Nos enquêtes

SEXUALITE

La vie affective et sexuelle des personnes sans-domicile
 

Soutien : Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé.

Le rapport ci-dessous présente les résultats d’une enquête qualitative sur les relations affectives et sexuelles de personnes sans domicile. A partir d’une cinquantaine d’entretiens biographiques de personnes fréquentant les centres d’accueil et d’hébergement du Samusocial de Paris, il met en évidence la pluralité des parcours de vie et des expériences affectives et sexuelles. Cette pluralité prend sens au regard de ce que les personnes interrogées définissent comme leur propre situation, qui ne se fond pas toujours dans les termes habituels du sans-abrisme.

Chez les personnes se considérant sans-abri, moins elles projettent de sortir de la rue, et moins elles travaillent à retourner le stigmate qui les affligent, plus leur sociabilité se réduit à un même cercle, moins leur vie affective leur semble importante. Mais l’absence de relation sexuelle, chez certains, ne paraît pas tant le résultat d’un manque d’opportunités, que d’une suspension du désir ou de capacités à aimer, émergeant d’épreuves biographiques diverses et d’une soumission au stigmate. Pour ceux qui ne conçoivent pas la rue comme leur univers de sens, la vie affective et sexuelle paraît assez autonome de l’environnement d’exclusion, dans la mesure où l’identité des acteurs ne s’y inscrit pas. Ainsi, la vie dans la rue ne constitue pas systématiquement une rupture dans le cours des expériences affectives et sexuelles, ni du point de vue de l’organisation de celles-ci, ni de leurs significations.

Date de publication du rapport: mars 2007

Contact: E. Le Méner (e.lemener@samusocial-75.fr)

Les articles

"Sexualité et relations affectives des personnes sans domicile fixe - Entre contraintes sociales et parcours biographiques", Oppenchaim N., Pourette D., Le Méner E., Laporte A., Sociologie,3.

"Inclure les exclus comme objets de préoccupation scientifique : l’exemple de la vie affective et sexuelle des personnes sans domicile fixe", Oppenchaim N., Pourette D., in Lazzeri C., Nour S. (dir.), Reconnaissance, identité et intégration sociale, Nanterre, Presses universitaires de Paris Ouest, p. 261-276.

"L’hétérogénéité des expériences affectives et sexuelles de femmes vivant sans-domicile-fixe", Laporte A., Le Méner E., in Les femmes et le Sida en France – Enjeux sociaux et de santé publique, Médecine Sciences, 24, 2, p. 41-47.

"Améliorer les conditions de vie affectives et sexuelles des SDF", Pourette D., Laporte A., Le Méner E., Oppenchaim N., La santé de l’Homme, 392, p. 42-43.

SANTE DES FEMMES

Féminité, Accès aux soins, Maternité et Risques vécus par les femmes en grande précarité

Les femmes privées de logement représentent une faible part de la population des personnes sans domicile, une personne sur cinq à Paris en 2004, mais cette part est en progression depuis plusieurs années. Ainsi, le dispositif d’hébergement d’urgence, organisé sur les besoins à minima des hommes, est très faiblement adapté aux femmes. Malgré le vaste programme de recherches développé depuis la fin des années quatre-vingt-dix, en sciences sociales et en santé publique sur la question des « sans-domicile » et sur les problèmes de recours aux soins des personnes précaires, peu d’études ont été consacrées aux femmes. Or les femmes privées de logement doivent faire face, aussi, à la gestion de leur vie sexuelle et reproductive. Pour tenter d’améliorer leur accès aux soins, des consultations rapprochées de gynécologie ont été mises en place dans des centres d’hébergement du Samusocial de Paris.  Le faible recours à ces consultations, malgré le travail de sensibilisation conduit par les gynécologues, a été le point de départ de ce projet. Une étude qualitative a donc été menée avec comme objectif principal de comprendre les déterminants du recours passé et présent aux soins gynécologiques et obstétricaux, les besoins ressentis et les difficultés d’accès des femmes sans domicile. L’objectif secondaire consistait en l’élaboration de recommandations afin d’adapter l’offre de soinsdans les centres d’hébergement et les associations qui procurent des services aux personnes sans domicile, et d’inciter les femmes à fréquenter des lieux qui leur seraient spécifiquement dédiés.

