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Chaque jour, 3 femmes seules sur 4 qui appellent le 115 de Paris ne trouvent pas de place d’hébergement.
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Résumé du rapport Onpes Expulsions locatives – 27/10/2017

 

L’engagement d’un « processus » d’expulsion locative – du jugement portant officiellement demande d’expulsion à l’expulsion physique du logement – conduit une partie des personnes concernées à recourir aux services d’urgence sociale. Ce rapport cherche à caractériser ces personnes parmi celles ayant recours au « 115 de Paris », plateforme d’hébergement d’urgence conçue pour l’orientation et l’hébergement des sans-abri, à partir des données recueillies par les écoutants de cette plateforme.

Les personnes ayant bénéficié d’un « Droit de Priorité Préfectoral » (qui permet aux personnes expulsées de leur logement par les forces de l’ordre d’accéder directement à l’hébergement d’urgence) sont facilement repérables dans la base de données, mais très peu caractérisées du fait de l’automaticité de l’attribution d’un hébergement. Outre ces personnes, il a fallu aussi identifier, en consultant les notes textuelles renseignées lors de chaque appel, les personnes ayant quitté leur logement avant cette ultime étape. Les informations recueillies étant souvent imprécises, ces personnes ont été classées en deux autres groupes, selon que l’expulsion était jugée, à l’examen des notes, « avérée », ou seulement « possible ».

La nature même de la base du 115 limite les connaissances qui peuvent en être tirées (chiffrage imprécis, données manquantes, ne permettant pas de pousser très loin la spécification des profils des personnes), et le prisme du 115 ne permet pas, par construction, de savoir ce que sont devenues celles des personnes expulsées qui n’ont pas été en contact avec le dispositif d’urgence sociale, ni d’identifier et de quantifier tous les types de trajectoires entre l’expulsion et le premier contact. L’exploitation des données du 115 a toutefois permis de mettre la lumière sur les modes d’entrée et les trajectoires, dans l’hébergement d’urgence, des personnes ayant subi une expulsion.

Les personnes hébergées via le dispositif préfectoral bénéficient d’une prise en charge prioritaire pour 14 nuitées. Elles font un usage circonstancié du dispositif, et pour elles le 115 fonctionne comme un filet de sécurité temporaire, à partir duquel elles rebondissent relativement rapidement, comme l’atteste leur durée d’hébergement, bien plus courte que celle des autres usagers. Leur installation durable dans le dispositif semble relativement marginale. Les données parcellaires de la base ne nous permettent pas de savoir comment et où elles ont été relogées.

La situation des « expulsés avérés » par le 115 est plus contrastée. Ils ne bénéficient d’aucun avantage relatif par rapport aux autres usagers du dispositif d’urgence, une fois considérés leur statut matrimonial et leurs ressources. Dans leur grande majorité, ces personnes apparaissent moins fragiles que les autres appelants : elles ont plus souvent des revenus, notamment tirés du travail, sont moins souvent nées à l’étranger et, lorsqu’elles le sont, ont des situations administratives moins précaires. Leur durée moyenne (et médiane) d’hébergement est plus courte que celle des non expulsés. Certains (essentiellement des personnes isolées) s’inscrivent toutefois durablement dans le dispositif d’urgence. Les « expulsés possibles » ont une durée d’hébergement plus longue que les précédents.

L’ouverture des fiches a permis d’illustrer des parcours parfois complexes : certains alternent prise en charge par le 115, hébergement chez un tiers, voire passage par des squat ou autres solutions temporaires.

Une évaluation plus précise de la situation des personnes expulsées et de leurs parcours avant, pendant et après l’hébergement d’urgence, ou n’ayant pas recours à ce dernier, nécessiterait un suivi systématique d’un échantillon de ménages expulsés de leur logement et ayant bénéficié d’un droit de priorité, ou ayant quitté leur logement en cours de procédure.

 

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Profil socio-sanitaire et besoins de suivi sanitaire des personnes migrantes et réfugiées accueillies dans les centres d'hébergment d'Ile-de-France

 

Soutien : ARS Ile-de-France

  On estime que 15% des personnes évacuées des campements en Ile-de-France ont pu bénéficier du bilan d’orientation infirmier. Dans les centres visités, environ la moitié des personnes visées n’a pas souhaité rencontrer les infirmier.e.s ou n’étaient pas présentes lors de leurs visites. Les limites budgétaires n’ont pas non plus permis d’élargir le dispositif pour qu’il soit opérant dans chaque centre et qu'il puisse toucher également une population qui jusqu’à maintenant n’a pas été couverte, celle des centres ou hôtels accueillant des femmes et des enfants.
  Nous nous sommes intéressées plus particulièrement à la population arrivée en France depuis moins de 18 mois, c'est-à-dire issue de la récente vague migratoire. Ces personnes constituaient la cible initiale du dispositif, lié aux évacuations des campement parisiens. Les parcours des personnes ayant effectivement participé aux bilans sont plus hétérogènes (plus de 20% des bilans réalisés ont été faits pour des personnes n’étant pas passées par un campement, et 10% pour des personnes arrivées en France depuis plus de 18 mois, qu’elles soient ou non passées par un campement).

  Cette population reste majoritairement masculine, jeune et célibataire, et quand les enquêté.e.s sont marié.e.s, leur conjoint.e n’est pas en France. Logiquement, le ressenti de la solitude est très élevé. Trois pays d’origine sont beaucoup plus représentés que les autres : le Soudan, l’Afghanistan et l’Erythrée (respectivement 40%, 32% et 12%).
  L’information sur la couverture maladie n’a pas été systématiquement demandée, puisque le recueil de cette information n’était pas prévu dans la première version du questionnaire, conçue pour des personnes sans couverture sociale car arrivées depuis peu sur le sol français. Des modifications du questionnaire ont été faites par la suite. En définitive, nous avons cette information uniquement pour les personnes hébergées dans les centres parisiens et elle n’est disponible que dans la moitié des cas. Une personne sur quatre a indiqué avoir une telle couverture. Les personnes ne semblent pourtant pas très éloignées d’un suivi médical puisque 70% ont rencontré un professionnel de santé dans l’année écoulée.
  Les problèmes chroniques touchent 16% d’entre elles. Les systèmes les plus fréquemment touchés sont les systèmes respiratoire, digestif et métabolique ou endocrinien. La moitié des personnes ayant déclaré au moins une maladie chronique ont déjà reçu un traitement pour ce problème, mais ce traitement était interrompu dans 28% des cas au moment du bilan.
  D’autres symptômes ou plaintes somatiques non chroniques sont mentionnés par les trois-quarts des personnes. Les plus fréquents sont les problèmes buccodentaires et ostéo-articulaires.
  Le statut pondéral des personnes a pu être calculé dans plus de 85% des cas. Ces mesures montrent que le surpoids est fréquent (une personne sur quatre). La pression artérielle a pu être mesurée chez 94% des personnes : parmi celles qui n’étaient pas hypertendues connues, 9% présentaient une hypertension possible, et parmi celles ayant signalé être hypertendues, près des trois quarts avaient des chiffres tensionnels supérieurs aux normes. Enfin, le test de glycémie capillaire a pu être réalisé dans 76% des bilans et 12% des personnes présentaient des chiffres supérieurs au seuil de normalité choisi.
  Plus de la moitié avait au moins un des quatre symptômes psychologiques explorés  (essentiellement des troubles du sommeil), ce ou ces symptômes étai(en)t presque toujours présent(s) depuis plus d’un mois, et récurrent(s) dans un tiers des cas. Les antécédents de recours à des spécialistes en santé mentale sont faibles : une personne sur dix seulement a dit avoir vu un tel spécialiste et très peu ont participé aux séances collectives qui devaient être organisées par les EMPP  dans les centres parisiens.  De telles séances semblent avoir rarement eu lieu dans les faits. Il est aussi possible qu’existent des réticences face à de telles consultations, liées à des préconceptions culturelles négatives et à des difficultés d’accès à ces services dans les pays d’origine.
  A l’issue des bilans, les trois quarts des personnes se sont vues proposer au moins une orientation sanitaire, et au total 878 orientations ont été proposées. Les infirmier.e.s ont jugé que 45 de ces propositions d’orientation relevaient de l’urgence (6% des personnes). Une orientation vers un généraliste a été proposée à 47% des personnes, tandis que 34,5% se sont vues proposer une orientation vers un professionnel de santé mentale, 27% vers un dentiste et 9% un autre professionnel de santé, essentiellement un ophtalmologiste.
  Un tiers des personnes avait exprimé le souhait de rencontrer un psychologue ou un psychiatre. Une orientation de ce type leur a été proposée dans 90% des cas. Pour 17% des personnes ayant au moins un symptôme psychologique récurrent, aucun besoin d’orientation n’a été noté.
Le pays de naissance a une incidence non négligeable sur :
- la couverture sociale maladie (plus souvent présente, bien que de façon toujours minoritaire, chez les personnes originaires d’Afghanistan ou d’autres pays que le Soudan ou l’Erythrée),
- la prévalence globale des problèmes de santé chronique (de moins de 10% pour les érythréen.ne.s à près d’un tiers pour les personnes originaires d’autres pays que les trois cités),
- la fréquence globale  des symptômes non chroniques (à l’inverse plus élevée chez les personnes originaires d’Erythrée ou du Soudan)
- et les propositions d’orientation : vers un service d’urgence hospitalier (moins fréquentes pour les migrant.e.s originaires des trois pays les plus représentés), vers un généraliste (moins fréquentes pour les Soudanais.e.s) et vers un dentiste (moins fréquentes pour les Soudanais.e.s et les Afghan.e.s).

