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Partager plus qu’un hébergement

01 May 2017 • Témoignage

Le témoignage date de mai 2017.

Le programme Elan accompagne et facilite l’accueil de personnes réfugiées chez des particuliers. Rencontre avec une famille heureuse et un peu plus nombreuse depuis neuf mois.


A la table familiale, toutes les générations confondues profitent de la fraîcheur du soir autour d’un verre de rosé. Dans ce joli tableau familial de banlieue parisienne, Kelvin semble avoir trouvé sa place. Grâce au programme Elan, ce refugié camerounais de 31 ans partage depuis neuf mois son quotidien avec Albane, Patrick, et leurs trois enfants Foucault, Jean, et Raphaël. « Cela fait dix ans que nous accueillons des refugiés chez nous pour un ou deux mois en général. Nous avons accueilli des Ukrainiens, des Ethiopiens, des Pakistanais, des Egyptiens, des Russes, ou encore Taiwanais … La liste est longue. Nous étions donc prêts à accueillir Kelvin dans notre famille pour une durée plus importante ».

 

Une nouvelle vie pour Kelvin

 

Né il y a un an et demi afin d’accompagner et sécuriser l’élan de solidarité de certains particuliers envers les demandeurs d’asile, le programme ELAN du Samusocial de Paris propose un engagement minimum de trois mois. « Il s’agit d’accueillir et non pas simplement d’héberger. C’est une nuance importante, explique Nadège Letellier, la responsable du programme. Les familles d’accueil et la personne refugiée doivent avoir envie de partager des choses, de vivre ensemble ». Pour Kelvin, l’expérience est très positive. « Je suis très heureux ici, je me sens comme à la maison. Quand je dis à mes amis que j’ai des parents français, ils s’étonnent toujours, mais c’est vrai ! » Dans quelques semaines, Kelvin quittera le cocon de sa famille d’accueil pour commencer une nouvelle vie. Après avoir décroché un emploi d’agent de sécurité, le jeune homme va s’installer dans un petit studio à Stains en Seine-Saint-Denis. « Kelvin est très sérieux. Il était très concentré sur sa recherche de travail. Nous avons révisé l’examen d’agent de sécurité ensemble pendant un mois », se félicite Albane.

 

Une richesse dans la gratuité

 

« L’expérience demande un peu de courage au début. Ouvrir sa maison, son cœur, faire confiance à un inconnu. On a envie que ça soit le plus joyeux possible, même si ça ne peut pas toujours l’être. Accueillir quelqu’un dont on ne connait pas l’histoire c’est accepter son habitus, sa manière de vivre, ses soucis ».  La richesse de la rencontre, vient aussi de là, insiste la famille. « Si nous le faisons, c’est que ça nous rend heureux. »
 



Mise à jour : octobre 2018

Cette cohabitation s'est terminée en aout 2017, après 9 mois de partage de la vie quotidienne. Kelvin qui ne parlait pas un mot français a pu acquérir la maitrise de la langue, se former au métier d'agent de sécurité et a trouvé un CDI à temps plein à l'issue de sa formation. Il a été relogé dans un T2 situé en région parisienne.


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