Le résultat principal de cette étude est que les femmes sans domicile ont les mêmes désirs, comportements et besoins que les femmes de la population générale concernant leur vie affective, sexuelle et reproductive. Elles doivent néanmoins faire face à plus de difficultés du fait de leurs conditions de vie et de leurs trajectoires pour pouvoir continuer d’assumer leur identité de femme.

Les articles

"L’hétérogénéité des expériences affectives et sexuelles de femmes vivant sans-domicile-fixe", Laporte A., Le Méner E., in Les femmes et le Sida en France – Enjeux sociaux et de santé publique, Médecine Sciences, 24, 2, p. 41-47.

"Entre signification et injonction. Pour un travail sur le sens du recours aux soins des sans-abri", Gardella E., Laporte A., Le Méner E., Sciences sociales et Santé, 26, 3, p. 35-46.

Date de publication du rapport : juin 2005

Contact: Le Méner E (e.lemener@samusocial-75.fr)

HYPOTHERMIES

Caractéristiques des hypothermies chez des sans-abri à Paris

Soutiens : Entreprise Lafarge, Compagnie Parisienne des Chauffages Urbains.

Les personnes sans-abri, exposées à des conditions climatiques rudes, présentent un risque d’hypothermie augmenté par l’alcoolisme et une pathologie sous-jacente. L’objectif de cette étude est de décrire les caractéristiques des hypothermies décelées durant l’année 2004 à Paris et d’identifier les facteurs de risque associés.

Une étude cas témoins a été réalisée à partir des fiches d’intervention remplies par les infirmières des équipes mobiles de nuit du samusocial de Paris, comprenant des indicateurs démographiques, cliniques, et environnementaux. En 2004, 107 hypothermies ont été décelées chez 82 personnes, représentant 7 % des interventions. Nous avons apparié 246 témoins sans-abri sur le mois du diagnostic.

La majorité des cas d’hypothermie diagnostiqués (90 %) avait un niveau de gravité léger, aucune n’était sévère. Des hypothermies ont été repérées tout au long de l’année, plus fréquemment en novembre et décembre. En analyse multivariée, le risque d’hypothermie était augmenté par l’alcoolisation massive (ORa=2,5 ; IC 95 % [1,2 - 5,6]) et la mobilité réduite (ORa=2,4 ; IC 95 % [1,1 - 5,4]).

Le risque d’hypothermie est non négligeable dans cette sous population et le nombre de cas décelés une estimation minimale des cas déclarés à Paris en 2004, du fait de l’absence de recherche systématique des cas par les différentes maraudes associatives. Une formation des différents intervenants à la détection et au traitement initial des cas d’hypothermie serait essentielle afin de réduire le risque de morbidité et de mortalité.

Les articles

"Caractéristiques des hypothermies chez des sans-abri à Paris, France, 2004", Carpentier S., Raymond F., Arnaud A., Gaslonde O., Tartière S., Laporte A., Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 1, p. 1-3

Contact: A. Arnaud (a.arnaud@samusocial-75.fr)

EPILEPSIE

Epilepsie chez les sans-domicile

Soutien : Sanofi-Aventis
Partenaires : Ligue Française Contre l’Epilepsie, Fondation Française pour la Recherche sur l’Epilepsie.

