 40 passages de femmes ont été recensés chaque jour et des dizaines de consultations médicales y ont été réalisées. Avec ce nouvel espace de 350m2 situé dans le 11earrondissement, notre ambition était de créer un écosystème de multiples services dédiés exclusivement aux femmes, avec un espace d’hygiène et d’accueil conséquent, ainsi qu’une offre de soins et de réinsertion sociale. Ce nouveau centre, dont la superficie a triplé, propose également de nouveaux espaces tels qu’une salle d’activités, un vestiaire ou une cuisine partagée et ouvre sur une plage horaire plus large.
Santé périnatale
Grâce à des études réalisées par l’Observatoire du Samusocial de Paris et à la création d’une équipe de promotion en santé, nous contribuons à mieux connaître ce public particulier et plus fragile.
L’action de nos équipes de maraude est divisée en deux grands principes. Tout d’abord, elles se rendent aux endroits où une personne a été signalée par des associations, institutions ou particuliers via le 115 de Paris. L’objectif de la maraude est d’aller à la rencontre des ces femmes, hommes et enfants en situation de détresse sociale afin de leur apporter l’aide dont ils ont besoin. Nos maraudeurs sont ainsi formés à recréer du lien social, ils peuvent offrir une boisson chaude, de l’eau, des couvertures de survie ou duvet en hiver, accompagner vers un centre d’hébergement d’urgence et soigner les blessures.
En parallèle des déplacements pour répondre aux signalements, les maraudes sillonnent la ville pour repérer les personnes à la rue, entrer en interaction, et leur apporter l’aide nécessaire en s’adaptant à chaque situation.
Les maraudes de nuit du Samusocial de Paris sont motorisées et composées uniquement de professionnels : un chauffeur accueillant social, un(e) travailleur(se) social(e) et un(e) infirmier(e). Nos maraudes ne sont donc pas bénévoles, ce qui garantit un service continu en allant à la rencontre du public 365 nuits/an. Nous accueillons des bénévoles sur d’autres missions en lien avec notre action sociale.
Les trois profils de maraudeurs de nos équipes sont complémentaires et permettent de concilier lien social et soins tout en quadrillant au maximum les rues de Paris.
Une maraude de jour, baptisée EMEOS (Equipe Mobile d’Evaluation et d’Orientation Sanitaire), est également déployée pour apporter une aide sanitaire aux personnes à la rue. Composée de trois infirmier(e)s, celle-ci se rend auprès des personnes signalées par les maraudes professionnelles et associatives de veille sociale. Elle constitue un relais aux maraudes de nuit.
Cette mission de maraude permet aux personnes installées dans les bois ou l’espace public, et qui n’ont pas ou plus accès aux soins, d’avoir une évaluation sanitaire et potentiellement d’être accompagnées vers un lieu de soins, tout en recréant du lien social. 5 demi-journées par semaine. L’équipe de maraude est renforcée par une psychiatre qui intervient auprès des personnes à la rue souffrant de troubles psychiatriques potentiels.
Plus que jamais, face au nombre grandissant de demandes, nos équipes de maraudes sont allées à la rencontre d’un grand nombre de personnes à la rue.
Près de 34 000 déplacements, dont plus de 15 000 sur signalements de particuliers ou partenaires, plus de 2 000 duvets distribués… nos maraudes restent mobilisées 365 jours/an, renforcées durant l’hiver. Proposer aux personnes vivant dans la rue une mise à l’abri pour la nuit, en fonction des places disponibles, figure parmi les missions principales de nos équipes de maraude. En 2019, ce sont ainsi près de 10 000 accompagnements qui ont été réalisés vers notre centre d’hébergement Romain Rolland, à Montrouge.
Dans ce centre, durant toute la nuit, le public accueilli peut recevoir un repas, prendre une douche, et si nécessaire recevoir des soins infirmiers. Le matin, les personnes rencontrent un(e) travailleur(se) social(e) afin de refaire leurs papiers d’identité, ouvrir leurs droits ou effectuer les démarches de demande de prise en charge pérenne dans un centre d’hébergement ou un logement social pour les plus autonomes.
Pour faire face à l’augmentation du nombre de personnes à la rue et poursuivre les actions de nos maraudes, les dons sont indispensables. Permettre aux personnes de ne plus dormir dans la rue est l’affaire de tous.
La question de la mixité de nombreux lieux d’accueil, d’hygiène et de soins est un frein majeur à la prise en charge et l’accompagnement des femmes en situation de grande précarité. Les femmes à la rue sont beaucoup plus vulnérables à certaines problématiques de santé, notamment liées à l’hygiène intime. Selon une enquête menée par l’Observatoire du Samusocial de Paris, seulement 10% des usagers des bains-douches sont des femmes. Une faible proportion expliquée par la peur qu’ont les femmes très précaires de se rendre dans ce type de lieu. En cause, la mixité des espaces et leur fonctionnement peu adapté aux femmes et à leur besoin d’intimité. Elles se changent dans les toilettes publiques, ou encore dans les cafés, bars ou restaurants pour 30% d’entre elles, et celles qui n’ont pas de protections intimes utilisent du papier toilette.