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Dans le contexte de resctructuration du Réseau Psychiatrie et Précarité, l'objectif de cette enquête est d'estimer la fréquence des troubles psychiques dans les Lits Halte Soins Santé du Samusocial de Paris, de mieux connaître leur nature, leur mode de prise en charge, et les éventuels besoins en matière de suivi spécialisé.&nbsp;<a href="https://www.samusocial.paris/sites/default/files/images/enq_sante_mental... target="_blank">TELECHARGER LE RAPPORT</a>

Quels problèmes rencontre-t-on au cours de sa grossesse ? Qu'en fait-on ? Que nous font-ils ? Ces questions simples ont guidé une enquête ethnographique auprès de femmes enceintes, résidant en Seine-Saint-Denis et reflétant différents aspects de la précarité (sociale). Plus précisément, elles nous ont conduit à suivre pas à pas un nombre limité de femmes au cours de leur grossesse, dans l'ensemble de leurs rendez-vous et consultations, avec des soignants, des intervenants sociaux, et d'autres interlocuteurs, qui jouent un rôle direct ou influencent indirectement le déroulement et l'expérience de la grossesse. Ces interrogations nous ont également amenés à prendre en compte le point de vue des professionnels de santé, sur les principaux problèmes vécus par les femmes. Au fur et à mesure des suivis ethnographiques et des entretiens avec les soignants, nous avons documenté et examiné ce que l'on pourrait appeler une logiqie de malentendus réciproques. 

 

Date de publication du rapport : novembre 2015

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Soutien : Le projet ENFAMS existe grâce au soutien financier de différents partenaires : l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France (ARS), le Cancéropôle Ile-de-France, la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), la Fondation de France, la Fondation Macif, la Fondation Sanofi Espoir, la Fondation State Street, l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), l’Institut de recherche en santé publique (IReSP), l’Institut de veille sanitaire (InVS), le Ministère de l’Intérieur, l’Observatoire national de l’enfance en danger (ONED) et l’entreprise Procter et Gamble.  

 

Date de publication du rapport: octobre 2014

Les familles – des ménages composés d’enfants avec leur(s) parent(s) – constituent une part croissante de la population sans domicile. L’enquête ENFAMS (Enfants et familles sans logement) est la première, en France, à porter spécifiquement sur cette population.

 

Dans une perspective de sciences sociales et d’épidémiologie, elle vise à décrire les trajectoires, les conditions de vie et l’état de santé des familles, ainsi qu’à estimer la taille de la population à un moment donné.
Au premier semestre 2013, 801 familles ont ainsi été interrogées, en Ile-de-France. Elles étaient alors hébergées en centre d’hébergement d’urgence, en centre d’hébergement et de réinsertion sociale, en hôtel social, ou en centre d’accueil pour demandeurs d’asile. Pour participer à l’enquête elles devaient comprendre au moins un enfant de moins de treize ans, et parler une des 17 langues de l’étude.

 

Chaque famille éligible, consentant à participer à l’étude, a été rencontrée à deux reprises, au sein de sa structure d’hébergement. Dans un premier temps, un binôme d’enquêteurs (dont un psychologue) a interrogé un des parents et, le cas échéant, un enfant, et réalisé un test psychométrique. Dans un second temps, des mesures anthropométriques et des prélèvements ont été faits par une infirmière. Ce rapport présente les premières analyses issues de ces données.

 

Il apparaît d’abord que les familles entrent dans le système d’hébergement après un parcours personnel et résidentiel heurté, à l’issue duquel elles paraissent avoir épuisé différentes formes d’accueil – limitées notamment par une grande précarité administrative. Elles se retrouvent alors vulnérables à différents titres. Entre autres indicateurs, une pauvreté et une insécurité alimentaire généralisées traduisent le fort dénuement matériel dans lequel sont plongés ces ménages. Les familles sont en outre exposées à une forte mobilité résidentielle, souvent imposée et non préparée, qui complique considérablement leur accès aux institutions, aux services sociaux, à l’école, ou encore à la santé. Les indicateurs de santé retenus sont d’ailleurs alarmants, que l’on s’intéresse à la santé physique, à la santé mentale ou encore au recours aux soins. La situation des enfants, notamment, est particulièrement préoccupante.

Ces premières analyses dressent donc un tableau assez sombre, qui appelle des réformes claires du système d’hébergement, au premier rang desquelles figure la limitation de l’instabilité résidentielle.   

 

Le rapport

Les questionnaires :

- Au parent
- Au parent sur l'enfant de 0-5 ans
- Au parent sur l'enfant de 6-12 ans
- A l'enfant de 6-12 ans
- Questionnaire infirmière
 
          
 
Contact : Guyavarch E (e.guyavarch@samusocial-75.fr)

              Le Méner E (e.lemener@samusocial-75.fr)

 

 

LES ARTICLES  

 

Emmanuelle Guyavarch, Erwan Le Méner, Stéphanie Vandentorren “Enfance sans logement, enfance en danger ?” Réalités familiales 2014, pp.52-54.
 
Emmanuelle Guyavarch, Elsa Garcin, “ Publics hébergés par le 115 de Paris : une forte progression des familles”, Informations sociales, 2014/2 n° 182, pp. 142-149.
 
Guyavarch, E., Le Méner, E. & Oppenchaim, N. 2014 (en cours d'évaluation). La difficile articulation entre les espaces du quotidien chez les enfants sans-logement. Les annales de la recherche urbaine.
 
Le Méner, E. & Oppenchaim, N., 2014 (à par.). Les contreparties de l’attachement à l’école
des familles sans-logement. Métropolitiques.org.
 
Le Méner E., Diallo A., Guyavarch E., Mozziconacci A., Oppenchaim N., Vandentorren S., Rapport pour l’ONED, à par., avril 2013. "Enfances à l’hôtel. Une enquête exploratoire sur la vie quotidienne des familles à l’hôtel".
 
Le Méner, E. & Oppenchaim, N., 2013. L’intérêt scientifique d’une démarche participative :le cas d’une enquête par questionnaire avec des personnes anciennement sans logement. Nouvelles pratiques sociales, 25(2), p.89.
 
Le Méner, E., 2013a. Quel toit pour les familles à la rue ? L’hébergement d’urgence en hôtel social. Métropolitiques.org.
 