L’épilepsie est une maladie neurologique chronique dont la prévalence en population générale s’élève à 5 à 8 cas pour 1000 personnes. C’est une maladie qui entraîne encore des discriminations, en particulier sur le lieu de travail. Les personnes sans domicile souffrent plus fréquemment que la population générale de maladies chroniques et en particulier d’épilepsie. Une étude à été menée en 2003 afin d’estimer la prévalence de l’épilepsie chez les adultes pris en charge par le Samusocial de Paris, de décrire ses caractéristiques, d’évaluer la fréquence et les modalités de la prise en charge, le retentissement de la maladie sur la situation professionnelle ainsi que l’impact de la situation d’exclusion sur la fréquence des crises.

Parmi  les personnes se présentant aux consultations médicales quotidiennes, 592 personnes ont été interrogées par un médecin, 86 ont répondu aux critères de crises épileptiques soit une prévalence de 14,5% IC 95% [11,8-17,6]. Chez les hommes, en analyse multivariée, la consommation d’alcool (>40g par jour), un temps d’errance supérieur à 2 ans augmentaient le risque d’épilepsie et un âge > à 60 le diminuait.

Date de publication du rapport: printemps 2003

Les articles

"Epilepsy among the homeless: prevalence and characteristics", Laporte A., Rouvel-Tallec A., Grosdidier E., Carpentier S., Benoit C., Gérard D., Emmanuelli X., European Journal of Public Health, 16, 5, p. 484–486.

Synthèse de la Réunion de consensus, Paris, novembre 2004.

Recommandations : Prise en charge de l'épilepsie chez les personnes en grande précarité

Publication des recommandations dans les revues médicales suivantes :

Neurologies (avril 2005 ;8 (70) : 177-180) ; La lettre du Neurologue (juin 2005 ;9 (6) :212-14) ; Epilepsies (2005 ; 17 (3) : 141-3) ; Urgences pratiques (juillet 2005 ;71 : 43-45) ; La revue des SAMU (juillet 2005 ; 27 (5) : 224-26) ; JEUR(Journal Européen des URgences)(2005 ; 18 : 179-182) ; La revue Neurologique (2006 ; 162(2) : 265-267).

 

Contact: A. Arnaud (a.arnaud@samusocial-75.fr)

Enquête #2

Dans les sociétés occidentales modernes, les personnes exclues du logement de droit commun sont très minoritaires mais leur nombre a augmenté ces dernières années. Elles se retrouvent dans diverses situations d’habitat : hébergements chez des particuliers, dans des institutions, des hôtels à leurs frais, des squats, d’autres habitats de fortune ou encore sans abri. Cette dernière situation suscite beaucoup d’interrogations : comment se fait-il que des personnes ne recourent pas aux hébergements sociaux et dorment à la rue ? Une raison parfois avancée dans le monde politique ou le grand public est le « choix personnel ». D’autres parlent de cas psychiatriques. Deux autres causes souvent avancées sont le manque de places disponibles, et l’effet de dissuasion lié à de nombreux refus par manque de place ou aux conditions d’hébergement jugées indignes dans certains centres d’urgence. Comment faire la part entre ces diverses explications ? Et ne peut-on pas en envisager d’autres ?

Télécharger l'enquête

Enquête #1

Rares sont les études à dominante quantitative portant sur le public féminin à la rue, les femmes en situation de sans-abrisme étant et restant souvent invisibles, au propre comme au figuré. Pourtant, tous les acteurs de terrain sont unanimes sur le sujet : ces dernières années ont vu augmenter le nombre de femmes seules en demande d’hébergement, et le profil sociodémographique a évolué sensiblement depuis 2012. Ce constat est particulièrement partagé par l’Espace de Solidarité et d’Insertion (ESI) la « Halte Femmes », géré par l’association Aurore, et le 115/SIAO Urgence de Paris, qui tentent de répondre quotidiennement aux demandes et besoins d’un public en grande précarité.

Télécharger l'enquête

Nos maraudes agissent jour et nuit pour aider les personnes sans-abri.
Agissez avec nous
maraude
Recevez l'actualité du Samusocial de Paris