Le Samusocial de Paris entame un nouveau chapitre. Après un mandat de six ans marqués par des défis majeurs, Alain Christnacht passe le relais à Olivier Rousselle. Ce changement est l'occasion de revenir sur l'engagement de celles et ceux qui portent au quotidien la mission d'inconditionnalité et de lutte contre l'exclusion.
Depuis plus de 30 ans, le Samusocial de Paris s'adapte sans cesse pour répondre aux besoins des personnes les plus précaires en Île-de-France. Aujourd'hui, Olivier Rousselle nous livre sa vision du Samusocial de Paris.
Entretien avec Olivier Rousselle, nouveau Président du Samusocial de Paris
Olivier Rousselle, quel est votre parcours jusqu'ici et qu'est-ce qui vous amène aujourd'hui à cette présidence ?
« J'ai appartenu aux cabinets ministériels entre 1983 et 1986 puis entre 1988 et 1993 au ministère des affaires sociales, au ministère de l'économie et des finances, puis à Matignon. J'ai ainsi connu la période de hausse des prestations sociales, de l'amélioration de la couverture sociale mais aussi de la prise en charge de ce que l'on appelait la nouvelle pauvreté qui a conduit à financer des actions de solidarité par l'augmentation de l'impôt sur les grandes fortunes. En 1988 le RMI a été mis en œuvre. J'étais également conseiller du Premier ministre lorsque nous avons dépénalisé la mendicité et le vagabondage par la loi du 16 décembre 1992.
Maître des requêtes au Conseil d'État, j'ai été l'un des rapporteurs de la future loi sur l'exclusion et notamment des dispositions sur la domiciliation des personnes sans domicile fixe. De 1999 à 2005 j'ai dirigé le Fonds d'action sociale pour les travailleurs immigrés et leur famille (Fastif) devenu en 2002 le Fonds d'aide et de soutien à l'intégration et à la lutte contre les discriminations (Fasild) qui jouait un rôle central dans le financement des actions en matière de logement, d'éducation, de culture en faveur des immigrés. J'ai été à mon retour au Conseil d'Etat rapporteur à la section sociale et dans une chambre spécialisée dans les contentieux du Dalo et président du bureau d'aide juridictionnelle qui permet aux faibles revenus de bénéficier du soutien d'un avocat. J'ai également été membre de la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde). »
Qu'est-ce qui vous a donné envie de devenir Président du Samusocial de Paris ?
« Je viens d'une région rurale et j'ai été témoin direct des effets du décrochage social et des accidents de la vie y compris dans ma famille et de ses effets rapides sur les chances de survie. [...] Le Samusocial de Paris a donc un rôle irremplaçable qui est d'éviter le naufrage et de préserver dans un premier temps la vie. C'est une mission très noble qui se rattache à ce droit à la vie. »
Quel message souhaitez-vous adresser aux équipes à l'aube de votre présidence ?
« Que je suis très heureux de les rejoindre, et que je me réjouis de venir bientôt à leur rencontre ! Je sais déjà que je vais rencontrer des professionnels engagés et passionnés, et apprendre beaucoup à leur contact. [...] Je suis impressionné de voir à quel point le Samusocial de Paris a adapté son action à ces réalités, avec des réponses aux besoins des femmes, des familles, des enfants, des personnes âgées... Aujourd'hui il fait bien plus que répondre à l'urgence sociale, il accompagne les personnes de manière holistique, et il est présent à toutes les étapes de leurs parcours. [...] Je voudrais dire aux équipes que leur action reste plus indispensable que jamais, et que je serai heureux d'y contribuer. »
Ce passage de témoin réaffirme l'engagement du Samusocial de Paris : rester fidèle à ses principes fondateurs d'aller-vers et d'inconditionnalité, tout en adaptant son action aux nouvelles réalités de l'exclusion. Sous l'impulsion de cette nouvelle présidence, le Samusocial de Paris poursuivra son accompagnement holistique, convaincu que chaque parcours mérite une réponse digne, humaine et adaptée.