Le Méner, E., 2013b. L’hôtellerie sociale : un nouveau marché de la misère ? Le cas de l’Îlede-France. Politiques sociales et familiales, 114(1), p.718.
 
Le Méner, E. et al., 2013. Enfances à l’hôtel. Une enquête exploratoire sur la vie quotidienne des enfants sans-logement, Paris: ONED / Observatoire du Samusocial de Paris.
 
Le Méner, E. & Oppenchaim, N., 2012. The Temporary Accomodation of Homeless Families in Ile-de-France : Between Social Emergency and Immigration Management.
European Journal of Homelessness, 6(1), p.83103.
 
Emmanuelle Guyavarch, Erwan Le Méner, “ Les familles sans domicile à Paris et en Ile-de-France : une population à découvrir” Politiques Sociales et familiales n°115, pp.80-86, 2012.
 
Emmanuelle Guyavarch, “ La prise en charge par le 115 de Paris : de l’homme seul à la famille avec enfants ” Soin à domicile n°22, septembre-octobre 2011, pp.24-26.
 
Guyavarch, E. & Le Méner, E., 2010. A Paris, de plus en plus de familles sans domicile. Le magazine de la Feantsa, (Automne), p.19-21.
 

 

 

LES COMMUNICATIONS 

 

« Séminaire recherche : le mal-logement », CNAF, 10 septembre 2014. « Loger les familles en hôtel social, l’enquête ENFAMS », Emmanuelle Guyavarch et Erwan Le Méner.
 
« Dynamiques locales, vulnérabilités sociales et santé : accessibilité aux soins des familles en situation de mal logement en Ile-de-France », Jangal C., « Espaces précaires, ségrégations et développement des territoires», Séminaire transversal du Master Géographie et Aménagement Université Nanterre Paris OPuest la Défense, 10 Janvier 2013.
 
« Inégalités territoriales de santé en Ile-de-France : accès, accessibilité et maintien du recours aux soins des enfants et des familles sans logement en Ile-de- France (Etude Enfams) », Jangal C., Colloque International « Futurs Urbains »Université Paris Est, 16-18 Janvier 2013.
 
« Dynamiques locales, vulnérabilités sociales et santé : accessibilité aux soins des familles en situation de mal logement en Ile-de-France », Jangal C., Troisième journée des doctorants du LAVUE, Université Paris Val de Seine, 5-6 Février 2013.
 
« Dynamiques locales, vulnérabilités sociales et santé : Accessibilité aux soins, santé périnatale et infantile des familles en situation de mal logement en Ile-de-France. », Jangal C., Journée d’étude du REHAL Quoi de neuf chercheurs, Paris, 18 juin 2013.
 
« Inégalités territoriales d’accès aux soins en santé périnatale et infantile: Exemple des familles sans logement en Ile-de-France (Etude Enfams) » Jangal C., Colloque international dynamiques urbaines et enjuex sanitaires, Université Nanterre Paris Ouest La Défense, 11-13 septembre 2013.
 
« Méthodologie d’enquête auprès des personnes sans domicile. L’enquête ENFAMS », Caum C., Journée scientifique Epiter au Val de Grâce le 27 septembre 2013.
 
« Enfants et familles sans logement: la situation française », Lapachi G., Caum C., Le Méner E., Congrès 2013 de la FEANTSA: « Investir dans les jeunes pour éviter une génération perdue », 7-8 novembre 2013, Prague.
 
« La traduction en train de se faire : entre bricolage savant et intelligence profane. Le cas d’une enquête par questionnaire sur des familles sans-logement», Hainagiu M., Le Méner E., Colloque international « Traduction et innovation », Université Paris Diderot / UIUC, Paris, décembre 2012
 
« La vie quotidienne d’enfants en hôtel : un compte-rendu ethnographique », Séminaire de sociologie urbaine de M. Berger, Université Catholique de Louvain, Le Méner E., décembre 2012.
 
« Présentation et premiers résultats de la recherche-action sur les enfants et les familles sans logement (ENFAMS)». Vandentorren S., Le Méner E., Séminaire « Situations de grande précarité chez les femmes et les enfants en Ile-de-France : approches pluridisciplinaires », Agence Régionale de Santé d’Ile-de-France, novembre 2012.
 
« Sociologie des sans-domicile et sociologie des migrations : une ignorance mutuelle? Quelques interrogations issues d’une enquête sur les familles « sans logement », Le Méner E., Atelier migrations, EHESS, Paris, novembre 2012.
 
« L’observation : savoir profane ou expertise sociologique ? Comment observer l’alimentation d’enfants vivant en hôtel », Le Méner E., Séminaire « Santé et santé publique:apport des méthodologies en sciences humaines et sociales », Agence Régionale de Santé d’Ile-de-France, octobre 2012.
 
« La traduction en train de se faire : entre bricolage savant et intelligence profane. Le cas d’une enquête par questionnaire sur des familles sans-logement». Hainagiu M., Le Méner E., Colloque universitaire «  La traduction spécialisée : aspects pragmatiques et interculturels », Université de Gala?i, Roumanie, juin 2012.
 
« Entrer sur le terrain. L’exemple d’une observation participante dans un hôtel social francilien», Séminaire de sociologie urbaine de M. Berger, Université Catholique de Louvain Le Méner E., novembre 2011.
 
« Le projet ENFAMS", Rencontres Solipam  2011 Le Méner E., Paris, novembre 2011 - Lien : http://www.solipam.fr/Rencontres-SOLIPAM-2011,154
 
Intervention à la première table ronde du colloque « Vivre la pauvreté quand on est un enfant », MIPES/DROS/DRIE/CNLE/ONPES Le Méner E., Paris, novembre 2011
 
« Who are the French Homeless Families ? », European Research Conference “Homelessness, Migration and Demographic Change in Europe”, FEANTSA / ENHR / Union Européenne Le Méner E. et Guyavarch E., Pise, septembre 2011

Soutien : la Fondation l'Oréal, l'Agence Régionale de Santé, l'Institut de Veille Sanitaire, l'Institut Nationale de Prévention et d'Education pour la Santé, la Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain, Peugeot, State Street, Cooper, Sanofi, GDF Suez, BIC, Blue Link, le Rotary Club et Tisseco Solidaire. 

 

Date de publication du rapport: décembre 2013

Bien que de nombreuses mesures aient été mises en place pour prendre en charge et limiter la transmission des ectoparasitoses dans les centres d’hébergement, ces dernières restent un problème prégnant pour les personnes fréquentant les différents accueils de jour ou vues par les maraudes de nuit à Paris. Les objectifs de l'enquête HYTPEAC étaient de décrire le profil et le mode de vie des personnes sans domicile et les difficultés qu’elles rencontrent pour prendre soin de leur hygiène, d’estimer la prévalence de la gale et des poux de corps ainsi que des affections dermatologiques au niveau des pieds, et d’identifier les facteurs de risque associés à ces prévalences. L’hypothèse sous jacente était que les prévalences des ectoparasitoses pouvaient être influencées par le type (ou l’absence) d’hébergement.

 

Ainsi deux enquêtes populationnelles transversales ont été menées auprès des personnes francophones ayant dormi la veille de l’enquête dans l’espace public parisien (dont les Bois de Vincennes et Boulogne) ou dans un centre d’hébergement francilien (centre d’hébergement d’urgence,  de stabilisation,  ou de réinsertion sociale) d’octobre à décembre 2011. Un tirage au sort des lieux d’enquête puis des personnes a été effectué. Des infirmières, formées à la passation d’entretien et à la recherche des signes cliniques d’ectoparasitoses, ont recueilli des données sur les caractéristiques sociodémographiques et sur les conditions de vie et d’hygiène, puis ont réalisé un examen dermatologique, ainsi que des écouvillonnages interdigitaux et des prélèvements cutanés en cas de suspicion de gale.