Maraudes
Chaque nuit, 6 à 8 équipes mobiles vont à la rencontre des personnes sans abri, dont 12% en moyenne sont des femmes, grâce aux financements publics et à la générosité de nos donateurs.
Accueil et hébergement
Chaque soir, plus de 300 femmes sont hébergées dans nos établissements. Les centres Babinski et Championnet offrent un dispositif qui permet d’héberger les femmes seules pour éviter les problèmes de mixité. De plus, la Maire de Paris a ouvert une Halte Femmes au sein de l’Hôtel de Ville, et en a confié la gestion au Samusocial de Paris. Ce lieu offre un accueil de jour, un hébergement collectif pour 39 femmes et un accompagnement social. Après deux ans d’exercice, il avait déjà accueilli 434 femmes le jour et 689 femmes la nuit. 69% des sorties ont eu lieu vers un dispositif pérenne en 2020. «Dans tous nos centres, nous développons un accompagnement pluridisciplinaire pour faire face aux problématiques que les femmes rencontrent. Nous leur proposons un accompagnement social et travaillons avec un réseau de partenaires spécialisés sur de nombreuses thématiques.» — Marie Lazzaroni, Samusocial de Paris.
Hygiène et soins
Pour de nombreuses femmes sans abri, maintenir son corps propre répond à un désir de normalité leur permettant de garder une estime d’elle-même. Rester propre c’est aussi pour certaines une façon de masquer ses difficultés, de ne pas être identifiée comme une personne à la rue, et donc vulnérable. «Certaines femmes font de nombreux aller-retour entre les centres d’hébergement et la rue. Lorsqu’on les voit réapparaître dans les structures, souvent, la première chose qu’elles demandent est de prendre une douche, alors qu’elles n’ont aucune autre demande. La douche représente un temps particulier, une sorte de sas.» — Margaux, infirmière.
Grâce aux dons de particuliers et à la contribution de mécènes sensibles à la cause des femmes sans domicile, l’Oasis, un lieu d’hygiène et de soins, a été créé en mars 2019 au sein des bains-douches de la rue de Charenton mis à disposition par la Ville de Paris, dans le 12earrondissement. Son but : proposer un lieu où l’intimité soit préservée, la parole libérée, et où l’accès à des consultations infirmières et gynécologiques est rendu possible. En deux ans et demi d’ouverture, l’Oasis comptabilise plus de 3000 douches prises, 1750 kits d’hygiène distribués et plus de 5000 collations prises. Fort de son succès, ce dispositif devait se déplacer dans un endroit plus adapté au projet social. Il vient d’ouvrir ses portes aux femmes sans abri, fin janvier 2024. Déjà plus de 40 femmes par semaine le fréquentent depuis son ouverture, retrouvant petit à petit leurs repères. Dédié au repos et à la création de lien, l’Oasis porte bien son nom : tout y est calme et apaisant.
Santé
Des ateliers de prévention et de sensibilisation sur la santé sexuelle et reproductive sont organisés dans nos structures avec nos partenaires AIDES, Gynécologues Sans Frontières et une sage-femme de la PMI de l’Hôtel-Dieu. Pour lutter contre la précarité menstruelle, nous avons noué depuis fin 2018 un partenariat avec Règles élémentaires, qui a permis de récolter plus de 60000 protections périodiques distribuées dans nos structures et par nos équipes de maraude. Outre leur état de santé physique, c’est aussi la santé mentale des femmes qui est prise en compte avec l’intervention de psychologues et d’infirmières dans les centres. L’association TRACES, propose des séances avec un.e psychologue au Centre d’Hébergement d’Urgence pour Migrants d’Ivry-sur-Seine. Des ateliers de revalorisation d’estime de soi sont également assurés dans certaines de nos structures par l’association Joséphine ou grâce à la Fondation L’Oréal.
La générosité de nos donateurs est essentielle pour poursuivre nos actions mais aussi pour mettre en place de nouveaux projets pour les femmes.
Séjours pour les mères et les femmes isolées
Face aux problématiques rencontrées par l’hébergement collectif, nous avons pour projet de permettre aux mères seules et aux femmes isolées d’accéder à des séjours qui leur seraient dédiés.
Une nouvelle “Oasis” dans Paris
Depuis l’ouverture de l’Oasis fin janvier 2024, notre lieu d’accueil, d’hygiène et de soins réservés aux femmes, plus de 40 passages de femmes ont été recensés chaque jour et des dizaines de consultations médicales y ont été réalisées. Avec ce nouvel espace de 350m2 situé dans le 11earrondissement, notre ambition était de créer un écosystème de multiples services dédiés exclusivement aux femmes, avec un espace d’hygiène et d’accueil conséquent, ainsi qu’une offre de soins et de réinsertion sociale. Ce nouveau centre, dont la superficie a triplé, propose également de nouveaux espaces tels qu’une salle d’activités, un vestiaire ou une cuisine partagée et ouvre sur une plage horaire plus large.
Santé périnatale
Grâce à des études réalisées par l’Observatoire du Samusocial de Paris et à la création d’une équipe de promotion en santé, nous contribuons à mieux connaître ce public particulier et plus fragile.
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