ÉtuCris, l’enquête qui en dit long sur les étudiant·es en situation de précarité. | Samusocial de Paris
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ÉtuCris, l’enquête qui en dit long sur les étudiant·es en situation de précarité.

20 Oct 2022 • Actualité

Mieux connaître et faire connaître les publics en difficulté qu’il rencontre afin de mieux les accompagner, tel est l’ADN de l’Observatoire du Samusocial de Paris au travers de ses enquêtes. ÉtuCris - comme Étudiantes et étudiants en crise, à l’aide alimentaire - s’est penchée avec attention sur ces jeunes hommes et jeunes femmes, c’est même plutôt l’inverse, inscrits dans l’enseignement supérieur et qui viennent chercher l’aide alimentaire francilienne. Son rapport vient de paraître.

 

De décembre 2021 à avril 2022, les auteur·es de cette étude confiée à l’Observatoire du Samusocial de Paris par la Mairie de Paris sont allé·es à la rencontre de ces étudiant·es qui fréquentent des lieux de distribution alimentaire, principalement parisiens (Co’P1, Linkee, Les Restos du Cœur, Le Secours populaire, l’AGORAé de Paris et On Remplit le Frigo), dont ils·elles sont souvent éloigné·es. L’analyse de quelque 477 questionnaires très fouillés, et bien entendu anonymes, a permis la rédaction d’un rapport d’enquête de plus de 200 pages.
En plus de dessiner un portrait sociodémographique très précis de ces étudiant·es, il dresse un état des lieux des conditions de vie (difficile accès aux soins, au logement et à l’emploi) de ces 285 femmes et 192 hommes qui ont recours à cette forme d’aide sociale, l’aide alimentaire, en moyenne une fois par semaine.
 

Une enquête d’envergure pour alerter

« Notre ambition est clairement d’alerter sur la situation de cette population étudiante très médiatisée pendant la crise sanitaire mais vers lesquelles peu d’études poussées ont été dirigées. C’est en partant de ce constat que la Mairie de Paris nous a sollicité pour cette enquête d’envergure », souligne Lorraine Guénée, sociologue et coordinatrice d’ÉtuCris auprès de l’Observatoire du Samusocial de Paris. Toute l’équipe a été mobilisée, et épaulée par une quarantaine de bénévoles, pour interroger la cible, en face-à-face lors des distributions de nourriture ou par téléphone, grâce à la mise en place d’un véritable call center.

 

L’enquête a été complétée, pour son volet qualitatif, par un entretien approfondi avec 38 étudiant·es sélectionné·es, riche d’enseignements « On y a décelé six expériences de sans-abrisme, après un hébergement chez un tiers qui s’est mal terminé », cite en exemple Lorraine Guénée.
 

Un public étudiant vulnérable

La présence accrue de ces étudiant·es, dont l’âge moyen est de 24,5 ans, sur les lieux de distribution d’aide alimentaire s’explique en grande partie par le fait que, hormis des étudiant·es français·es et boursier·es à faible taux, ils·elles sont d’origine étrangère à 80%. Arrivés récemment en France, pour 56% d’entre eux·elles, afin de poursuivre leurs études supérieures (lettres, Ingénierie, Économie, etc.) et espérer un avenir meilleur, ils ne maîtrisent pas le fonctionnement de nos services socio-médicaux. De plus, 42% de ces jeunes adultes sont confrontés à de nombreux obstacles administratifs (documents de séjour, carte Vitale, aides au logement…) bloquant leur accès aux soins, au logement, à l’emploi et les rendant particulièrement vulnérables. C’est ainsi que 69% des étudiant·es interrogé ·es ont avoué éprouver des difficultés à finir le mois avec leur budget

Certaines conclusions de l’étude touchent du doigt une triste réalité : ces étudiant·es, malgré les distributions de nourriture auxquelles ils·elles se rendent en moyenne une fois par semaine, se retrouve en état de faim modéré à sévère pour 26% d’entre eux·elles et, à 36%, en état dépressif majeur.


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