 

341 personnes rencontrées dans l'espace public et 667 usagers de centres d’hébergement ont participé à l’enquête. Dans l’espace public, la population présentait des caractéristiques bien distinctes de celle rencontrée dans les centres mais également distinctes de celles décrites dans les autres études françaises auprès des personnes sans-domicile (SAMENTA, SD2001). Malgré une sélection due aux critères d’inclusion (pas de personnes en famille), elle semblait plus âgée, encore plus fortement masculine, et comprenait des personnes sans domicile depuis de nombreuses années.

 

La prévalence de la gale a été estimée à 6,4 % dans l’espace public et à 0,3 % dans les centres.
La prévalence de la pédiculose corporelle a été estimée à 5,1 % dans l’espace public et à 0,05 % dans les centres.
Les principales affections des pieds étaient des onychopathies (69,3 % et 33,4 %), des kératodermies (57,5 % et 21,7 %), et des intertrigos (27,1 % et 15,1 %).
Dans HYTPEAC-Espace public, l’analyse multivariée de la prévalence de la gale montre une association avec l’âge, le genre, la durée de vie sans domicile, le fait d’avoir vécu en squat au cours des 12 derniers mois et de posséder un duvet personnel ; tandis que l’analyse multivariée de la prévalence de la pédiculose corporelle dans montre une association avec le pays de naissance du répondant, la fréquence de changement de vêtements et la fréquentation des bains-douches.

Aucune analyse multivariée n’a pu être réalisée dans HYTPEAC-Centres du fait des faibles prévalences retrouvées.

 

 

Protocole 

Le rapport 

 

 

Contact: A.Arnaud (a.arnaud@samusocial-75.fr)

LES ARTICLES

 

« Hygiène et ectoparasitoses chez les personnes sans logement d’Ile-de-France », A. Arnaud, F. Huber, S. Vandentorren. Rapport Inpes, 2013
 

LES COMMUNICATIONS

 
« L’enquête HYTPEAC : originalité de la démarche et premiers résultats », Arnaud A., Journée scientifique de l’Observatoire du Samusocial de Paris, 28 janvier 2013.
 
« Hygiène et ectoparasitoses chez les personnes sans logement d’Ile-de-France ». F. Huber, A. Arnaud, G.Ancelle, Y. Le Strat, F. Foulet, L. Dehen, D. Bitar, O. Chosidow, S. Vandentorren. Journées dermatologiques de Paris, 11-15 décembre 2012.
 
« Dermatoses des pieds chez les personnes sans domicile. Résultats de l'étude Hygiène, Ectoparasitoses et Affections Cutanées (HYTPEAC) ». F Huber, A Arnaud, G Ancelle, D Che, M-A Detrez, L Dehen, F Foulet, O Chosidow, S Vandentorren. Journées dermatologiques de Paris, 11-15 décembre 2012.
 
« L’enquête HYTPEAC : originalité de la démarche et premiers résultats », Arnaud A., Journée scientifique de l’Observatoire du Samusocial de Paris, 28 janvier 2013.
 
« Hygiène et ectoparasitoses chez les personnes sans logement d’Ile-de-France ». F. Huber, A. Arnaud, G.Ancelle, Y. Le Strat, F. Foulet, L. Dehen, D. Bitar, O. Chosidow, S. Vandentorren. Journées dermatologiques de Paris, 11-15 décembre 2012.
 
« Ectoparasitoses et affections cutanées chez les personnes sans logement en Ile-de-France : aspects méthodologiques ». Arnaud A, Détrez MA, Bitar D, Guyavarch E, Vandentorren S, Le Strat Y, . 7è Colloque Francophone sur les Sondages, le 5 novembre 2012 à Rennes, France.
 
« Ectoparasitoses et affections cutanées chez les personnes sans logement en Ile- de-France ». Arnaud A, Bitar D, Huber F, Foulet F, Laporte A, Vandentorren S. Paris, 2011. Ve Congrès International d’Epidémiologie ADELF/EPITER, le 14 septembre 2012 à Bruxelles, Belgique.
 
« Hygiène  et ectoparasitoses chez les  personnes sans logement d’Ile- de-France: aspects méthodologiques ». Détrez MA, Arnaud A, Vandentorren S, Guyavarch E, Laporte A, Le Strat Y. 27 è Journée Scientifique Epiter, le 2 Mars 2012 à Rennes.
 
 

Soutiens : Haut Commissaire aux Solidarités Actives Contre la pauvreté et à la Jeunesse, Institut de Veille Sanitaire, Direction Générale de la Santé, Région Ile-de-France, Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé, Préfecture de Paris, Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale, Mairie de Paris.

 

Date de publication du rapport: janvier 2010

Enquête SANté MEntale et Addications chez les sans-domicile franciliens

 

L’enquête Samenta répond à une demande de la Préfecture de Paris et de la Mairie de Paris, concernant l’estimation des troubles psychiatriques et des addictions parmi les personnes sans logement personnel en Ile-de-France.

 

La méthodologie de l’enquête, réalisée en partenariat avec l'INSERM, repose sur un sondage complexe de façon à obtenir un échantillon aléatoire de personnes sans logement fréquentant des services d’aide. Le questionnaire est composé d’une partie sur la santé mentale et les addictions, et de modules visant à décrire les trajectoires sociales et les conditions de vie. Les personnes ont été interrogées par un binôme composé d’un enquêteur professionnel et d’un psychologue clinicien. Un psychiatre a été sollicité ultérieurement dès lors que les éléments cliniques suggéraient un possible trouble psychiatrique. Entre février et avril 2009, 840 personnes ont participé à l’enquête.

 

La pondération de l’échantillon permet d’estimer la population francilienne sans logement personnel fréquentant les services d’aide pendant la période d’étude à 21 176 personnes (IC95% [17 582 ; 24 770]). Un tiers de cette population souffre de troubles psychiatriques sévères, c'est-à-dire de troubles psychotiques (13%), de troubles de l’humeur (troubles dépressifs sévères essentiellement- 7%) et de troubles anxieux (12%). La dépendance ou la consommation régulière de substances psychoactives (alcool, drogues illicites et/ou médicaments détournés de leur usage) concernent près de trois personnes sur dix. Les prévalences de troubles psychiatriques sévères et d’addictions sont plus élevées dans des dispositifs à bas seuil. Si les personnes atteintes de troubles psychiatriques sévères ont eu, pour plus des deux tiers d’entre elles, un recours aux soins psychiatriques au cours de leur vie, la majorité d’entre elles n’est plus suivie. Cependant, la maladie mentale n’affecte pas toute la population sans logement personnel, encore moins dans ses formes les plus sévères ; il en est de même au sujet des addictions.

 

 

Le protocole

Le rapport

Le colloque

 

Contact : E. Le Méner (e.lemener@samusocial-75.fr)

LES ARTICLES

 

 

« La santé mentale des personnes sans logement. Regards croisés », Chauvin P., Laporte A., Le Méner E., Paris, Editions de l’INSERM, 2012

 

« La santé mentale et les addictions chez les personnes sans logement : phantasmes et réalités », Laporte A., Le Méner E., Chauvin P. Soins à domicile, 22, 11, pp. 30-32

 

« Enquête sur la SAnté MENTale et les Addictions Chez les sans logement franciliens (SAMENTA) : une double contrainte d'enquête » Détrez M-A., Douay C., Le Strat Y., Chauvin P., Laporte A.. Pratiques et méthodes de sondage, Paris, 2011. P125-129.

 

« La Santé mentale des personnes sans chez soi : Résultats et recommandations issus d’une enquête métropolitaine », Laporte A., Le Mener E., Détrez M-A, Chauvin P.. La santé des personnes sans domicile: Franchir les barrières, Le magazine de la feantsa, Printemps 2011. P20-23.

 

« La santé mentale et les addictions des personnes sans logement personnel en Ile-de-France », Laporte A., Le Méner E., Chauvin P. La lettre de l’Observatoire n 5, Septembre 2010.

 

« La santé mentale et les addictions des personnes sans logement personnel : quelques éclairages issus d’une enquête de prévalence en Ile-de-France », Laporte A., Le Méner E., Chauvin P. Les travaux de l’Observatoire 2009-2010, Paris, ONPES - La Documentation française, 2010, p. 413-434.

