#EnfanceSansDomicile Témoignage de Mansour

Comment vis-tu le fait d’être à l’hôtel ?

Bien, parce qu’il y a des gens qui n’ont pas de toit. Il faut juste être habitué, savoir vivre avec les cafards. Quand j’étais petit je ne voulais pas dire à mes amis où je vivais, mais maintenant ça ne me dérange pas, je n’ai rien à cacher.


As-tu beaucoup d’amis ?

Beaucoup moins que mon frère. J’ai un ami qui vivait dans le même hôtel que nous dans le 18ème. Je l’ai connu quand j’avais 11 ans. Je vais tous les jours chez lui, il a un appartement maintenant. Je ne m’en suis pas fait d’autres, ça ne m’intéresse pas. J’ai lui et ma copine.


Vas-tu à l’école ?

Je cherche un patron pour une alternance en restauration. J’ai arrêté l’école en 5e, je restais dehors, je séchais. J’ai repris en 3e. Aujourd’hui, je regrette de ne pas avoir suivi un cursus général. L’école, c’est de l’argent invisible. J’aurais voulu être policier ou éducateur, mais mon éducateur m’a dit que c’était impossible.


As-tu toujours vécu avec ta mère et tes frères en France ?

J’ai fait six mois dans un foyer de la Protection Judiciaire de la Jeunesse quand j’avais treize ans. J’y suis resté un mois et j’ai fugué pour rentrer chez moi. Je n’aimais pas dormir sans ma famille.

 
Aimerais-tu avoir une chambre pour toi tout seul ?

Oui et non. J’ai l’habitude d’être avec ma famille, même si j’aimerais avoir mon intimité. Si je prends un appartement un jour, j’emmènerais ma mère et mon petit frère Adam.


Que fais-tu pendant la journée ?

Je joue au foot, je vais voir ma copine et mon ami, et je joue à la Play le soir.

 
Qu’aimerais-tu faire comme activités ?

De la boxe ! J’avais commencé la boxe éducative, ce sont des entraînements sans combat, mais j’ai commencé à fumer et je n’avais pas assez pour payer le club et acheter des chaussures adaptées. On se partage deux paires de chaussures à trois et l’ensemble des vêtements… Il y a des choses plus importantes que de payer une licence de boxe. Je touche 130€ par mois en faisant des stages dans la restauration, j’en donne la moitié à ma mère.


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