 

« La Santé Mentale et les Addictions chez les personnes sans logement personnel d'Ile-de-France (Samenta) : focus sur les 18-25 ans », Laporte A., Chauvin P., Rhizome, 38, p. 11.

 

LES COMMUNICATIONS

 

 

« The mental health of homeless people: findings and recommendations from a survey in mainland France ». Laporte A, Le Méner E, Détrez MA, Arnaud A,Vandentorren S, Le Strat Y, Chauvin P. Convegno Senza dimora : Disagio, Sofferenza e percorsi possibili (Homelessness : new strategies and policies to face urban suffering), le 22 juin 2012 à Milan, Italie.

 

« SAMENTA : Prévalence des troubles psychiatriques et des addictions chez les personnes sans logement personnel d’Ile-de-France », Détrez M-A., Jauffret-Roustide M., Douay C., Chauvin P., Laporte A.. 16e rencontre du RESPADD, Paris, juin 2011.

 

« SAMENTA : Prévalence des troubles psychiatriques et des addictions chez les personnes sans logement personnel d’Ile-de-France », Laporte A., Détrez M-A., Douay C., Chauvin P.. Journée de veille sanitaire 2011, Saint-Maurice, avril 2011.

 

 

« Psychiatric Disorders among Homeless People in Paris, France: An Advocacy for a Better Detection, Housing, and Care of Psychiatric Homeless, Based on Representative, Population-based Survey in 2009 ». Chauvin P., Douay C., Detrez M.-A., Le Strat Y., Laporte A.. 9th Conference on Urban Health, New York City, USA, octobre 2010.

 

« Psychiatric disorders among homeless people: evidences for improving psychiatric services and housing policies. Preliminary results », Chan-Chee C., Douay C., Detrez M-A., Le Masson V., Le Strat Y., Chauvin P., Laporte A. and the SAMENTA research group. 15th EPA symposium for section epidemiology and social psychiatry, Bergen, Norvège, juin 2010.

 

« Enquête sur la santé mentale et les addictions chez les sans logement franciliens (Samenta): une double contrainte d’enquête », Detrez M.-A., Douay C., Le Strat Y., Chauvin P., Laporte A., VIème colloque francophone sur les sondages, Tanger, Maroc, mars 2010.

MARAUDES

Une analyse des cadres du travail des équipes mobiles d’aide (EMA) du Samusocial de Paris 

 

 

Soutien : Compagnie Parisienne des Chauffages Urbains

 

 

Comment venir en aide aux sans-abri dans une situation d’urgence sociale ? Telle est la question pratique qui oriente le travail des EMA (équipes mobiles d’aide) du Samusocial de Paris. Faire de l’humanitaire (nourrir, loger, vêtir, soigner) ne peut se réduire à une analyse fonctionnaliste ou marchande (en termes simples d’offre et de demande). Aider les sans-abri implique de légitimer une rencontre provoquée la nuit dans la rue, de parvenir à trouver la juste distance entre sollicitude et humiliation et de mettre en confiance des personnes considérées comme isolées et devant être « resocialisées ». Au-delà des discours critiques a priori sur la violence symbolique imposée aux dominés des dominés, il s’agit de caractériser un savoir-faire spécifique et d’observer comment se produit, en situation, un lien. L’analyse portera sur les opérations de cadrage (au sens d’E. Goffman) conjointement effectuées (tant par les sans-abri que par les EMA) et engendrant (ou non) un foyer commun d’attention. Pour analyser ce travail très médiatisé mais peu visible et peu reconnu, une double méthode a été utilisée : l’observation in situ (au cours d’une trentaine de tournées) et l’analyse linguistique s’appuyant sur des enregistrements audio d’interactions. Ainsi, un nouvel enjeu, à la fois théorique et méthodologique, se profile : la combinaison de disciplines linguistiques (la pragmatique, l’ethnographie de la communication, l’analyse conversationnelle) et l’ethnographie sociologique.

 

Date de publication du rapport: juin 2010

  

Le protocole

Le rapport

 

Contact: E. Le Méner (e.lemener@samusocial-75.fr)

LES ARTICLES

 

 

« On n’est pas là pour sauver le monde !". La maraude d’urgence sociale à la lumière du refus d’hébergement », Gardella E. et Le Méner E. in Berger Mathieu, Cefaï Daniel, Gayet Carole (dir.), Du civil au politique. Ethnographies du vivre ensemble, Bruxelles, P.I.E., 2011, p. 77-99.

 

« La maraude à la lumière du refus d’hébergement : tensions et cadrages dans l’urgence sociale », Gardella E., Le Méner E., in Berger M., Cefaï D., Gayet C. (dir.), Du civil au politique. Ethnographies du vivre ensemble, Bruxelles, P.I.E., 2010 [sous presse].

 

« Enquêter sur un dispositif d’urgence sociale. Les maraudes auprès de sans-abri à Paris », Cefaï D., Gardella E., Le Méner E., in Cantelli F., Roca i Escoda M., Stavo-Debauge J., Pattaroni L., (dir.), Sensibilités pragmatiques. Enquêter sur l’action publique, Bruxelles, Bern, Berlin, Francfort, New York, Oxford, Vienne, Peter Lang, 2009, p. 39-52.

Le suivi des patients sans domicile sous traitement antituberculeux

 

 

Entre juin 1999 et mai 2000, une action de dépistage systématique (et sur signes cliniques) au Samusocial de Paris a permis d’identifier 37 cas de tuberculose en 11 mois, soit un taux de près de 500 cas pour 100 000. La prise en charge thérapeutique des 37 patients tuberculeux révèle alors un taux d’échec voisin de 50%.

Devant l’inadaptation des structures officielles de lutte contre la tuberculose à la prise en charge des personnes sans-domicile fixe, Xavier Emmanuelli réagit en créant, en décembre 2000, une Equipe Mobile de Lutte contre la Tuberculose (EMLT), grâce au soutien financier d’Aventis.

 

L’objectif général est de réduire la mortalité, la morbidité et la transmission de la tuberculose, et de prévenir la résistance aux anti-tuberculeux dans la population des sans domicile fixe. L’objectif spécifique est d’amener à la guérison complète tous les patients tuberculeux pris en charge par le samusocial de Paris, cumulant un ou plusieurs facteurs de risque de rupture de traitement, grâce à la stratégie la DOT (Delivery Observed Therapy).

 

L’Observatoire du Samusocial de Paris met en place fin 2003 un logiciel d’aide à la surveillance du suivi des patients sous traitement antituberculeux (TB Info), diffusé gratuitement par l’Institut de Veille Sanitaire et utilisé par différents centres hospitaliers et dispensaires dans le cadre d’un réseau. Il a été adapté à l’activité du samusocial de Paris. En effet la particularité de la prise en charge de ces patients réside dans la fréquence des interruptions de traitement. Ce logiciel est alimenté par les médecins du samusocial de Paris de 2003 à fin 2009, depuis 2010 les données des patients SDF tuberculeux sont enregistrées dans la base de données médicales du samusocial de Paris.

Une analyse de la base de 2002 à 2009 est en cours de finalisation.

 

 

Date de publication du rapport: juin 2010

Le rapport

 

Contact: A.Arnaud (a.arnaud@samusocial-75.fr)

 

LES ARTICLES

 

 

« Tuberculose chez les sans domicile fixe à Paris : mise en oeuvre de la stratégie DOT (Directly Observed Therapy) », Kern T., Lardoux C., Tartière S., Emmanuelli X., Laporte A., Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 17, p. 73-74, 2005.

Le plan d'urgence hivernale - L’échec du pilotage automatique de la prise en charge des sans-abri

 

 

Si la « politique du thermomètre » est une constante dans la prise en charge en urgence des sans-abri, le Plan d’Urgence Hivernale (PUH) innove en déclinant officiellement trois seuils de mobilisation fondés sur des indicateurs de températures, véritables « gâchettes » qui déclenchent l’action étatique à l’égard de cette population. Cette technicisation de la prise en charge des sans-abri s’est construite sur une dimension humanitaire du problème public et sur un transfert d’instrument d’action publique. Mais, la puissante interpellation politique des Enfants de Don Quichotte au cours de l’hiver 2006-2007 contredit finalement cette technicisation et la marginalisation du politique qu’elle supposait.

 

Premièrement, l’introduction, à la prise en charge des sans-abri, d’un mécanisme de pilotage automatique associé à des indicateurs climatiques correspond à l’importation des outils des plans de sécurité sanitaire et civile au domaine de l’action sociale. Ce transfert est rendu possible par la convergence de deux aspects : un souci de rationaliser la prise en charge des sans-abri, et une volonté de minimiser la décision politique dans ce domaine.

 

Deuxièmement, l’étude de la mise en œuvre du PUH souligne les limites du transfert : il n’a pas conduit à automatiser la prise en charge des sans-abri. Les indicateurs font l’objet d’une interprétation souple, et les « déclenchements – spectacle » du niveau 2 ont surtout une fonction symbolique, mise au service d’une stratégie de communication politique du gouvernement. Il en résulte deux conséquences pour le pilotage de l’action publique : la publicisation de l’instrument contrarie le fonctionnement automatique et produit des effets inattendus contraires à la logique de la technicisation. Le PUH est un moyen de réaffirmer le partenariat avec les associations « gestionnaires » de services pour les sans-abri, et la coordination de leurs actions. Néanmoins, la rhétorique de l’urgence aliène ainsi la force critique de ces associations, qui se déplace vers les associations extérieures à la gestion des sans-abri – comme l’association des Enfants de Don Quichotte.

 

Finalement, la mobilisation des Enfants de Don Quichotte remet fortement en cause la technicisation de la prise en charge des sans-abri : elle institutionnalise ce que les créateurs du PUH avaient tenté d’éviter, c’est-à-dire la problématisation de la question comme un problème appelant une solution d’ordre politique, et la juridicisation de la responsabilité étatique. Cette mobilisation collective fait évoluer la politique de prise en charge des sans-abri d’une conception humanitaire vers une conception en termes de justice sociale et de droit.

 

Données analysées: décembre 2006-juin 2007

Date de publication du rapport: décembre 2007

 

Le rapport

 

Contact: E. Le Méner (e.lemener@samusocial-75.fr)

LES ARTICLES

 

 

« Les enfants de Don Quichotte et le Plan d'urgence hivernale », Schvartz A., Raison Présente, 170, p. 79-90.

Les signalements de particuliers

 

A Paris, le numéro d’urgence “115” a, entre autres, pour mission de permettre à des particuliers de “signaler” des sans-abri au Samusocial de Paris, afin qu’une équipe mobile puisse intervenir. Nous avons cherché, par une double enquête quantitative et qualitative, à saisir les explications et les raisons qui peuvent rendre compte de ces signalements.

 

L’étude quantitative montre que l’on ne signale pas n’importe quand ni n’importe où. L’incitation médiatique, les rythmes professionnels (la plupart des signalements s’effectuent à la sortie du travail et en fin de soirée) et surtout la proximité entre les signalants et les signalés, pourraient expliquer les variations temporelles et géographiques des signalements.

Signaler un sans-abri est une démarche saisonnière : les signalements sont nettement plus nombreux l’hiver. La couverture médiatique, accrue en cette saison, peut être un élément d’explication. Signaler peut également être lié à une proximité ressentie avec la situation du sans-abri : la perception directe du froid semble créer l’empathie au sens littéral du terme, les signalants ressentant avec plus d’acuité la dureté des conditions de vie des sans-abri (l’hiver, une baisse de 8°C fait doubler le nombre de signalements).

 

Les signalements sont plus nombreux dans les arrondissements de l’est parisien, où la population est moins aisée qu’à l’ouest et au centre. On peut supposer que ce sont ces quartiers qui comptent le plus de sans-domicile, en raison notamment des accueils de jour et de nuit s’y trouvant. La proximité pourrait à nouveau être un facteur explicatif des signalements : il s’agirait ici de la proximité sociale et spatiale entre le signalant et le signalé.

 

L’étude qualitative affine la compréhension des signalements. Tout signalement apparaît comme le fruit d’une sollicitation morale, fondée sur la perception d’un phénomène inhabituel.

Celui-ci peut se manifester comme un trouble dans un environnement familier. Telle personne, bien connue, semble aller sensiblement moins bien qu’à l’habitude. L’inquiétude embraye sur un signalement.

L’inhabituel peut également traduire une perception incongrue dans le cours d’une action programmée. Au retour d’une soirée agréable, on rencontre de façon imprévue un individu mal en point. L’inattendu interpelle, plus sur le mode de l’inacceptable que de la culpabilité, et débouche sur un signalement.

Cette anormalité peut s’entendre enfin comme le rappel d’un scandale, celui de la présence de sans-abri dans une société qui aurait les moyens de l’éviter. Le signalement est alors comme un geste quasi-militant, d’indignation sourde et de protestation efficace.

 

Données analysées: août 2005-juin 2007

Date de publication du rapport: novembre 2007

Le rapport

 

Contact: E. Le Méner (e.lemener@samusocial-75.fr)

Diabète

Le diabète de type 2 chez les personnes fréquentant les centres d'hébergement d'urgence

 

Soutien : Sanofi-Aventis, Pasteur Cerba,  BD Diagnostic

Partenaires : Alfédiam, Association Française des Diabétiques,  Institut de la Veille Sanitaire.

 

La prévalence de certaines pathologies chroniques est élevée chez les personnes en grande précarité. Les objectifs de cette étude sont d'estimer la prévalence du diabète chez les personnes hébergées en centres d'urgence et de décrire les caractéristiques des personnes déjà diagnostiquées.

Un dépistage du diabète a été systématiquement proposé dans 9 centres d'hébergement d'urgence parisiens, d'octobre à décembre 2006. Des infirmières ont recueilli les données socio-démographiques, et réalisé les mesures anthropométriques, tests capillaires et prélèvements sanguins à jeun.  Un examen clinique et un questionnaire médical ont été administrés par un médecin aux personnes diabétiques connues.

Parmi les 488 participants, 35 ont déclaré être diabétiques et 2 ont été nouvellement diagnostiqués. La prévalence du diabète traité a été estimée à 6,1 % IC95 % [2,4-9,8] comparée à 4,9 % [4,8-5,1] chez les assurés sociaux de plus de 20 ans. Un quart des personnes diabétiques avaient au moins une complication macrovasculaire ; 32 % avaient une rétinopathie et 21 % avaient reçu un traitement par laser ophtalmologique ; 17 % avaient subi une amputation, 6 % avaient une artérite des membres inférieurs et 35 % un risque podologique élevé.

 

 

Date de collecte de données: octobre-décembre 2006

Le protocole

Le questionnaire

 

Contact: A.Arnaud (a.arnaud@samusocial-75.fr)

LES ARTICLES

 

 

"Prevalence and characteristics of diabetes among homeless people attending shelters in Paris, France, 2006", Arnaud A., Fagot-Campagna A., Reach G., Basin C., Laporte A., European Journal of Public Health,  [consultable en ligne ; à paraître sous forme imprimée]

Prévalence et caractéristiques du diabète chez les personnes sans domicile fixe fréquentant des centres d’hébergement d’urgence à Paris, 2006, (BEH n°43 p418, 2008).

 

Réunion de consensus, 24 octobre 2007, Paris

 

 

L’Observatoire du Samusocial de Paris, l’Association Française des Diabétiques (AFD) et l’Association de langue française pour l’étude du diabète et des maladies métaboliques (ALFEDIAM) publient des recommandations pour la prise en charge du diabète chez les personnes en grande précarité, suite à la réunion de consensus organisée sous le haut patronage de la Direction Générale de la Santé en octobre dernier.

Face à une prévalence du diabète plus élevée, des complications majeures plus fréquentes (17% d’amputations), reflets d’une prise en charge souvent mal adaptée, ces 3 structures ont décidé d’associer leurs compétences pour améliorer la prise en charge du diabète et mieux informer les acteurs concernés (professionnels de santé, travailleurs sociaux, associations d’aide aux sans abri…).

 

9h00 Ouverture.

Dr Xavier EMMANUELLI Président du samusocial de Paris

 

9h05 Objectifs de la Conférence.

Pr Gérard REACH (Alfediam) et Mme Mauricette DUPONT (Vice-présidente de l’AFD)
Modérateur : Dr Anne FAGOT-CAMPAGNA (InVS)

 

 

9h20 Prévalence et caractéristiques du diabète chez des sans domicile fixe fréquentant des centres d’hébergement d’urgence et témoignages
Mme Amandine ARNAUD – Dr Anne LAPORTE
Réponses des experts aux questions
Modérateur : Pr Gérard REACH (Hôpital Avicenne)

 

 

9h45 Le traitement insuline versus ADO: l'insuline est-elle toujours judicieuse?
Pr Jacques BRINGER (CHU Montpellier)

 

10h35 La prévention de l’hypoglycémie ?
Pr Jean-François GAUTIER (Hôpital Saint-Louis)
Modérateur : Mme AnneLaure PHAM (AFD)

 

11h40 La place de l’urgence dans la prise en charge à l’hôpital ?
Dr Hélène BIHAN et Dr Thierry COFFRE (Hôpital Avicenne)

 

 

12h30 La prévention et le suivi du pied diabétique ?
Dr Sandrine JEANNE (Hôpital Pitié-Salpêtrière)

 

Synthèse de la Réunion de Consensus, Paris, Octobre 2007.

Recommandations : Prise en charge du diabète chez les personnes en grande précarité.

Publications des Recommandations :  

Médecine des maladies métaboliques (janvier 2008 ; 2(1) : 57-62.), Diabète et Obésité (janvier 2008 ; 3(15) :18-24.), Soins (janvier-février 2008 ; 1-4.) ; Nutrition & Endocrinologie (mars –Avril 2008 ; 6(35) :59-64.) ; Médecine et Nutrition (octobre/ décembre 2008 ; 43(4) : 147-156), Cahiers de nutrition et de diététique (novembre 2008 ; 43 (5) : 251-56).

SEXUALITE

La vie affective et sexuelle des personnes sans-domicile

 

Soutien : Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé.

 

Le rapport ci-dessous présente les résultats d’une enquête qualitative sur les relations affectives et sexuelles de personnes sans domicile. A partir d’une cinquantaine d’entretiens biographiques de personnes fréquentant les centres d’accueil et d’hébergement du Samusocial de Paris, il met en évidence la pluralité des parcours de vie et des expériences affectives et sexuelles. Cette pluralité prend sens au regard de ce que les personnes interrogées définissent comme leur propre situation, qui ne se fond pas toujours dans les termes habituels du sans-abrisme.

Chez les personnes se considérant sans-abri, moins elles projettent de sortir de la rue, et moins elles travaillent à retourner le stigmate qui les affligent, plus leur sociabilité se réduit à un même cercle, moins leur vie affective leur semble importante. Mais l’absence de relation sexuelle, chez certains, ne paraît pas tant le résultat d’un manque d’opportunités, que d’une suspension du désir ou de capacités à aimer, émergeant d’épreuves biographiques diverses et d’une soumission au stigmate. Pour ceux qui ne conçoivent pas la rue comme leur univers de sens, la vie affective et sexuelle paraît assez autonome de l’environnement d’exclusion, dans la mesure où l’identité des acteurs ne s’y inscrit pas. Ainsi, la vie dans la rue ne constitue pas systématiquement une rupture dans le cours des expériences affectives et sexuelles, ni du point de vue de l’organisation de celles-ci, ni de leurs significations.

 

Date de publication du rapport: mars 2007

Le rapport

 

Contact: E. Le Méner (e.lemener@samusocial-75.fr)

LES ARTICLES

 

 

"Sexualité et relations affectives des personnes sans domicile fixe - Entre contraintes sociales et parcours biographiques", Oppenchaim N., Pourette D., Le Méner E., Laporte A., Sociologie,3.

"Inclure les exclus comme objets de préoccupation scientifique : l’exemple de la vie affective et sexuelle des personnes sans domicile fixe", Oppenchaim N., Pourette D., in Lazzeri C., Nour S. (dir.), Reconnaissance, identité et intégration sociale, Nanterre, Presses universitaires de Paris Ouest, p. 261-276.

"L’hétérogénéité des expériences affectives et sexuelles de femmes vivant sans-domicile-fixe", Laporte A., Le Méner E., in Les femmes et le Sida en France – Enjeux sociaux et de santé publique, Médecine Sciences, 24, 2, p. 41-47.

"Améliorer les conditions de vie affectives et sexuelles des SDF", Pourette D., Laporte A., Le Méner E., Oppenchaim N., La santé de l’Homme, 392, p. 42-43.

SANTE DES FEMMES

Féminité, Accès aux soins, Maternité et Risques vécus par les femmes en grande précarité

 

Les femmes privées de logement représentent une faible part de la population des personnes sans domicile, une personne sur cinq à Paris en 2004, mais cette part est en progression depuis plusieurs années. Ainsi, le dispositif d’hébergement d’urgence, organisé sur les besoins à minima des hommes, est très faiblement adapté aux femmes. Malgré le vaste programme de recherches développé depuis la fin des années quatre-vingt-dix, en sciences sociales et en santé publique sur la question des « sans-domicile » et sur les problèmes de recours aux soins des personnes précaires, peu d’études ont été consacrées aux femmes. Or les femmes privées de logement doivent faire face, aussi, à la gestion de leur vie sexuelle et reproductive. Pour tenter d’améliorer leur accès aux soins, des consultations rapprochées de gynécologie ont été mises en place dans des centres d’hébergement du Samusocial de Paris.  Le faible recours à ces consultations, malgré le travail de sensibilisation conduit par les gynécologues, a été le point de départ de ce projet. Une étude qualitative a donc été menée avec comme objectif principal de comprendre les déterminants du recours passé et présent aux soins gynécologiques et obstétricaux, les besoins ressentis et les difficultés d’accès des femmes sans domicile. L’objectif secondaire consistait en l’élaboration de recommandations afin d’adapter l’offre de soinsdans les centres d’hébergement et les associations qui procurent des services aux personnes sans domicile, et d’inciter les femmes à fréquenter des lieux qui leur seraient spécifiquement dédiés.

La méthodologie de l’étude a reposé sur la réalisation de 30 entretiens semi-directifs réalisés auprès de femmes prises en charge par le Samusocial de Paris. L’analyse du matériel a été réalisée dans le cadre d’une approche pluridisciplinaire (anthropologique, sociologique, psychosociale).

Le résultat principal de cette étude est que les femmes sans domicile ont les mêmes désirs, comportements et besoins que les femmes de la population générale concernant leur vie affective, sexuelle et reproductive. Elles doivent néanmoins faire face à plus de difficultés du fait de leurs conditions de vie et de leurs trajectoires pour pouvoir continuer d’assumer leur identité de femme. Soutien : Direction Générale de la Santé.Contact: A. Laporte

 

Le rapport

Date de publication du rapport: juin 2005

 

Contact: Le Méner E (e.lemener@samusocial-75.fr)

LES ARTICLES

 

 

"L’hétérogénéité des expériences affectives et sexuelles de femmes vivant sans-domicile-fixe", Laporte A., Le Méner E., in Les femmes et le Sida en France – Enjeux sociaux et de santé publique, Médecine Sciences, 24, 2, p. 41-47.

 

"Entre signification et injonction. Pour un travail sur le sens du recours aux soins des sans-abri", Gardella E., Laporte A., Le Méner E., Sciences sociales et Santé, 26, 3, p. 35-46.

HYPOTHERMIES

Caractéristiques des hypothermies chez des sans-abri à Paris

 

Soutien : Entreprise Lafarge, Compagnie Parisienne des Chauffages Urbains.

 

 

Les personnes sans-abri, exposées à des conditions climatiques rudes, présentent un risque d’hypothermie augmenté par l’alcoolisme et une pathologie sous-jacente. L’objectif de cette étude est de décrire les caractéristiques des hypothermies décelées durant l’année 2004 à Paris et d’identifier les facteurs de risque associés.

Une étude cas témoins a été réalisée à partir des fiches d’intervention remplies par les infirmières des équipes mobiles de nuit du samusocial de Paris, comprenant des indicateurs démographiques, cliniques, et environnementaux. En 2004, 107 hypothermies ont été décelées chez 82 personnes, représentant 7 % des interventions. Nous avons apparié 246 témoins sans-abri sur le mois du diagnostic.

La majorité des cas d’hypothermie diagnostiqués (90 %) avait un niveau de gravité léger, aucune n’était sévère. Des hypothermies ont été repérées tout au long de l’année, plus fréquemment en novembre et décembre. En analyse multivariée, le risque d’hypothermie était augmenté par l’alcoolisation massive (ORa=2,5 ; IC 95 % [1,2 - 5,6]) et la mobilité réduite (ORa=2,4 ; IC 95 % [1,1 - 5,4]).

Le risque d’hypothermie est non négligeable dans cette sous population et le nombre de cas décelés une estimation minimale des cas déclarés à Paris en 2004, du fait de l’absence de recherche systématique des cas par les différentes maraudes associatives. Une formation des

différents intervenants à la détection et au traitement initial des cas d’hypothermie serait essentielle afin de réduire le risque de morbidité et de mortalité.

 

Contact: A. Arnaud (a.arnaud@samusocial-75.fr)

LES ARTICLES

 

"Caractéristiques des hypothermies chez des sans-abri à Paris, France, 2004", Carpentier S., Raymond F., Arnaud A., Gaslonde O., Tartière S., Laporte A., Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 1, p. 1-3

EPILEPSIE

Epilepsie chez les sans-domicile

Soutien : Sanofi-Aventis
Partenaires : Ligue Française Contre l’Epilepsie, Fondation Française pour la Recherche sur l’Epilepsie.

 

L’épilepsie est une maladie neurologique chronique dont la prévalence en population générale s’élève à 5 à 8 cas pour 1000 personnes. C’est une maladie qui entraîne encore des discriminations, en particulier sur le lieu de travail. Les personnes sans domicile souffrent plus fréquemment que la population générale de maladies chroniques et en particulier d’épilepsie. Une étude à été menée en 2003 afin d’estimer la prévalence de l’épilepsie chez les adultes pris en charge par le Samusocial de Paris, de décrire ses caractéristiques, d’évaluer la fréquence et les modalités de la prise en charge, le retentissement de la maladie sur la situation professionnelle ainsi que l’impact de la situation d’exclusion sur la fréquence des crises.
Parmi  les personnes se présentant aux consultations médicales quotidiennes, 592 personnes ont été interrogées par un médecin, 86 ont répondu aux critères de crises épileptiques soit une prévalence de 14,5% IC 95% [11,8-17,6]. Chez les hommes, en analyse multivariée, la consommation d’alcool (>40g par jour), un temps d’errance supérieur à 2 ans augmentaient le risque d’épilepsie et un âge > à 60 le diminuait.

 

Parmi les 86 patients ayant déclaré une crise, 59,3% ont été classés en épilepsie-maladie et 40,7% en épilepsie-alcoolique. La prévalence de l’épilepsie maladie active s’élevait à 8,1% [6,0-10,6]. Parmi les 86 patients, 57,1% avaient un traitement et 77,1% le prenaient quotidiennement. Les personnes traitées avaient plus souvent une couverture sociale (89,4% versus 72%) et des ressources (77,1% versus 55,6%) que les non traités. Pour 44,2% des patients le nombre de crises avait augmenté depuis leur passage à la rue, les raisons principales invoquées étaient : l’alcool (75%), le manque de sommeil (42,5%), l’angoisse (32,5%) et le stress (27,5%). Parmi les personnes classées en épilepsie-maladie, 30,6% ont été gênées dans leur profession par la maladie, 78,6% d’entre elles l’ont abandonnée.
La prévalence de l’épilepsie-maladie observée dans notre population d’étude (8,1%) est très élevée par rapport aux estimations en population générale (<1%). Elle n’est pas uniquement liée à l’alcool puisque l’épilepsie-maladie représente 59,3% des cas, ceci suggérant une participation de la maladie dans le processus d’exclusion sociale. Par ailleurs, la proportion de personnes traitées et la compliance au traitement justifient un renforcement de la prise en charge de l’épilepsie dans cette population et la création d’une filière de soins adaptée à tout épileptique, en particulier aux personnes sans abri.

 

Date de publication du rapport: printemps 2003

 

 

Premiers résultats

Premiers résultats de l’étude de prévalence de l’épilepsie chez les sans-domicile prises en charge par le samusocial de Paris

 

Contact: A. Arnaud (a.arnaud@samusocial-75.fr)

LES ARTICLES

 

"Epilepsy among the homeless: prevalence and characteristics", Laporte A., Rouvel-Tallec A., Grosdidier E., Carpentier S., Benoit C., Gérard D., Emmanuelli X., European Journal of Public Health, 16, 5, p. 484–486.

 

 

 

 

REUNION DE CONCENSUS

17 Novembre 2004, Paris

 

Le Samusocial de Paris et la Ligue Française Contre l’Epilepsie (LFCE) ont organisé, sous l’égide de la Direction générale de la santé, une réunion de consensus sur la prise en charge de l’épilepsie chez les personnes en grande précarité.

L’épilepsie est un problème de santé publique dans cette population comme l’a confirmée l’étude de prévalence menée par l’Observatoire du Samusocial de Paris en 2003. La prévalence de l’épilepsie a été estimée à 8o cas pour 1 000 comparée à 5 à 8 cas pour 1 000 en population générale. Une conférence-débat, pluridisciplinaire, était articulée autour de 4 questions sur le recours aux urgences, les explorations, le traitement et le suivi dans un contexte de précarité.

 

9h00 Ouverture.

Dr Xavier EMMANUELLI - Président du samusocial de Paris

 

9h10 Objectifs de la Conférence.

Dr Pierre GENTON - Président de la Ligue Française contre l’’Epilepsie

 

9h20 Etude sur les pratiques cliniques de prise en charge de l’épilepsie.

Dr Valérie LE MASSON

 

Réponses des experts aux questions

Modérateur : Dr Patrick PLAISANCE

 

9h50 Quand faut-il transférer un patient aux urgences ou faire appel à un service d'aide médicale d'urgence ?

Dr Etienne GROSDIDIER

 

10h40 Quelle stratégie de surveillance et d'hospitalisation adopter aux urgences ?

Dr Enrique CASALINO

 

12h30 Modérateur : Dr Bertrand de TOFFOL

 

 

14h00 Quelle est la conduite thérapeutique à tenir ?

Dr Luc VALTON

 

15h00 Organisation du suivi du patient épileptique en grande précarité.

Dr Jérôme SERVAN

 

 

Synthèse de la Réunion de consensus, Paris, novembre 2004.

Recommandations : Prise en charge de l'épilepsie chez les personnes en grande précarité

Publication des recommandations dans les revues médicales suivantes :

Neurologies (avril 2005 ;8 (70) : 177-180) ; La lettre du Neurologue (juin 2005 ;9 (6) :212-14) ; Epilepsies (2005 ; 17 (3) : 141-3) ; Urgences pratiques (juillet 2005 ;71 : 43-45) ; La revue des SAMU (juillet 2005 ; 27 (5) : 224-26) ; JEUR(Journal Européen des URgences)(2005 ; 18 : 179-182) ; La revue Neurologique (2006 ; 162(2) : 265-267).